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16/04/2010

A bittersweet life, de Kim Jee-Woon (2006)

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Une vie douce-amère.

Kim Sun-Woo est le bras droit d'un chef de gang influent, Monsieur Kang. Ce dernier a un problème, la jeune femme qu'il fréquente semble voir un autre homme. Comme il part trois jours pour Shanghai, il demande à Sun-Woo de s'occuper de sa petite amie et de régler le problème en son absence. Sun-Woo, subordonné loyal, accepte la mission et constate effectivement qu'elle a une relation. Ses ordres sont alors clairs, mais au moment de supprimer les deux amants, il est pris de compassion pour la jeune femme et se contente de laisser partir l'homme après lui avoir donné une correction. Mais monsieur Kang apprendra ce geste et ne pardonnera pas à Sun-Woo.

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J'ai une connaissance malheureusement extrêmement limitée du cinéma coréen. A part le réalisateur Park Chan-Wook dont j'ai déjà parlé plusieurs fois sur mon blog, Joon-ho Bong qui a réalisé "The host" mais surtout l'excellent film policier "Memories of murder" (que je conseille) et enfin Kim Jee-Woon dont je vais parler, je crois que c'est, en gros, tous les films que j'ai vu. J'ai découvert Kim Jee-Woon il y a quelques années quand un ami m'avait conseillé de voir "Deux soeurs" un thriller psychologique particulièrement bien foutu (je le conseille aussi et si j'ai l'occasion de le revoir, j'en ferai certainement une critique). "A bittersweet life" est d'un genre bien différent.

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Il faut reconnaître qu'on tomberait facilement sous le charme.

Ce film fait plutôt place à l'action. Bien qu'au début, lorsque Sun-Woo file la copine du grand patron, on se dit qu'une romance pourrait éventuellement s'installer, mais cela ne va pas jusque-là. Pourtant, une fois l'infidélité constatée, c'est parce que Sun-Woo a plongé son regard dans le sien qu'il est incapable d'accomplir la tâche que lui avait assignée M. Kang. Et c'est à ce moment que tout dérape pour le pauvre Kim Sun-Woo. Dans le milieu de la pègre, tout se sait très vite et il va payer ce moment de "faiblesse".

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"A bittersweet life" n'est pas un film d'arts martiaux pour autant, dans les quelques scènes d'action présentes dans la première moitié, c'est de la bonne vieille baston à l'ancienne. Du coup, ça rend le film plus crédible que si tous les acteurs s'étaient pris pour Jet-Li. On a droit ensuite à une escalade de la violence. Car quand Sun-Woo échappe de peu à son éxécution, il décide alors de s'armer. Le film se termine sur une fusillade à la John Woo, complètement surréaliste, mais qui conclue bien l'histoire.

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Bien filmé, avec quelques scènes sous la pluie très bien rendues et surtout une bande sonore qui surprend parfois un peu mais qui est toujours très bien en accord avec ce qui se passe à l'écran. "A bittersweet life" n'a pas la complexité de "Deux soeurs", mais c'est clairement un film très sympathique sur la déchéance d'un homme qui décide de faire ses propres choix. Et dans la mafia, ça ne pardonne pas.

Fiche technique :

  • Titre : A bittersweet life
  • Titre original : Dal kom han in-saeng
  • Film sud-coréen
  • Année 2006
  • Genre : drame, action
  • Réalisateur : Kim Jee-Woon
  • Acteurs principaux : Byung-hun Lee, Shin Min-a, Kim Young-Cheol
  • Durée ; 1h58

20:04 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

14/04/2010

Notorious B.I.G., de George Tillman Jr. (2009)

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Superbe affiche. Les couleurs, l'ombre, la lumière, j'adore.

Christopher Wallace est un jeune né à Brooklyn dans les années 70. Son père ayant quitté le foyer familial, il vit seul avec sa mère qui n'a pas beaucoup d'argent. C'est pourquoi le milieu fortuné des dealers, qui promet de l'argent facile, finit par l'attirer. A 18 ans, versé dans un véritable trafic de drogue, il se fait arrêter et passe 9 mois en prison. Il profite de cette période pour réfléchir et composer, puis enregistre une démo de rap à sa sortie. Il se fait remarquer par le producteur Sean Combs qui lui propose un contrat. C'est le début de la carrière de Christopher Wallace, alias The Notorious B.I.G., qui deviendra une figure emblématique du rap new-yorkais.

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Christopher Wallace, alias Biggie smalls ("petit gros"), alias Notorious B.I.G..

J'ai pas mal hésité avant d'écrire cette critique. La raison est simple : je déteste le rap et les films biographiques ça ne me passionne pas plus que ça. Mais bon, j'ai une grande ouverture d'esprit et j'ai bien commenté une comédie musicale au début de ce blog donc j'ai finalement décidé de le faire. Je précise juste une chose, je n'ai pas des masses de connaissance en rap et donc je ne pourrais pas dire jusqu'à quel point ce film est fidèle à la vie de l'artiste. C'est pourquoi quand je vais parler de Christopher Wallace, je vais parler du personnage du film, je n'ai aucune idée si l'homme était pareil dans la vie.

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Le début du film montre la jeunesse de Christopher et la façon dont il a sombré dans la délinquence. C'est facile d'être attiré par le côté bling-bling des jeunes racailles qui s'affichent dans la rue avec des fringues hors de prix et des chaînes en or autour du cou et qui dealent du crack toute la journée au lieu d'aller à l'école. On se dit que c'est dommage car bien que pas très fortuné, c'est un gamin présenté comme brillant à l'école avec une mère qui prend soin de lui. Une fois qu'il a cédé à la facilité, il tombe vite amoureux de l'argent et n'hésite pas à montrer sa vraie personnalité, quasiment dépourvue de morale, comme lorsqu'il n'hésite pas à vendre de la drogue à une femme enceinte alors que ses "collègues" avaient refusé.

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C'est un côté sombre qu'il gardera tout au long du film, bien que l'acteur qui l'incarne arrive à faire ressortir une certaine tendresse du personnage et réservera quelques scènes vraiment jolies. Je l'ai perçu comme un homme parfois blanc, parfois noir mais jamais gris. Il tient à sa mère, essaye de faire le maximum pour ses proches, sa femme et sa fille mais n'hésite pas à coucher avec toutes les femmes qu'il rencontre. C'est assez paradoxal.

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C'est exactement comme la nature de ses textes. Mais bon, c'est le genre du gangsta rap qui veut ça. Des mecs qui se prennent pour des caïds et qui prônent le respect dans leurs chansons alors qu'elles sont remplies de paroles machistes, sexistes et violentes, ça a légèrement tendance à me gaver. Et puis entendre toutes les deux phrases des "fuck", "bitch", "dick", "motherfucker" ça témoigne bien de la grande profondeur de ce style musical. Alors je précise quand même des fois où je serais lu par des amateurs de rap que je sais bien que tout le rap n'est pas forcément comme ça et qu'il y a certainement de très bons artistes. Mais bon, ça en fait partie et il faut quand même reconnaître que ça, vraiment, et ben c'est de la merde.

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Toutefois c'est un genre qui plaît, et Notorious B.I.G., malgré la sortie d'un seul album, devient une grande figure du rap de la côté Est des Etats-Unis. Car le film raconte aussi une dissension musicale entre la côte Ouest et Est du pays. Un rap différent, des artistes différents, un conflit entériné et alimenté par la presse spécialisée et qui finira en tragédie. Cela part d'un léger incident entre Notorious et le rappeur Tupac (côte Ouest) qui étaient autrefois amis mais que maintenant tout oppose. Le drame finira par arriver, Tupac se fera assassiner un soir, alors qu'il se déplaçait en voiture. Le conflit qui régnait entre lui et Notorious joue contre ce dernier, qui sera accusé officieusement d'avoir commandité le meurtre. Trois mois plus tard, alors que Notorious se rend sur la côté Ouest, en Californie, espérant que ce conflit Est-Ouest est terminé, il sera abattu de la même façon que Tupac, un soir, alors qu'il était sur le siège passager d'une limousine.

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Ce n'est pas une scène du film, c'est une photo de production. A gauche, Voletta Wallace, la véritable mère de Notorious, qui a aidé à produire le film, et à droite, l'acteur Jamal Woolard qui incarne son fils. J'aime bien cette photo.

J'aime bien l'acteur qui incarne Notorious B.I.G., c'est une des raisons qui m'a fait regarder le film jusqu'au bout, il joue vraiment vraiment bien. A la fin, on a droit à une très belle scène, avec la mère de Christopher. Le film est bon (très bon même), c'est dommage que je n'aime pas le sujet mais il n'est pas inintéressant à regarder. Les fans apprécieront sûrement car le sujet est bien traité je pense.

Fiche technique :

  • Titre : Notorious B.I.G.
  • Titre original : Notorious
  • Film américain
  • Année 2009
  • Genre : biographie, drame
  • Réalisateur : George Tillman Jr.
  • Acteurs principaux : Jamal Woolard, Derek Luke, Dennis White
  • Durée : 1h55

16:04 Publié dans Cinéma | Commentaires (2)

11/04/2010

Le choc des Titans, de Louis Leterrier (2010)

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Les dieux de l'Olympe sont en colère. Les hommes sont devenus arrogants et refusent de les vénérer. Zeus, le roi des dieux, décide de punir l'homme à l'origine de ce mouvement, Acrisius, en prenant son apparence pour séduire sa femme, Danae, et la mettre enceinte. Acrisius la répudie alors et l'abandonne, elle et son nouveau-né, au milieu de l'océan. Danae ne survit pas mais son fils, Persée, est recueillit par un pêcheur qui décide de l'adopter. Alors que Persée grandit, le conflit entre les dieux et les hommes perdure. Lorsque sa famille adoptive meure, Persée tient les dieux pour responsables.

Mais la vanité des hommes ne cesse d'augmenter. Lorsque la reine d'Argos, Cassiopée, déclare que la beauté de sa fille, Andromède, dépasse même celle des dieux, c'en est trop pour Hadès, le dieu de la mort, qui décide de lâcher le kraken, un monstre marin qui détruira la cité d'Argos, à moins que la reine ne lui sacrifie sa fille Andromède. Pour se venger des dieux, Persée décide de trouver un moyen de tuer le kraken.

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"Le choc des Titans" est à l'origine un film de 1980 qui est l'adaptation très fidèle de la légende de Persée. Ceux qui ont vu ce film (et qui s'en souviennent) et ceux qui ont un peu de culture mythologique grecque ne manqueront pas de remarquer que ce remake de 2010 ne reprend que les très grandes lignes de la légende de Persée pour créer une nouvelle histoire. Résumons rapidement le scénario du film original qui est donc la réelle histoire de Persée, pour la comparer à celle du remake.

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La tête du kraken.

Acrisios (et non Acrisius), le roi d'Argos, reçoit un jour un oracle qui prédit que son petit-fils le tuerait. Il décide donc d'enfermer sa fille, Danae (qui n'est donc pas sa femme), dans une tour d'airain. Mais Zeus arrive quand même à la séduire et Danae donne naissance à Persée. Acrisios abandonne donc en mer sa fille et son petit-fils. Les deux survécurent, sauvés par un pêcheur.

Persée adulte se met à voyager et arrive jusqu'en Ethiopie où il rencontre Cassiopée et Andromède qui doit être sacrifiée au kraken (ça c'est comme dans le remake, sauf que le kraken est normalement envoyé par Poséidon, le dieu des mers, et non par Hadès). Persée tombe amoureux d'Andromède et décide de tuer le kraken pour la sauver. Il apprend l'existence de Méduse, une gorgone dont le regard pétrifiant serait le seul moyen de stopper le kraken. Il finit par triompher, non sans mal, de Méduse et du monstre marin. Andromède devient alors son épouse. Happy ending.

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Méduse, très réussie, mais avec peut-être un visage trop féminin (les gorgones sont censées être laides, pas des canons).

Donc oui, il y a pas mal d'erreurs dans ce remake. C'est facilement pardonnable pour des petites choses comme faire passer la fille d'Acrisios pour sa femme, bon, on sait ce que c'est des raccourcis scénaristiques, c'est pas bien grave. C'est plus embêtant quand la reine d'Ethiopie, Cassiopée, devient la reine d'Argos (en Grèce) et que le roi d'Argos, Acrisios, devient un homme ordinaire qui s'est rebellé contre des dieux.

C'est d'ailleurs le thème de ce remake : les hommes qui défient les dieux. Ceci n'a rien à voir avec l'histoire de Persée qui, dans la mythologie, est d'ailleurs aidé dans son périple par de nombreux dieux de l'Olympe : Zeus, Athéna, Hermès, Héphaïstos et même Hadès (alors que dans ce film Persée cherche, au contraire, la destruction d'Hadès). Quand on aime la mythologie comme moi, c'est décevant de voir qu'on s'est servi de la légende de Persée pour inventer un conflit contre le divin.

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Céphée (le mari de Cassiopée), qui n'est donc plus le roi d'Ethiopie mais le roi d'Argos.

Deuxième gros point qui m'a ennervé, alors que normalement Persée se lance dans son aventure à cause de l'amour qu'il porte à Andromède, il n'y a aucune romance entre eux dans le film. Alors on pourrait se dire que c'est un film d'action qui laisse la romance de côté. Et ben non, car il y a bien une romance, entre Persée et... Io. Qui est Io ? C'est une femme de la mythologie grecque qui n'a absolument AUCUNE relation avec la légende de Persée.

Donc je résume : on zappe la relation Persée/Andromède, mais on introduit une femme qui n'a rien a voir, Io, et on crée une relation Persée/Io. Pour moi c'est complètement incompréhensible. Pourquoi ne pas avoir gardé la relation Persée/Andromède, c'était beaucoup plus simple et conforme à la mythologie. Si quelqu'un a compris l'intérêt de la chose, merci de me le faire savoir par commentaire.

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La fameuse Io, normalement une des maîtresse de Zeus, qui devient ici l'amante de Persée à la place d'Andromède.

Bon, donc vous avez compris, "Le choc des Titans" version 2010 pioche des éléments dans la légende de Persée pour créer une histoire qui sera prétexte à des affrontements "titanesques". D'un côté, on a des effets spéciaux plaisants : les scorpions géants dans le désert (scène reprise du film original), le kraken (qui ressemble pas trop à un kraken) impressionant, et aussi Méduse qui est, je trouve, la créature la plus réussie.

Et d'un autre côté on a des choix esthétiques d'un goût plus que douteux : le décor de l'Olympe complètement raté, les armures des dieux avec leur aspect bling-bling complètement déplacé, le personnage de Persée (incarné par Sam Worthington) avec sa coupe à ras qui fait complètement tâche au milieu des autres personnages (c'est fini "Terminator", tu es dans "Le choc des Titans" maintenant !). Je n'ai pas aimé non plus les quelques blagues malvenues disséminées dans le film. J'ai l'impression qu'on ne peut plus faire de films de nos jours sans rajouter quelques scènes comiques par-ci, par-là. D'habitude ça me gêne pas trop mais ici, encore une fois, j'ai trouvé ça déplacé.

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Le peuple des Djinns, créatures du désert. Normalement les Djinns viennent des croyances arabes et non de la mythologie grecque, mais bon ...

Le réalisateur français, Louis Leterrier, a fait du bon ("Transporteur 1", "Danny the dog"), et du moins bon ("L'incroyable Hulk"). Ce film appartient à la deuxième catégorie. Je pense qu'il aurait été plus judicieux de suivre le film original plutôt que simplement en reprendre quelques scènes et y faire des clins d'oeil (comme la chouette mécanique). Du coup, si les effets spéciaux en carton ne vous gênent pas car vous arrivez comme moi à apprécier la valeur intrinsèque d'un film quelque soit son époque, alors je vous conseillerais plutôt de regarder la version de 1980.

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Les Grées, appelées sorcières du Styx dans le film, qui vont révéler à Persée l'existence de la gorgone Méduse.

Le nouveau "Choc des titans" a à peine un arrière-goût de mythologie, ce qui ne suffit pas à contenter l'amateur de légendes que je suis. En tant que film d'aventure, il est tout juste passable, ceci dû à des choix malheureux tant au niveau du scénario que de l'esthétique. Tous les ingrédients étaient là, mais le cuisinier a foiré. Le résultat n'est pas immangeable, mais à la vue de ce qu'il y avait sur le menu, on ne peut être qu'un tantinet déçu.

Fiche technique :

  • Titre : Le choc des Titans
  • Titre original : Clash of the Titans
  • Film américain
  • Année 2010
  • Genre : aventure, fantastique
  • Réalisateur : Louis Leterrier
  • Acteurs principaux : Sam Worthington, Liam Neeson, Ralph Fiennes
  • Durée : 1h58

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En bonus, l'affiche du film original.

15:52 Publié dans Cinéma | Commentaires (7)

02/04/2010

L'ange ivre, de Akira Kurosawa (1948)

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Le docteur Sanada (Takashi Shimura) est un médecin très porté sur l'alcool qui travaille dans un quartier pauvre du Tokyo de l'après-guerre. Un soir, il reçoit la visite d'un jeune gangster, Matsunaga (Toshiro Mifune), blessé par balle à la main. Sanada le soigne mais sans l'anesthésier et en lui faisant la leçon. Il lui diagnostique également une grave maladie : la tuberculose. Mais Matsunaga refuse de suivre les ordres du médecin pour la soigner.

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C'est le premier film de Kurosawa que je critique sur mon blog, aussi je me dois de présenter ce réalisateur. C'est probablement le réalisateur japonais le plus connu à l'étranger, notamment pour ses chanbaras, dont le plus célèbre est certainement "Les sept samourais". Cependant, cela ne représente qu'une partie de sa filmographie. Kurosawa a réalisé plus d'une trentaine de films, la majorité entre 1940 et 1960, dans de nombreux genres : chanbara donc, mais aussi policier, drame, fantastique, film noir, aventure et même certains qui penchent du côté de la comédie ou du thriller. Un réalisateur très polyvalent donc, mais aussi très doué. J'ai vu pas mal de ses films et je n'ai jamais été déçu ! C'est évident, sa renommée est méritée.

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"L'ange ivre" est un drame qui présente la relation compliquée entre un médecin alcoolique et un jeune yakuza. Matsunaga contrôle le quartier mais rend des comptes au parrain de la région. Il a donc de nombreux sous-fifres sous son autorité et il n'accepte pas vraiment que le docteur Sanada lui donne des ordres concernant sa santé. Cette relation complexe est au coeur du film et bien que les deux personnages ne puissent pas s'entendre, un lien va se créer entre eux.

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Sanada aime un peu trop l'alcool et voit en Matsunaga un jeune homme en train de gâcher sa vie. C'est pourquoi il lui parle durement, se laissant souvent emporter par la colère mais simplement parce qu'il n'arrive pas à exprimer ses véritables sentiments. Matsunaga lui rapelle sa propre jeunesse où il a fait des choix qui l'ont conduit à finir dans un petit cabinet d'une pauvre banlieue, au lieu de faire une brillante carrière de médecin. C'est pourquoi il est si dur avec Matsunaga, tel un père qui aimerait que son fils fasse les bons choix, sans pour autant réussir à lui expliquer.

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Matsunaga, lui, est orgueilleux. Faisant partie de la mafia, il a l'habitude que les habitants du quartier le traite avec respect et ne supporte pas les excès de colère du vieux docteur. C'est montré indirectement à l'écran mais il s'inquiète pourtant de sa maladie. Il tente de suivre les instructions du docteur mais à chaque fois qu'ils se voient, il finit par l'empoigner pour le remettre à sa place. De plus, suivre un régime sans alcool et sans femmes, quand on est yakuza et que l'on doit trinquer avec son supérieur, n'est pas toujours évident. Ce qui attise encore plus la colère du docteur.

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Le bidonville où se passe l'histoire.

C'est intéressant de voir à quel point un problème de communication peut compliquer une situation. Séparéments, Sanada et Matsunaga sont montrés sous leur meilleur jour, pleins de bonnes intentions envers l'autre mais dès qu'ils se rencontrent, cela finit toujours mal. Les acteurs sont très bons dans leur rôle. Sanada est incarné par Takashi Shimura. J'en ai déjà parlé plusieurs fois, c'est un très bon acteur qui est souvent présent dans les films de Kurosawa depuis ses débuts, que ce soit en tant qu'acteur principal ou secondaire. Matsunaga est incarné par Toshiro Mifune, dont c'est la première collaboration avec le réalisateur. C'est également un acteur de grand talent qui deviendra, comme Takashi Shimura, un régulier des films de Kurosawa ("Chien enragé", "Les sept samourais", "Les salauds dorment en paix" etc...).

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Comme d'habitude chez Kurosawa, "L'ange ivre" est un bon film qui contient de très belles scènes. Le scénario est simple mais le film est très profond. De plus, Takashi Shimura et Toshiro Mifune sont excellents.

Fiche technique :

  • Titre : L'ange ivre
  • Titre original : Yoidore tenshi
  • Film japonais
  • Année 1948
  • Genre : drame
  • Réalisateur : Akira Kurosawa
  • Acteurs principaux : Toshiro Mifune, Takashi Shimura, Michiyo Kogure
  • Durée : 1h38

14:05 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

31/03/2010

Daybreakers, de Michael et Peter Spierig (2010)

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Dans un futur proche, les vampires ont dominé la planète. A l'origine une minorité, ils représentent maintenant 95% de la population mondiale. La plupart des humains restants sont élevés pour fournir aux vampires le sang dont ils ont besoin pour subsister. Les autres humains se cachent et sont traqués par les vampires dont les réserves de sang ne suffisent plus pour subvenir aux besoins de la population. Edward est un scientifique qui travaille à l'élaboration d'un sang de synthèse qui permettrait à sa race de ne plus avoir besoin des humains et de mettre fin à la pénurie. Un jour, il va croiser un groupe de rebels humains qui sont pourchassés. L'un d'eux, Elvis, va lui faire une révélation qui va tout changer : il existe un "remède" qui permettrait aux vampires de redevenir humains. Elvis, lui-même, est un ancien vampire.

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Edward et Elvis.

"Daybreakers" est le deuxième film des frères Spierig. En 2003, ils ont réussi à montrer leur talent avec "Undead", un croisement surprenant entre film de zombies et science-fiction. Malgré un budget ridicule (moins d'un million de dollars), le résultat était incroyable : des effets spéciaux bien gores et des scènes d'action où le héros (un fermier) n'avait rien à envier à Néo dans "Matrix". Jouant également la carte de l'humour, au final "Undead" était particulièrement plaisant.

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Tous des vampires.

Cela a permis aux deux frères de revenir pour un deuxième film avec un budget cette fois bien plus élevé (21 millions de dollars). Toujours décidés à ne pas faire comme les autres, ils nous offrent une vision nouvelle du film de vampires. Alors qu'en général dans ce genre de films, les vampires sont toujours une minorité (quand il n'y en a pas qu'un seul) et finissent en principe exterminés pour la plupart avant le générique de fin. Mais que se passerait-il donc si les vampires survivaient à leurs chasseurs et qu'à force de mordre des humains, ils finissaient par devenir l'espèce dominante de la planète ? Idée intéressante et c'est justement le scénario de "Daybreakers".

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La population mondiale a été transformée et on ne croise plus que des gens aux dents longues partout. Et ils se sont adaptés. Aménagements sous-terrains pour pouvoir circuler dans la ville en plein jour, voitures aux vitres opaques et écrans de contrôles multidirectionnels pour se déplacer rapidement en surface etc... Le soir, les gens sortent et au lieu de se boire une bière, ils consomment un petit godet de sang humain. Mais attention, la pénurie guette et la population commence à s'inquiéter. Tout comme on trouve aujourd'hui dans les supermarchés des jus de fruits chimiques marqués "Contient au moins 50% de fruits", dans "Daybreakers" les vampires achètent des boissons qui contiennent "Au moins 20% de vrai sang humain". J'ai trouvé la comparaison amusante.

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Mais que se passe-t-il lorsqu'un vampire ne s'approvisionne plus en sang ou décide par désespoir d'ingérer du sang de vampire ? Il souffre de dégénérescence qui le change en une créature bestiale, dépourvue de raison et qui finit par dépérir. Il y a donc des vampires qui aimeraient redevenir humains, qui se répugnent à consommer du sang alors que d'autres voient cela comme une bénédiction : vie éternelle, plus de maladie etc... Charles Bromley, le dirigeant de la principale compagnie éleveuse d'humains, est de ceux-là. Il est incarné par l'acteur Sam Neill qu'on a pas l'habitude de voir incarner un "méchant" mais que j'aime bien.

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Un vampire en manque.

"Daybreakers" fait une réflexion intéressante sur un thème souvent abordé au cinéma. C'est original, bien pensé, peut-être un peu court (j'ai trouvé que certains événements auraient pu être un peu plus développés car le sujet est vaste) mais au moins on ne s'ennuit pas. De plus, le dénouement est vraiment bien trouvé ! Je ne suis pas trop films de vampires mais celui-là sort du lot et c'est très bien !

Fiche technique :

  • Titre : Daybreakers
  • Film américain, australien
  • Année 2010
  • Genre : vampire, science-fiction
  • Réalisateurs : Michael et Peter Spierig
  • Acteurs principaux : Ethan Hawke, Sam Neill, Willem Dafoe
  • Durée : 1h38

20:00 Publié dans Cinéma | Commentaires (3)

29/03/2010

2012, de Roland Emmerich (2009)

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Année 2009. Des astrophysiciens découvrent qu'une éruption solaire d'une ampleur jamais vue à augmenté considérablement le rayonnement de neutrinos auquel est soumise la Terre. La conséquence est l'augmentation de la température du coeur de la planète. Au cours du G8, les dirigeants des différents pays sont mis au courant. La situation est grave et le monde est, à terme, condamné. Cependant, l'information est gardée secrète.

Année 2012. Les scientifiques l'avaient prévu, les premiers signes de la grande catastrophe commencent à apparaître. La croûte terrestre se fissure et les plaques commencent à se déplacer, provoquant séïsmes et raz-de-marée. Jackson Curtis, un père de famille divorcé, rejoint son ex-femme et ses enfants pour tenter d'échapper au cauchemar.

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J'en suis certain, quand Roland Emmerich était petit, il devait passer son temps à construire des trucs en LEGO pour tout détruire ensuite. Après avoir ravagé la Terre une première fois avec des martiens dans "Independance Day", c'est une vague de froid qui a congelé la planète dans "Le jour d'après". Et maintenant, ce sont des mouvements tectoniques qui transforment notre bonne vieille Terre en enfer.

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Crac !

Je n'ai jamais vu autant de trucs qui s'écroulent dans un seul film. On assiste pendant deux heures à la démolition de tout ce qui apparaît à l'écran. Ville qui s'ouvre en deux, immeubles qui s'effondrent, avions qui s'écrasent, volcans qui surgissent, raz-de-marée qui engloutissent tout etc... C'est sûr, on en prend plein les yeux. Si l'on est même équipé d'un bon système audio 5.1, on en prend aussi plein les oreilles. Ca craque, ça brûle, ça explose, ça s'écroule tout autour de nous. Le volume des effets sonores est peut-être même un peu trop élevé par rapport à celui des dialogues, mais bon...

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Floush !

Alors oui, le film est très beau, oui, les effets spéciaux sont superbes mais non, il n'y a rien d'autre d'intéressant dans le film. On passe sur le scénario un peu léger avec un fond de conspiration destinée à sauver seulement les privilégiés. De plus, toutes les situations que vivent les personnages ont été vues et revues. Même le coup du père divorcé qui revient pour ses enfants on nous l'a déjà fait plein de fois. Les autres personnages sont ridicules. Tout comme plein de scènes du film, comme par exemple celle où un avion cargo arrive à décoller d'une piste qui fait 50 m de long.

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Crac !

Ce ne sont pas non plus les scènes cucul à l'américaine comme, quand le président des Etats-Unis préfère se sacrifier pour rester avec son peuple condamné plutôt que de se sauver, qui remonteront le niveau. Des fois, on est même à la limite du mauvais goût, quand le géologue fait un beau discours sur la valeur de la vie humaine afin de sauver quelques centaines de personnes qui n'ont été épargnées que parce qu'elles sont bourrées de fric (vous comprendrez en voyant le film) on oublie un peu vite qu'à côté des milliards d'autres personnes sont mortes atrocement...

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Boum !

"2012", c'est beau, mais c'est surtout complètement vide. A part les effets spéciaux, tout le reste est à jeter. A ne voir que pour ça donc. Et attention, deux heures de démolition, c'est long...

Fiche technique :

  • Titre : 2012
  • Film américain
  • Année 2009
  • Genre : film catastrophe
  • Réalisateur : Roland Emmerich
  • Acteurs principaux : John Cusack, Chiwetel Ejiofor, Amanda Peet
  • Durée : 2h40

15:23 Publié dans Cinéma | Commentaires (2)

26/03/2010

Mort ou vif, de Sam Raimi (1995)

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John Herod (Gene Hackman) est un ancien brigand reconverti en administrateur de la ville de Redemption. Il est craint de tous les habitants et leur impose une "redevance" pour leur sécurité qui n'est tout simplement qu'une extorsion. Il organise cependant, une fois par an, un tournoi de duels au revolver dont le gagnant empoche la somme de 123000 dollars. Cela lui permet de garder les gens sous contrôle et de permettre à ceux qui voudraient le défier de tenter leur chance légalement. Malheureusement, Herod est un tireur extrêmement rapide et habile et personne d'autre que lui n'a jamais réussi à gagner le tournoi.

Mais cette année, quelques candidats un peu spéciaux s'inscrivent. Le fils d'Herod (Leonardo DiCaprio), qui cherche la reconnaissance de son père, Cort (Russel Crowe), un prêtre qui aurait, dit-on, fait parti de la bande à Herod avant sa reconversion et forcé par ce dernier à s'inscrire et enfin, une mystérieuse jeune femme (Sharon Stone) qui semble également être une fine gachette.

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Sam Raimi est un très bon réalisateur qui a fait des films dans des domaines très variés (horreur avec "Evil dead", adaptation de comics avec "Darkman" et "Spider-man" ou encore comédie avec "Mort sur le grill") et le résultat a toujours été plaisant. Il nous propose ici un western avec un thème particulier : le duel au revolver. C'est plutôt original et, Sam Raimi oblige, très spectaculaire.

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L'ambiance, déjà, nous plonge directement dans le Far West du 19e siècle. De chouettes paysages aux couleurs retravaillées et aux dominances de tons jaunes et orangés. Deux scènes sont absolument éblouissantes, le coucher de soleil de l'avant-dernier jour du tournoi et la scène du cimetière, sous la pluie. Magnifiques. Quelques jeux d'ombre et de lumière sont également à noter, bien que cela enlève un peu de réalisme au film, ça produit son effet. Le réalisme, justement, est un peu attaqué par l'exagération de certaines scènes de tir. Mais on ne tombe toutefois pas dans la démesure et le film assume complètement son côté spectaculaire. Moi, j'aime bien.

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Les duels, eux, sont parfaitement mis en scène. On assiste parfois à certains effets de caméra très réussis pour montrer la tension entre les duellistes. C'est un peu difficile à décrire : un zoom arrière qui fait s'éloigner légèrement l'arrière plan alors que le personnage reste à la même taille. Cela donne l'impression que la caméra zoome sur le personnage pour le mettre en valeur alors que c'est l'inverse. Il faut voir pour comprendre, je ne sais pas si cela porte un nom mais c'est utilisé à plusieurs reprises et c'est pas mal fait. Je ne crois pas avoir déjà vu ça dans un autre film.

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Y'a pas à dire, Sharon Stone, elle porte bien le chapeau.

Le casting, quant à lui, est assez luxueux. Gene Hackman interprète à la perfection son personnage impitoyable. Leonardo DiCaprio est passable en fiston qui cherche à gagner le respect de son père. J'ai trouvé que le personnage de Russell Crowe n'est pas assez développé, j'aurais aimé en apprendre un peu plus sur lui mais l'acteur joue pas mal.

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Même avec un cigarillo au coin des lèvres, je la trouve adorable.

Là où j'ai vraiment été impressionné, c'est par la prestation de Sharon Stone. Elle est absolument délicieuse en pistolero vengeresse. Ce n'est pas courant une femme héroïne de western et j'avais peur que le résultat soit un peu cliché, voire gnangnan. Mais non, elle réussit à donner beaucoup de caractère à son personnage. Rien à dire, elle est superbe. A noter, également, la présence dans le film de Tobin Bell et Lance Henriksen (le tueur de "Saw" et l'androïde Bishop d'"Alien 2", pour ceux à qui les noms ne disent rien).

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C'est pas possible d'être jolie à ce point là !

"Mort ou vif" est un véritable régal à tout point de vue. Beau, intéressant, passionnant, de l'action, des supers acteurs et une Sharon Stone divine. J'ai a-do-ré !

Fiche technique :

  • Titre : Mort ou vif
  • Titre original : The Quick and the Dead
  • Film américain
  • Année 1995
  • Genre : western
  • Réalisateur : Sam Raimi
  • Acteurs principaux : Sharon Stone, Gene Hackman, Russell Crowe
  • Durée : 1h48

19:04 Publié dans Cinéma | Commentaires (2)