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26/09/2010

La légende de Zatoichi, de Kenji Misumi (1962)

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Ichi est un aveugle itinérant qui exerce occasionnellement ses talents de masseur pour gagner un peu d'argent. Il possède un autre talent caché, une extrême habilité au sabre qu'il dissimule dans sa canne d'aveugle. Il rend visite au parrain Sukegoro qu'il a déjà rencontré auparavant. Sukegoro est inquiet depuis qu'il a appris qu'un de ses rivaux, Sasagawa, s'est offert les services d'un garde du corps venu de la capitale et craint qu'une guerre ne se prépare. Connaissant les talents de sabreur de Ichi, il aimerait profiter de sa venue pour qu'il travaille pour lui.

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Zatoichi est surtout connu (ou pas) en occident via le remake de Takeshi Kitano sorti en 2003 et dont il interprète d'ailleurs le rôle principal. Au Japon, c'est surtout une énorme saga de 26 films sortis principalement entre 1962 et 1973, et qui furent suivis par une série télé de 4 saisons, chacune d'environ 25 épisodes. Zatoichi est donc un héros très populaire, qui doit sans conteste son succès à l'acteur qui l'incarne dans toutes ses apparitions (à part le film de Kitano) : Shintaro Katsu.

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Le personnage qu'il interprète est intéressant car il possède une certaine ambivalence. D'apparence un aveugle comme les autres, toujours la canne à la main, il est en fait un expert au sabre et notamment en iaido, une discipline qui permet de dégainer et trancher en un seul mouvement. Cela est bien sûr utilisé dans plusieurs scènes car Ichi se retrouve souvent dans des situations dangereuses et ses adversaires se doutent rarement, en voyant cet aveugle la main sur sa canne, qu'ils peuvent perdre la vie d'un seul geste. Mais il évite toujours au maximum l'affrontement et refusera par exemple l'offre que lui fera le parrain Sukegoro pour devenir son garde du corps. Car, malgré son statut peu élevé dans la société, il n'hésite pas à tenir tête aux gens dont il n'apprécie pas le comportement, même s'il s'agit d'un chef de gang de yakuzas.

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C'est en cela que le jeu d'acteur de Shintaro Katsu est bon. Car son personnage est à la fois diminué par son handicap mais possède aussi un fort caractère qui lui permet de s'imposer dans ce monde difficile et parfois même d'utiliser sa cécité pour faire tourner la situation à son avantage (la scène où il feint de renverser les dés lors de paris entre yakuzas pour que tout le monde mise contre lui et que finalement il gagne et rétorque qu'ils devraient tous avoir honte de profiter de son infirmité, est assez géniale). Shintaro Katsu sait parfaitement jouer le bon bougre qui impose toujours le respect autour de lui. C'est ce qui fait le charme de la saga.

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En dehors de l'acteur principal, il faut dire que le reste n'est pas très original. Le scénario de ce premier film ressemble beaucoup à "Yojimbo" de Akira Kurosawa sorti un an plus tôt. C'est l'histoire d'un samourai qui se retrouve également au milieu d'une guerre entre gangs et qui en profite pour s'enrichir. Ichi, lui, n'est pas intéressé par le profit personnel. Il fait au contraire son possible pour aider les gens qu'il rencontre dans les milieux yakuzas et qui en pâtissent. C'est l'occasion de caser quelques romances. Mais les films de zatoichi ont une vision un peu pessimiste de l'humanité et tout ne se finit jamais très bien.

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Au niveau de l'action, il ne faut pas oublier qu'on est dans les années 60. Parfois, la chorégraphie de certains combats est un peu brouillon mais il y a tout de même des scènes de grande classe. Je pense notamment à celle de la bougie qui est magnifiquement tournée et où on peut voir toute l'élégance et l'efficacité du iaido. Ca change du chanbara traditionnel avec des combats au sabre plus classiques.

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"La légende de Zatoichi" est le premier film de la saga et on y découvre tout de suite la nature du personnage principal qui sera conservée au fil du temps ; du moins du peu que j'ai pu en voir (seulement trois films, dont les deux premiers). Vu la difficulté de se procurer ces films, il ne faut pas hésiter à regarder tous ceux qui vous tomberont sous la main. Celui-ci par exemple, en noir et blanc, a un certain charme.

Fiche technique :

  • Titre : La légende de Zatoichi
  • Titre original : Zatoichi monogatari
  • Film japonais
  • Année 1962
  • Genre : chanbara
  • Réalisateur : Kenji Misumi
  • Acteurs principaux : Shintaro Katsu, Masayo Banri, Ryuzo Shimada
  • Durée : 1h36

Le saviez-vous ? Le véritable nom du personnage de la saga est en fait Ichi. Zatoichi est le diminutif de Zato no Ichi. A l'époque, il existait une guilde d'aveugles appelée Todoza. Cette guilde possédait une hiérarchie et les membres étaient divisés en plusieurs rangs, dont le plus bas était Zato. "Zato no Ichi" signifie donc "Ichi, aveugle de rang Zato". D'où le nom : Zatoichi.

18:53 Publié dans Cinéma | Commentaires (1)

06/09/2010

Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino (2009)

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Durant la seconde guerre mondiale, un petit groupe de soldats juifs américains est dépêché dans une France occupée par les nazis. Les allemands ne tardent pas à les surnommer "Les bâtards" à cause des ravages qu'ils font dans le camp ennemi et de leur cruauté non dissimulée. Shosanna Dreyfus est une juive qui a échappé au massacre de sa famille et qui vit sous le nom de Emmanuelle Mimieux en tant qu'exploitante d'une salle de cinéma. Lorsque son établissement est réquisitionné par les nazis pour diffuser un film de propagande allemande lors d'une scéance où Hitler doit être présent, elle décide de profiter de l'occasion pour se venger. Les bâtards, qui ont appris l'événement, décident également de monter une opération de leur côté.inglourious2.jpg

J'avais vu ce film au cinéma et j'en étais ressorti extrêmement déçu. La faute en incombait à la bande-annonce qui s'était avérée complètement mensongère. On nous promettait un pur film d'action où des nazis se feraient exterminer en masse par un groupe de juifs ayant la volonté de leur rendre la pareille, oeil pour oeil, dent pour dent. Cela laissait augurer un film extrêmement jouïssif, une sorte de revanche psychologique sur les événements qui se sont passés dans la réalité, certes légèrement primaire mais certainement défoulante. Que nenni. J'ai volontairement laissé passer un certain délais avant de revoir ce film, je savais maintenant à quoi m'attendre et je peux donc me faire un avis cette fois objectif.inglourious3.jpg

Ce n'est donc pas un film d'action. Contrairement à ce que promettait la bande-annonce, mis à part la scène finale, on voit à peine une poignée de nazis se faire tuer pendant les (quand même) 2h30 du film. C'est plus l'histoire d'une revanche, celle de Shosanna, qui décide de profiter de la réquisition de son cinéma par les nazis pour les faire brûler avec son établissement. Elle est incarnée par Mélanie Laurent qui joue vraiment très bien et qui laisse apparaître beaucoup d'émotions à travers son personnage.inglourious4.jpg

La deuxième histoire parallèle, c'est celle des Bâtards, indépendante de la première mais qui va se dérouler dans le même lieu. Autant l'histoire de Shosanna est intéressante et sérieuse, autant celle des Bâtards ne sert à rien à part montrer un peu d'action, comme l'éxécution d'un nazi (la scène montrée dans la bande-annonce, il n'y en aura pas d'autres) et aussi beaucoup d'humour. A ce sujet, le chef des Bâtards, incarné par Brad Pitt, rempli bien son rôle. Avec son accent de montagnard du Tennessee (qu'on ne peut entendre que dans la VO, que je conseille d'ailleurs fortement !), c'est un régal, notamment dans la scène où ils se font passer pour des italiens (drôle en VF, elle est carrément tordante en VO).inglourious5.jpg

"Inglourious Basterds" est finalement un film assez équilibré, avec un scénario intéressant malgré des longueurs dans certaines scènes (c'est un film de Tarantino après tout) mais bon, ça passe. Une fois que l'on sait à quoi s'attendre, c'est un film plutôt plaisant, clairement au-dessus des dernières merdes réalisées par Tarantino ("Boulevard de la mort", "Kill Bill").

Fiche technique :

  • Titre : Inglourious Basterds
  • Film américain, allemand
  • Année 2009
  • Genre : guerre
  • Réalisateur : Quentin Tarantino
  • Acteurs principaux : Mélanie Laurent, Brad Pitt, Christoph Waltz
  • Durée : 2h33

16:24 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

31/08/2010

The Expendables, de Sylvester Stallone (2010)

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J'ai toujours aimé la façon dont les titres sont adaptés au marché français. Ils ne voulaient pas laisser le titre original, c'était devenu trop connu pour qu'ils le traduisent, donc ils ont rajouté "unité spéciale". Ca me fera toujours rire.

Les Expendables sont un groupe de mercenaires d'élite. Ils sont habitués à mener des missions délicates et à haut risque. Ils sont contactés par un homme nommé Chapelle qui aimerait les engager pour intervenir sur l'île de Vilena, dans le golfe du Méxique, où un dictateur brutal, le Général Garza, a pris le pouvoir. Le chef des Expendables, Barney, et un autre membre du groupe, Christmas, partent en reconnaissance sur le terrain.expendables2.jpg

Le film avait fait parler de lui à cause de son casting exceptionnel. En effet, jamais autant de gros acteurs ne s'étaient retrouvés dans la même production. Il faut quand même avouer que Sylvester Stallone et Jason Statham sont largement plus mis en avant que les autres (Jet Li, Rourke, Lundgren...) qui pourraient presque faire figure d'acteurs secondaires, quand il ne font pas simplement qu'une apparition (comme Bruce Willis et Arnold Scharzenegger). Cela reste tout de même fort plaisant de voir toutes ces têtes réunies.expendables3.jpg

A part ça, que vaut le film ? Eh bien, malheureusement, pas grand chose. Un scénario pas original pour un sou, qui souffre de très nombreux clichés assez lourds (les gentils mercenaires qui luttent contre le vilain dictateur qui oppresse son peuple, la fille du général qui se rebelle contre son père et aide les mercenaires, la relation entre Christmas et sa copine...). Les effets spéciaux sont, eux, assez décevants. On a droit à un nombre assez incroyable d'explosions en tous genres. Il y a des gerbes de sang, en numérique, qui ont été rajoutées en post-production et qui rendent mais alors, extrêmement mal (ça donne une allure de série B, un peu gênant). Certaines phases d'action très efficaces et assez plaisantes (avec les terroristes au début, ou encore l'attaque avec l'avion des Expendables) côtoient des scènes de combat qui n'ont pas grand chose d'exceptionnel et qui sont même parfois assez décevantes (l'affrontement entre Jet Li et Lundgren par exemple, on a déjà vu mieux).

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"The Expendables" remplit son office de film d'été divertissant et se laisse regarder sans trop de problèmes si l'on accepte de fermer les yeux sur un certain nombre de défauts qui s'effacent un peu face au charisme de toute cette troupe qui, finalement, va plutôt bien ensemble.

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Fiche technique :

  • Titre : Expendables, unité spéciale
  • Titre original : The Expendables
  • Film américain
  • Année 2010
  • Genre : action
  • Réalisateur : Sylvester Stallone
  • Acteurs principaux : Sylvester Stallone, Jason Statham, Jet Li
  • Durée : 1h45

10:01 Publié dans Cinéma | Commentaires (3)

21/08/2010

Inception, de Christopher Nolan (2010)

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Dom Cobb (Leonardo di Caprio) est un expert dans la manipulation des rêves. Grâce à un appareil, il peut pénétrer dans le subconscient des gens endormis afin de découvrir n'importe quelle information. Mais ce n'est pas sans risque et lorsqu'on lui demande de réaliser l'opération inverse, c'est-à-dire d'implanter une idée dans l'esprit de quelqu'un, il refuse. Il finit cependant par accepter à la condition qu'il puisse monter une petite équipe qui l'accompagnera. Pour que cette opération délicate réussise, il faudra plonger pronfondément dans l'esprit du sujet, c'est pourquoi ils prévoient de créer trois rêves imbriqués les un dans les autres, ce qui va multiplier les problèmes et les dangers.

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Le sujet est intéressant puisque la majeure partie du film va se dérouler dans le monde du rêve, où théoriquement tout est possible. A l'instar de "Matrix" où on nous expliquait que le monde que nous connaissons n'est qu'une illusion où n'importe quelle loi physique élémentaire peut être contournée, il est possible de modeler un rêve de la façon que l'on désire. Ce rôle est celui de l'architecte, Ariane, incarnée par la jeune actrice Ellen Page. Lorsqu'elle découvre, accompagnée par Cobb, l'appareil à créer des rêves, elle en teste les possibilités qui se traduisent à l'écran soit par des scènes amusantes (la création d'un escalier de Escher) soit par un déluge d'effets spéciaux (la ville qui se replie sur elle-même, les miroirs...). On sent que l'on est dans un film américain car ces scènes sont vraiment dispensables du point de vue du scénario. Mais bon, ça impressionne le spectateur, c'est certain.

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Parlons justement du scénario, qui tient bien la route. Comme ça parlait du rêve et du subconscient, j'avais peur d'avoir à faire à un film mal ficelé façon David Lynch où on en ressort en ayant rien compris et en se demandant si le réalisateur lui-même sait comment on monte un film tellement les scènes sont bancales ce qui rend le tout complètement abscons. Heureusement, c'est tout le contraire. Nolan, ce n'est pas Lynch, et il a prouvé à maintes reprises qu'il sait faire des films originaux et parfaitement construits (meilleur exemple : "Memento").

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Certes, dans le fond, ça ressemble beaucoup à "Matrix". On plonge dans un rêve comme on plonge dans la Matrice, et pendant que les corps des "plongeurs" (et celui de la "victime") sont endormis, ils évoluent dans un rêve créé de toutes pièces par celui désigné comme l'architecte. Le but étant de créer un rêve qui va amener la victime à faire ce qu'on attend d'elle, puisque contrairement aux autres personnages, elle n'a pas conscience d'être dans un songe. Ca va se compliquer quand les rêves vont commencer à s'imbriquer et que la victime va s'endormir dans le rêve et qu'on va lui en faire vivre un autre. Trois rêves imbriqués, plus la réalité, on a donc une narration qui se passe en simultané sur quatre niveaux (cinq si on compte les limbes, mais je ne vais pas compliquer les choses inutilement ici, tout est bien expliqué dans le film). C'est assez intéressant d'autant plus que si un élément extérieur pertube le sommeil du rêveur, cela va se répercuter dans tous les niveaux de rêves inférieurs (exemple : ils s'endorment dans un véhicule en déplacement, quand celui-ci sera secoué, cela se traduira par de légères secousses sismiques pour les rêveurs). Etant donné le temps limité dont ils disposent pour mener à bien leur mission, cela créé une certaine tension.

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Le sujet est traité de façon très intéressante. Si quelques interrogations naissent pendant le film, elles trouveront quasiment toutes leur réponse avant le générique de fin. Il y a finalement peu à interprêter puisque tout se résout au cours du film, il n'y a pas de fin ouverte. "Inception" tient le public haletant jusqu'au bout, grâce à une réalisation bien fichue et des acteurs qui soutiennent une intrigue passionnante (mention spéciale pour Marion Cotillard qui incarne l'épouse décédée de Cobb et qui apparaît dans ses rêves). Je ne m'y attendais pas mais j'ai vraiment bien aimé.

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Fiche technique :

  • Titre : Inception
  • Film américain
  • Année 2010
  • Genre : fantastique
  • Réalisateur : Christopher Nolan
  • Acteur principaux : Leonardo di Caprio, Ellen Page, Cillian Murphy
  • Durée : 2h28

22:27 Publié dans Cinéma | Commentaires (4)

15/08/2010

Millenium 3, la reine dans le palais des courants d'air, de Daniel Alfredson (2010)

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Lisbeth Salander se remet de sa rencontre avec Alexander Zalachenko. Des charges pèsent toujours contre elle et seul le fait qu'elle soit toujours en rééducation à l'hôpital, des suites de ses graves blessures, retarde son procès. Mikael Blomkvist décide de publier un numéro spécial de Millenium consacré à Lisbeth, où il révélera son innocence et exposera l'organisation qui protégeait Zalachenko. Il manque cependant de preuves et doit donc continuer ses investigations. L'organisation secrète se sent menacée et décide de prendre pour cible les journalistes du Millenium et d'utiliser ses ramifications pour faire interner Lisbeth suite à son procès. De son côté, Niedermann, le fils de Zalachenko, est toujours en fuite.
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Avec "Millenium 3", l'adaptation du dernier volume de l'oeuvre écrite par Stieg Larsson, l'intrigue complexe commencée dans le premier film s'achève enfin. Ce dernier épisode de la trilogie fait directement suite au précédent volet qui s'achevait de façon dramatique. L'histoire est traitée dans sa globalité et les dernières informations concernant Lisbeth, Zalachenko et "La section", l'organisation secrète qui est cette fois au centre de l'histoire, sont révélées. Le final est assez grandiose et conclue bien cette trilogie. Bien que Larsson avait prévu une série de dix romans, il n'a pu en achever que trois avant qu'il ne décède d'une crise cardiaque. Heureusement, ces trois romans forment un tout et on ne reste pas sur sa faim après avoir vu ces trois films.
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Je ne reviendrais pas sur les qualités de l'adaptation, toujours aussi bonne. Vous pouvez relire ma critique de "Millenium 2", les arguments sont les mêmes. Une petite différence à noter cependant, j'ai trouvé que ce troisième volet possédait une plus grande tension que les précédents. La section utilise en effet tous ses moyens pour supprimer Mikael et les autres journalistes du Millenium afin de préserver le secret de leur groupe. Les protagonistes sont donc cette fois menacés et leur vie est en danger. Même Lisbeth, qui n'est plus libre désormais, risque de finir ses jours dans un institut psychiatrique à la merci de Peter Teleborian, le docteur qui l'a violentée quand elle était enfant et qui travaille évidemment pour La section. Tout le monde risque gros et le suspense est plus que jamais présent.
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Millenium est une superbe série de films policier qui trouve son aboutissement dans ce troisème opus. Le film est excellent et bien que le scénario est à base de complot et d'organisation secrète, il sait être suffisamment original pour captiver le spectateur jusqu'au bout.

Fiche technique :

  • Titre : Millenium 3, la reine dans le palais des courants d'air
  • Titre original : Luftslottet som sprängdes
  • Film suédois
  • Année 2010
  • Genre : policier
  • Réalisateur : Daniel Alfredson
  • Acteurs principaux : Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre
  • Durée : 2h27

23:14 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

08/08/2010

Wolfman, de Joe Johnston (2010)

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Lawrence Talbot (Benicio del Toro) est un acteur de théâtre qui reçoit un jour la visite de Gwen Conliffe (Emily blunt) qui se présente comme étant la fiancée de son frère, Benjamin Talbot. Ce dernier aurait disparu de la résidence familiale des Talbot, à Blackmoor, et Gwen sollicite l'aide de Lawrence pour découvrir ce qu'il lui est arrivé. Lawrence est d'abord réticent à cause des inimitiés entre lui et son père (Anthony Hopkins) mais finit par se rendre à Blackmoor. Il entend sur place des rumeurs étranges. Deux personnes ont été tuées la nuit où son frère aurait disparu et la cause de leur mort est indéterminée. A la vue des blessures, certains pensent à un tueur déséquilibré, d'autres, à une créature infernale.

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A la lecture du titre de ce film, on comprend tout de suite de quoi il s'agit. Cela faisait longtemps que l'on avait pas eu droit à un vrai film de loup-garou au cinéma. Au niveau des créatures fantastiques, la mode serait plus en ce moment aux zombies et aux vampires, c'est pourquoi j'ai accueilli "Wolfman" avec un grand plaisir.

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Film de genre oblige, un soin tout particulier a été apporté à l'esthétique. Les bois de Blackmoor près desquels sont installés des gitans, la propriété vétuste des Talbot, les ruelles de Londres la nuit, tout est très réussi et crée une parfaite atmosphère lugubre, froide et inquiétante. Les loups-garous, eux, ont un petit côté retro que j'ai bien aimé (disons qu'ils ressemblent aux loups-garous qu'on faisait dans les films dans les années 80). Cela change de ceux que l'on peut voir en tout-numérique comme dans "Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban" par exemple. Dans un sens, ça fait plus "homme-loup".

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Le film est un hommage à "The wolf man" sorti en 1941 puisqu'il en reprend les personnages principaux. Le scénario a été actualisé et c'est ainsi qu'apparaît le détective Aberline (Hugo Weaving) qui enquête sur les meurtres récemment commis et qui semble avoir une idée de ce qu'il se passe dans le coin. L'intrigue est assez classique mais il faut avouer que c'est difficile d'innover dans ce genre. Cependant, le casting séduisant et les multiples personnages couvrent un peu ce défaut.

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Au final, "Wolfman" est un film très soigné. J'ai bien aimé l'ambiance et le fait de ne pas avoir cédé à la facilité du "tout en image de synthèse" pour les effets spéciaux est une bonne chose. Du coup, on gagne en réalisme et c'est plus sympa à regarder. Gare au garou !

Fiche techique :

  • Titre : Wolfman
  • Titre original : The Wolfman
  • Film américain
  • Année 2010
  • Genre : fantastique
  • Réalisateur : Joe Johnston
  • Acteurs principaux : Benicio del Toro, Anthony Hopkins, Emily Blunt
  • Durée : 1h42 (cinéma) 1h59 (extended cut)

21:27 Publié dans Cinéma | Commentaires (1)

02/08/2010

Moon, de Duncan Jones (2009)

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Dans un futur proche, les problèmes d'énergie sur Terre ont été résolus par l'utilisation de l'Helium 3. Cette énergie propre provient de roches ayant absorbé le rayonnement solaire et collectées sur la face cachée de la lune. La société Lunar se charge de l'opération et dispose pour cela de la base lunaire Sarang. Un opérateur est envoyé sur place pour accomplir ce travail pendant une durée de 3 ans, tout en étant épaulé par Gerty, un robot autonome chargé à la fois de veiller sur l'opérateur et sur le bon fonctionnement des installations. Le contrat de Sam Bell se termine dans deux semaines et il a hâte de rentrer sur Terre pour retrouver sa femme et sa fille. Lors d'une inspection à l'extérieur de la base, il va faire une découverte troublante : un homme inconscient dans un scaphandre et qui a le même visage que lui.

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Ce film de science-fiction britannique est sorti directement en vidéo en France en juin dernier, bien qu'il ait été projeté en janvier 2009 au festival international du film fantastique de Gérardmer. C'est le premier long métrage de Duncan Jones (pour info, il s'agit du fils de David Bowie) qui en signe également le scénario.

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"Moon" fait un peu dans l'originalité. Ce film de science-fiction a le bon goût de ne pas tomber dans les pièges classiques du genre qui font souvent appel à des créatures étranges auxquelles les protagonistes doivent échapper (si vous voulez un bon exemple, vous pouvez relire ma critique de "Pandorum"). Ici, rien de tout ça. Vous pouvez également oublier le coup du robot dont l'intelligence artificielle se dérègle et qui cherche à exterminer les membres de la base. Non plus. Ouf. Gerty est au contraire au service de Sam pendant tout le film et certaines de ses répliques lors de leurs conversations sont assez cocasses.

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Les extérieurs rendent vraiment très bien.

L'intrigue repose donc sur Sam Bell. Employé de la société Lunar dont le contrat sur la base Sarang touche bientôt à sa fin, Sam est impatient de rentrer mais commence à se sentir un peu bizarre. Il lui est arrivé d'avoir quelques visions, d'imaginer un court instant qu'une personne se trouve dans la même pièce que lui. Gerty comprend que Sam est préoccupé mais ce dernier n'ose rien lui dire... jusqu'à ce qu'il découvre un homme inconscient à l'extérieur de la base et qui semble être son sosie.

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Gerty affiche en permanence un smiley qui indique son humeur (content, triste...) et sa voix douce et calme même quand Sam s'énerve est assez amusant.

L'intrigue fait peu de place au suspense puisque l'on comprend très vite ce qui se passe sur cette station. Le réalisateur préfère montrer comment les personnages réagissent à cette situation étrange. L'approche est intéressante puisque la psychologie prend le pas sur l'action. Difficile de donner plus de détails sans révéler l'explication mais le sujet est bien traité et le tout est suffisamment intéressant pour garder l'attention du spectateur jusqu'à la fin.

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"Moon" est vraiment intéressant à voir et s'éloigne de ce que le genre à l'habitude d'offrir. C'est une bonne chose. Un dernier mot sur le thème musical que j'ai particulièrement bien aimé et qui complète l'ambiance spatiale du film. 100% science-fiction pur jus, sans rien d'ajouté.

Fiche technique :

  • Titre : Moon
  • Film britannique
  • Année 2009
  • Genre : science-fiction
  • Réalisateur : Duncan Jones
  • Acteurs principaux : Sam Rockwell, Robin Chalk, Matt Berry
  • Durée : 1h37

19:50 Publié dans Cinéma | Commentaires (3)