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11/10/2010

Resident Evil : Afterlife 3D, de Paul W. S. Anderson (2010)

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La quasi-totalité de la population terrestre a été changée en zombies. La planète a été dévastée et les derniers non contaminés tentent de survivre. Une rumeur leur redonne un peu d'espoir. Il existerait une terre, Arcadia, située en Alaska, qui ne serait pas contaminée et qui pourrait héberger des survivants. La société Umbrella, responsable de ce cataclysme, s'est réfugiée sous terre dans des installations high-tech, afin de poursuivre ses expériences. Elle se tient sur le qui-vive car l'un de ses anciens cobayes, Alice, lui a fait savoir qu'elle vient pour mettre un terme à ses agissements. Et elle ne vient pas seule.

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Bon, on sait tous que Paul Anderson n'est pas franchement un bon réalisateur et que la saga "Resident Evil" au cinéma c'est une succession de navets. Un petit rappel quand même, cette saga cinématographique est une adaptation d'une grande série de jeux vidéo à succès (sept pour être exact). Je le dis toujours et je le répète encore : adaptation de jeu = mauvais film, et ce, dans quasiment tous les cas. Et pourtant, s'il y avait bien une série de jeux qui était facile à adapter en film, c'est bien celle-là.

En effet, les jeux "Resident Evil" ont été parmi les premiers à offrir au joueur une narration de l'intrigue dans un style cinématographique. Il n'y avait qu'à transposer le scénario et c'était gagné. Mais non. Aucun des points forts n'a été repris et tout a été changé. Si bien qu'on ne peut à peine parler d'adaptation puisque les seules choses qui relient les films et les jeux sont trois ou quatre créatures piochées dans le bestiaire ainsi que quelques noms propres. On associe à cela un scénario complètement bidon (d'autant plus dommage que celui du jeu était bien foutu), des dialogues neuneus et des scènes à faire pleurer (de rire ou de désespoir, au choix). Voilà, je pense avoir bien résumé les trois premiers films. Quoique le troisième était moins mauvais que les autres, contrairement au premier, il n'était pas de Paul Anderson.

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On en arrive donc au quatrième volet qui a la particularité d'avoir été tourné en 3D. Voilà, bon, je l'avoue, pour ceux qui se poseraient la question, j'ai été le voir car j'avais envie de voir un film en 3D. J'avais vu la bande annonce et je savais qu'il y aurait des effets sympathiques. A part ça, je n'attendais rien de spécial de ce film, surtout avec le retour du réalisateur qui a tué la saga. Mais bon, je restais objectif. Comme tous les autres films, l'histoire n'a rien à voir avec le jeu, c'est la suite directe de "Resident Evil : Extinction" où Alice annoncait à la fin à Wesker, le président d'Umbrella, qu'elle allait venir lui botter les fesses.

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J'ai dit que j'étais objectif et, contrairement à ce que j'ai pu vous laisser croire jusqu'à présent, je vais donc en dire du bien. L'intrigue du film était pour une fois assez intéressante. Le mystère qui entoure Arcadia est bien entretenu et on se demande de quoi il retourne. Vraiment, c'est pas mal foutu et j'ai suivi l'histoire avec intérêt. J'ai trouvé aussi qu'un effort a été fait au niveau du casting. Bon, Milla Jovovich incarne toujours Alice, Ali Larter reprend le rôle de Claire mais l'acteur incarnant Wesker est mieux choisi que dans "Extinction" puisqu'il s'agit de Shawn Roberts. Bonne surprise aussi puisque Kim Coates est présent et incarne un producteur déplaisant (son nom ne vous dit peut-être rien mais son visage sûrement). Clin d'oeil volontaire ou pas, la deuxième partie du film se déroule dans une prison et le personnage qui va aider les autres à en sortir est incarné par Wentworth Miller, qui joue Chris Redfield (!?). Bref, des acteurs sympas qui ont la chance d'avoir des dialogues un peu moins neuneus que dans les autres films.

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Comme je l'ai dit, que la référence à "Prison Break" soit voulue ou pas, il y en a une autre qu'il serait difficile de nier. Ce "Afterlife" s'inspire énormément de la saga "Matrix". Inspirer est même un euphémisme, plagier serait plus adéquat. Et je ne dis pas ça uniquement à cause des ralentis pendant les fusillades ou les combats, ni à cause de l'effet visuel "Bullet time" utilisé à de nombreuses reprises, ni encore à cause des arrêts sur image en plein action avec une caméra qui tourne autour du personnage (d'ailleurs en 3D avec des débrits qui volent un peu partout, ça rend fichtrement bien !) non non, je le dis car en plus de ça, certains plans et scènes sont complètement repris de "Matrix". Quand je dis repris, ça veut dire que ce sont exactement les mêmes, seuls les décors et les visages des acteurs changent. Ca m'a vraiment interloqué.

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Puisqu'on est dans les effets spéciaux, je continue la liste des points forts. Avec un budget bien plus élevé que pour les précédents (56 millions de dollars), il en met plein les yeux. C'est clairement LE gros atout du film. La 3D rend hyper bien et même si ça rappelle bien "Matrix", c'est plutôt une bonne chose. C'est clairement plus orienté action que terreur et ils ont mis le paquet. Franchement, de ce côté-là, il n'y a pas grand chose à redire. Imaginez "Matrix" avec des effets 3D dans toutes les scènes d'action et vous obtenez "Afterlife". Un petit mot aussi sur la musique, qui colle parfaitement à l'action et à l'ambiance.

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Le genre d'effet 3D auquel on a droit pendant tout le film.

Voilà, j'ai dit ce qui m'a plu, maintenant je vais pouvoir dire ce qui ne va pas (objectivité, objectivité...). Défaut inhérent à la 3D et aux lunettes polarisées : une perte de luminosité de l'image (10% ?). Problème : les films de zombies sont parfois sombres, et là, dans certaines scènes c'était du coup trop sombre. Défaut mineur. Plus gênant : se borner à utiliser dans le film des éléments du jeu et ce, toujours à mauvais escient. Meilleur exemple : le personnage du bourreau. Alors le spectateur ne sait ni ce qu'est cette créature, ni d'où elle vient mais bon, elle est là. Même si cela donne lieu à de bonnes scènes d'action, ça fait tâche. Elle rendait bien dans le 5e jeu qui se passe en Afrique, mais sortie de son contexte, non. Il y a aussi des choses vraiment stupides ou des incohérences comme un personnage capable d'esquiver des balles de revolver mais pas assez rapide pour éviter un coup de couteau... La fin aussi n'est pas géniale, d'autant plus qu'elle est ouverte et qu'elle annonce un "Resident Evil 5".

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Pareil, un effet 3D au niveau des gouttes d'eau mais bon, sur une image, forcément, on ne voit rien.

"Resident Evil : Afterlife 3D" est le meilleur  non, le moins pire non, il faut quand même être honnête, le meilleur de la saga. Fort de ses scènes d'action explosives, complètement pensées pour la 3D et qui rendent superbement, de son esthétique travaillée (la prison est magnifique), le film aurait pu être une réussite mais est malheureusement plombé par toujours les mêmes défauts. Un effort certain a cependant été fait et il sort carrément du lot. Je pense connaître l'explication, qui doit être liée à Monsieur Hiroyuki Kobayashi. Cet homme, associé à la production du film est également le producteur de la série "Resident Evil" (les jeux). Ce n'était pas le cas sur les trois autres et ça doit expliquer pourquoi ce "Afterlife" bénéficie, lui, d'une ambiance et d'une image particulièrement réussies. En tout cas moi, c'est le premier que je trouve plaisant à voir.

Fiche technique :

  • Resident Evil : Afterlife 3D
  • Film britannique, allemand, américain
  • Année 2010
  • Genre : action
  • Réalisateur : Paul W.S. Anderson
  • Acteurs principaux : Milla Jovovich, Ali Larter, Shawn Roberts
  • Durée : 1h40

20:19 Publié dans Cinéma | Commentaires (1)

Commentaires

oh tu l'as aimé a ce point là!
c'est qu'il doit valoir le coup, même si c'est pour le regarder pour la suite de la série.

Écrit par : frank | 13/10/2010

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