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25/10/2010

La machine à explorer le temps, de Simon Wells (2002)

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Alexander Hartdegen est un jeune scientifique aux idées nouvelles et professeur à l'université de Columbia, à New York, en 1899. Il a fait la connaissance d'Emma, une charmante demoiselle qui semble être la seule chose qui puisse le distraire de ses recherches. Il décide un soir de la demander en mariage, mais l'intervention d'un malfrat provoque un drame et Emma perd la vie. Alexander est très affecté mais met toute son énergie à tenter de changer ce qu'il s'est passé. C'est ainsi qu'après quatre années de dur labeur, il parvient à concevoir une machine à voyager dans le temps et l'utilise pour retourner dans le passé.

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Ce film est un remake de celui du même nom réalisé en 1960 par George Pal. Le thème est identique mais le scénario est quelque peu différent. Dans l'original, le voyage dans le temps ne se fait pas pour les mêmes raisons : l'histoire se passe toujours à la fin du 19e siècle mais le personnage principal, las des différents conflits dans le monde, décide d'utiliser sa découverte pour voyager dans le futur afin de trouver une époque où l'humanité aurait suffisamment évolué pour vivre en paix. Après avoir découvert avec horreur deux guerres mondiales, il décide de faire un gigantesque bond en avant de plus de 800000 ans.

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De mon point de vue, le sujet est particulièrement intéressant. Personnellement, je me suis déjà posé la question s'il était possible d'envisager une vision de la Terre dans un futur aussi lointain. 800000 ans peut paraître colossal à l'échelle humaine, mais au niveau planétaire, quand on sait que la Terre est âgée de près de 5 milliards d'années, c'est assez dérisoire. De plus, avec notre développement technologique qui est exponentiel mais aussi un épuisement des ressources naturelles qui doit être tout aussi rapide, j'ai du mal à me projeter ne serait-ce qu'en l'an 3000.

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Imaginer où l'on se situe actuellement sur la durée de vie totale de la planète (à mon avis, on est beaucoup plus proche de la fin que du début) et envisager ce que pourrait être la vie sur Terre dans presque un million d'années (si tant est qu'il y en ait toujours), l'exercice intellectuel est intéressant et c'est notamment le sujet du film. Je devrais plutôt dire le sujet du livre, car l'original, comme le remake, est une adaptation du roman de Herbert George Wells. H.G. Wells est un auteur de science fiction extrêmement connu qui a écrit plusieurs oeuvres qui ont été adaptées au cinéma ("L'île du Dr Moreau", "La guerre des mondes" etc...). Détail intéressant, le réalisateur du film de 2002, Simon Wells, n'est autre que l'arrière petit fils de l'écrivain.

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Pour en revenir à ce remake, Alexander n'explore le futur que pour comprendre pourquoi il n'a pas réussi à modifier le passé et sauver Emma. A ce moment, le déroulement du film suit à peu près celui de 1960. La grande différence tient bien sûr aux effets spéciaux plus poussés que dans le film d'époque (et notamment une machine temporelle qui fait moins kitsch) mais d'un autre côté j'ai remarqué un peu plus d'incohérences. Toutefois, le monde très futuriste découvert par Alexander est assez joli à voir. Un monde certes devenu (en apparence) pacifique mais qui a perdu toute la culture accumulée au fil des millénaires. Un genre de retour en arrière assez paradoxal pour ce peuple vivant à la manière d'indigènes (ou du peuple Na'vi dans "Avatar"). L'Histoire se répète sans arrêt, c'est ce qu'on dit, du coup cette vision intéressante de l'auteur parait fort plausible.

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Je trouve par contre un peu dommage que l'accent soit plus mis sur la forme, que sur le fond. Les thèmes abordés sont moins développés dans ce film et les dernières trente minutes n'ont que peu d'intérêt, si ce n'est montrer un peu d'action. Des scènes somme toute très banales qui conluent un film très court qui, au final, n'a rien d'extraordinaire. Le film de 1960 possède une construction de l'intrigue plus intéressante et, à défaut d'effets spéciaux et de décors fantastiques, se concentre plus sur le sujet lui-même (bien que sa durée soit tout aussi courte).

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"La machine à explorer le temps" est à voir pour comparer soit avec l'original, soit avec l'oeuvre écrite, ou bien par curiosité ou affinité avec le sujet traité, tout en sachant que malgré quelques bonnes choses, ce n'est pas un film exceptionnel.

Fiche technique :

  • Titre : La machine à explorer le temps
  • Titre original : The time machine
  • Film américain
  • Année 2002
  • Genre : science-fiction, fantastique
  • Réalisateur : Simon Wells
  • Acteurs principaux : Guy Pearce, Samantha Mumba, Mark Addy
  • Durée : 1h32

18:30 Publié dans Cinéma | Commentaires (8)

Commentaires

J'ai beaucoup aimé le film de 1960. Même si à l'heure actuelle, les décors et les costumes font un peu sourire, c'est un bon film.
Je regarderais bien celui-là pour comparer.

Écrit par : cat | 26/10/2010

Alors, il y a deux trucs que je n'ai pas très bien compris dans l'article :

- Le premier scénario était-il celui où il voulait aller dans la passé pour retrouver la femme ou c'est l'autre scénario ?
- Tu dis à un moment " n'explore le futur que pour comprendre pourquoi il n'a pas réussi à modifier le passé. " Je ne comprends pas s'il a essayé d'aller dans le passé avec sa machine ou bien s'il n'a pas réussi à changer le passé dans le sens où il n'a pas pu empêcher Emma de mourir.

Voilà ^^'

Écrit par : Jonathan | 27/10/2010

Dans le film de 1960, il construit la machine et va dans le futur. Dans le film de 2002, il construit la machine et va dans le passé pour sauver Emma ; il n'y arrive pas (à la sauver) et décide d'aller dans le futur pour savoir pourquoi il est impossible de changer le passé.

Désolé pour la confusion.

Écrit par : Seb | 28/10/2010

Bien, bien ... ça me donne encore plus envie de le voir.
Moi non plus je n'avais pas très bien compris l'explication du scénario :)

Écrit par : cat | 29/10/2010

Ben ouais... je compare plusieurs fois deux versions, alors j'ai fait exprès de ne pas marquer sans arrêt "Dans le film de 1960" "Dans le film de 2002" "Dans le film de 1960". J'essaye d'éviter les répétitions.

C'est vrai qu'en plus, pour moi qui ai vu les deux films, quand je parle d'Alexander c'est clair que je parle de celui de 2002 (vu que dans l'autre il s'appelle George) mais pour mes lecteurs ce n'est pas évident.

Mea culpa. J'ai fait quelques petites corrections qui devraient rendre les choses un peu plus claires.

Écrit par : Seb | 29/10/2010

J'aime bien tes commentaires aussi subjectifs soient-ils. Par contre j'ai "horreur" des erreurs du genre: Minority Report et Blade Runner sont tirés de romans de H.G. WELLS !!!
Tu as dû confondre avec Philip K. DICK qui a écrit des nouvelles ou des romans de SF dont ont été tirés ces deux films entre autres. Par exemple Blade Runner s'inspire du livre: Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?
Je te pardonne. Longue vie à ton BLOG.
Sinon j'aime bien cette version de "La Machine..." bien que je la trouve un peu trop courte.

Écrit par : nate66 | 02/11/2010

Oulà, oui. Voilà ce qui arrive quand je me fie trop à ma mémoire. La prochaine fois je vérifierai mes exemples, d'autant plus que j'ai le livre dans ma bibliothèque.

J'ai donc corrigé cette "horrible" erreur. Je te remercie de ta grande magnanimité.

Et n'hésite pas à réagir plus souvent si tu trouves mes critiques trop subjectives, j'aime bien les contre-avis, surtout quand ils sont bien argumentés.

Écrit par : Seb | 02/11/2010

Je connaissais " Seb adulte face au père Noël " et leurs tendres connivences que j'ai fort appréciées, mais pas " Seb sur la machine à explorer le temps ".
J'aime la façon philosophique dont est abordée la critique et le vertige entraîné par nos diverses projections dans le temps...
A savoir, que dans le temps cosmique, le temps est à la fois présent, avenir et passé confondus; cela rend donc possible d'imaginer toutes ces gymnastiques cérébrales fantastiques ...
Cela dit, je ne pense pas qu'une femme, comme tout individu humain puisse être identifié comme une "chose"...même si elle est le seul recours à une quête de survie.
L'horrible message pour Haloween est bien arrivé et ne m'a pas empêché de trouver la PAIX de cet article.
Merci : Marcelle.

Écrit par : Béna Marcelle | 10/11/2010

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