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24/03/2010

Saw VI, de Kevin Greutert (2009)

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Jigsaw, le tueur aux puzzles, est maintenant décédé. Il a cependant pris grand soin à ce que son oeuvre continue après sa mort. L'agent de police Hoffman, désigné par Jigsaw comme son héritier et apprenti, suit les instructions posthumes de ce dernier pour organiser un nouveau jeu macabre.

La cible du jugement impitoyable de Jigsaw est cette fois le dirigeant d'une grande compagnie d'assurance vie, William Easton. William ne voit en ses clients qu'une source de revenus pour sa société et refuse les dossiers des gens malades et de ceux dont l'espérance de vie est incertaine. Mais une fois dans le piège de Jigsaw, il sera confronté à la dure réalité de la vie et devra affronter directement les conséquences de ses choix, chose qu'il n'a jamais faite quand il était derrière son bureau. Les sacrifices qu'il fera pourront peut-être lui permettre de s'en sortir en vie.

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Jigsaw apparaît encore dans de nombreux flashbacks.

Quatrième changement de réalisateur pour cette série depuis le premier épisode de James Wan. "Saw" était original, bien ficelé, scénario complexe, une fin hallucinante, bref, un succès. "Saw II", changement de réalisateur, tentative de réïtérer l'exploit sans parfaitement y parvenir mais en conservant tout de même une fin surprenante, un "twist final" qui devient un élément incontournable de la série.

"Saw III" était plus intéressant mais aussi beaucoup plus gore et plus violent. "Saw IV" était devenu trop complexe, voire même confus et le twist final n'était pas évident à comprendre. A nouveau, changement de réalisateur pour "Saw V". Cet épisode se voulait explicatif, il expliqua de nombreux points obscurs de "Saw IV" et étoffa l'histoire de la série en développant énormément les personnages. On sentait une volonté de se rapprocher de l'esprit du "Saw" original. Cependant, le twist final était attendu et n'a probablement surpris personne. On arrive enfin au sixième épisode.

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Qu'êtes-vous prêt à sacrifier pour sauver une vie ?

La saga Saw est à voir comme un ensemble. "Saw VI" pourrait être vu indépendamment des autres, cela n'empêcherai pas de comprendre ce qui arrive à William Easton. Cependant, comme l'épisode précédent, pas mal d'explications sont données sur l'histoire de la série en général et quelqu'un qui n'y est pas familier sera peut-être un peu perdu lors des références à des scènes des anciens films et des flashbacks.

On en apprend donc toujours un peu plus sur Jigsaw, lorsqu'il était malade et qu'il a justement déposé un dossier dans la société de William Easton. Ce dernier, voyant que Jigsaw avait un cancer, avait refusé de l'aider. C'est aussi un peu ce qui fait le succès de la série. Les mises en scène du tueur sont toutes d'une sauvagerie incroyable mais il ne choisit que des salopards pour y participer et qui ont toujours, en principe, un moyen de s'en sortir vivant. Comme il le dit, c'est un test qui leur permet de se racheter et de leur faire comprendre la valeur de la vie humaine. Ironique.

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Qu'êtes-vous prêt à sacrifier pour sauver VOTRE vie ?

Le passé d'Hoffman est également un peu développé, surtout du temps où il était l'apprenti de Jigsaw avec Amanda. Parallèlement au jeu de William, la police enquête toujours et semble se rapprocher d'Hoffman. Malheureusement, dans "Saw VI", pour la première fois, il n'y a pas de twist final. La fin est encore plus attendue que dans "Saw V". Il y a tellement d'indices donnés au cours du film que le dénouement n'offre absolument aucune surprise. C'est un peu décevant. Le film en lui-même n'a rien d'exceptionnel non plus. Pas mauvais, c'est toujours intéressant de développer l'histoire, mais on sent qu'il manque quelque chose.

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"Saw VI" est un bon épisode, sans plus. Les amateurs de gore seront servis (on est quand même loin de "Saw III"), les autres apprécieront le scénario. On regrettera l'absence de twist final comme aux premières heures de la série. Le constat est là : la saga commence à s'essoufler, il serait bon d'y mettre un terme avant qu'elle ne commence à plonger.

Fiche technique :

  • Titre : Saw VI
  • Film américain
  • Année 2009
  • Genre : horreur
  • Réalisateur : Kevin Greutert
  • Acteurs principaux : Tobin Bell, Costas Mandylor, Betsy Russell
  • Durée : 1h30

14:48 Publié dans Cinéma | Commentaires (5)

22/03/2010

La faille, de Gregory Hoblit (2007)

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Ted Crawford (Anthony Hopkins) découvre que son épouse le trompe. Il va élaborer un plan qui lui permettra de se venger d'elle et de se débarrasser de son amant, le meurtre parfait. Un soir, il met son plan à éxécution et abat sa femme en faisant bien attention à ce que les coups de feu soient entendus et que la police soit prévenue par des témoins. Lorsqu'elle arrive sur les lieux, Ted fait entrer l'inspecteur Rob Nunally pour qu'il découvre le corps ensanglanté de sa femme, qui vit encore. Rob s'aperçoit avec horreur que la victime était la femme avec qui il couchait mais qui ne lui avait jamais révélé son nom : Madame Crawford. Tous les rouages du plan de Ted sont maintenant en place.

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Le scénario est simple mais extrêmement efficace. Il met en scène le procès de M. Crawford pour le "meurtre" de sa femme qui se passe tôt dans le film. Ce n'est pas vraiment un meurtre puisqu'elle n'est pas morte, elle restera dans le coma, incapable de parler. L'inspecteur Nunally a des enjeux dans ce procès. Il n'est pas sûr que Ted sache que c'était lui l'amant de sa femme et si cela se découvre, il pourrait avoir des problèmes. Cela remettrait également en cause toute l'affaire puisque c'est lui qui a pris la déposition de Ted où il avoue le meurtre.

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Ted, lui, jubile. Le jeu d'Anthony Hopkins est génial. On prend un malin plaisir à le voir ridiculiser le juge et l'avocat général au fur et à mesure que tous se rendent compte qu'ils n'ont finalement aucune preuve contre lui. L'arme que possédait Ted n'est pas celle du crime et cette dernière est introuvable bien que des témoins ont certifié qu'il n'a pas quitté son domicile entre les coups de feu et l'arrivée de la police. C'est jouïssif de voir Ted se moquer du monde en refusant d'avoir un avocat, d'assurer lui-même sa défense et de sourire à toute la cour alors qu'il est accusé de meurtre.

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Cela ennerve particulièrement l'avocat général en charge de l'affaire, Willy Beachum (Ryan Gosling), qui met un point d'honneur à faire condamner Ted. C'est un jeune et brillant avocat qui était sur le point d'intégrer un prestigieux cabinet. Mais son humiliation au cours du procès pourrait tout remettre en question. Il va s'acharner à trouver des preuves, notamment l'arme du crime qui a mystérieusement disparue. Il y a ainsi dans cette affaire plusieurs intervenants et chacun risque gros.

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"La faille" est un film que j'ai bien aimé. Rien que pour voir la prestation de Hopkins au tribunal, cela vaut vraiment le coup.

Fiche technique :

  • Titre : La faille
  • Titre original : Fracture
  • Film américain, allemand
  • Année 2007
  • Genre : policier, thriller
  • Réalisateur : Gregory Hoblit
  • Acteurs principaux : Anthony Hopkins, Ryan Gosling, David Strathairn
  • Durée : 1h48

17:43 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

18/03/2010

The descent : part 2, de Jon Harris (2009)

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Sarah, seule survivante d'une expédition spéléologique dans les grottes des Appalaches, parvient enfin à remonter à la surface. Les recherches pour retrouver les six jeunes femmes disparues n'avaient rien donné mais le fait de trouver une rescapée permet de remonter une équipe de sauvetage. Sarah, bien qu'en état de choc, est incluse dans le groupe par le shérif local afin de guider l'expédition auquel il se joint également. Elle va à nouveau devoir faire face aux créatures auquelles elle avait réussi à échapper.

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Disons le tout de suite, "Descent 2" sent complètement le réchauffé. Le premier était vraiment très bien. Il racontait les aventures d'un groupe de six jeunes femmes descendant dans une grotte inexplorée et qui finissait par rencontrer des créatures humanoïdes aveugles à la peau diaphane, aux crocs acérés et à l'ouïe très fine. Original et même crédible, c'était un bon film d'épouvante-horreur. Sa suite est purement commerciale et n'apporte aucune nouveauté.

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Le scénario, déjà, est débile. Sarah ressort de son aventure traumatisée, incapable de parler, mais le shérif se dit quand même que ça fera un bon guide et paf, il la sort de l'hopital et la renvoie sous terre. Là où ça devient complètement ridicule c'est qu'une fois que ce groupe de secours commence à se faire grignoter par les créatures, Sarah reprend ses esprits et commence à parler. Alors que tout le monde panique autour d'elle, elle fait preuve de nerfs d'acier et prend carrément la direction des opérations. Mais bien sûr.

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En plus, dans ce film, tout est déjà vu. Les mêmes créatures que dans le premier, quasiment les mêmes situations, très peu d'innovation. Du coup, pour se démarquer, le réalisateur (qui n'est pas le même que pour le premier film) décide cette fois de bien accentuer le côté gore. Il y a beaucoup de scènes atroces et de l'hémoglobine par litres (quoique le précédent avait aussi sa dose de sang si je me souviens bien). Trop quelconque ou trop proche du premier volet, cette fois la recette ne prend pas.

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Cette suite ne parvient pas du tout à égaler "The descent". On a essayé d'en reprendre les caractéristiques mais sans innover et en le faisant basculer dans le film d'horreur quelconque.

Fiche technique :

  • Titre : The descent - part 2
  • Film britannique
  • Année 2009
  • Genre : horreur
  • Réalisateur : Jon Harris
  • Acteurs principaux : Shauna Macdonald, Natalie Jackson Mendoza, Gavan O'Herlihy
  • Durée : 1h33

19:44 Publié dans Cinéma | Commentaires (2)

17/03/2010

Le parfum de la dame en noir, de Bruno Podalydès (2005)

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Après avoir mené l'enquête dans l'affaire du mystère de la chambre jaune, Rouletabille offre à nouveau ses services à un couple fraichement marié, Mathilde et Robert Darzac. Ils se rendent dans le château d'Hercule mais le bandit Larsan à été aperçu dans les parages. Rouletabille fait barricader le château et est bien décidé à protéger ses pensionnaires.

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Le résumé est un peu succinct, je m'en excuse. Il faut dire, c'est assez rare pour que je le souligne, que je n'ai rien compris au film. Premier gros défaut, il y a beaucoup de références au "Mystère de la chambre jaune". Pas de chance, j'ai vu ce film il y a un bon moment et je ne m'en souviens plus trop. Donc, déjà pour moi, dès le départ, c'était cuit. Ensuite, il y a beaucoup de personnages et on ne les présente pas. Du coup, impossible de connaître leur relation. J'imagine que certains étaient déjà présents dans le précédent film mais c'est aberrant de considérer que le spectateur connait déjà tout et qu'aucun rappel n'est nécessaire. Là encore, ça n'a pas facilité ma compréhension de l'histoire.

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Le scénario est extrêmement confus. Dès le début du film, on ne comprend rien. La scène avec la mort du fakir, je n'ai toujours pas compris son intérêt, même si juste après on nous explique que c'était Larsan. Là, quand même, après un effort de mémoire considérable, je me suis souvenu que Larsan c'était le bandit qu'avait laissé filer Rouletabille à la fin du premier film. Ah ! J'avais au moins compris un truc. Mais pourquoi on nous montre sa "mort", ça, je n'ai pas compris. Dans la scène suivante, Rouletabille retourne sur un lieu de son passé, nous parle d'une dame en noir sans que l'on comprenne de qui il s'agit et part soudainement à la rescousse du couple marié. Toujours aussi incompréhensible. Des faits se déroulent sous nos yeux sans que l'on comprenne vraiment ce qu'il se passe.

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Contrairement au "Mystère de la chambre jaune", il n'y a ici aucun mystère à élucider. Tout le scénario repose sur le fait que les gens du château sont effrayés de savoir que Larsan pourrait se trouver dans les parages (on ne comprend pas pourquoi) et sur le fait que Rouletabille pense qu'il a pénétré le château et qu'il se serait déguisé en l'un des occupants. Je n'ai par contre pas compris non plus pourquoi Larsan voudrait à tout prix pénétrer dans ce château ni quel est le rapport avec le couple marié. On assiste alors à des scènes parfois complètement imbéciles où par exemple Rouletabile se demande si Larsan n'aurait pas pris l'apparence d'une des femmes du château (j'ai beau ne pas être physionomiste, faudrait quand même voir à ne pas prendre le spectateur pour un con) ou celle où Mathilde est attaquée par un inconnu dans sa chambre, un soir, alors que la pièce n'est pas éclairée. Son mari vient à sa rescousse mais Mathilde refuse, pour une raison inconnue, d'allumer la lumière. Son mari se débarrasse alors du corps de l'aggresseur, sans savoir de qui il s'agit. Rouletabille lui demandera plus tard qui était cet aggresseur dont il a fait disparaître le corps, il répondra : "Euh, pfffff, ben, je ne sais plus". Ce corps sera donc un des "mystères" que Rouletabille éclaircira. Consternant.

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J'ajoute à cela que la fin a été pour moi tout aussi incompréhensible que le reste. Après une révélation foireuse, Rouletabille se lance dans des explications qui résolvent même des problèmes que je n'avais pas relevé. Je peux encore parler du jeu lamentable des acteurs. Une actrice parle parfois tellement vite que ses dialogues sont inintelligibles (ce qui rajoute encore une dose de frustration). Globalement, on a l'impression d'assister à une répétition du film. Comme si les acteurs s'entraînaient à jouer leur scène sans qu'on les ai prévenu que la caméra tournait (heureusement ce n'est pas tout le temps le cas). De plus, on se demande pourquoi ça s'appelle la dame en noir. Si on a compris qui c'était, on se demande quel est le rapport avec le reste du film. Je termine sur l'humour du film qui des fois fait rire, des fois pas.

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Beaucoup trop confus, pas assez mystérieux, des scènes idiotes, trop de personnages, en somme, trop de choses à revoir. "Le mystère de la chambre jaune" : oui. C'était un bon film policier. "Le parfum de la dame en noir" : non. C'est un navet.

Fiche technique :

  • Titre : Le parfum de la dame en noir
  • Film français
  • Année 2005
  • Genre : policier, comédie
  • Réalisateur : Bruno Podalydès
  • Acteurs principaux : Denis Podalydès, Jean-Noël Brouté, Sabine Azéma
  • Durée : 1h55

22:10 Publié dans Cinéma | Commentaires (1)

16/03/2010

King Kong (version longue), de Peter Jackson (2005)

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Le réalisateur Carl Denham engage pour son prochain film d'aventure une actrice sans emploi, Ann Darrow. Pour le tournage, Carl souhaite se rendre sur l'île du Crâne où la population indigène locale vénère une créature légendaire appelée King Kong. Ils montent à bord du navire "Le Venture" et voguent vers leur destination. Arrivé sur place, l'équipage se rend sur l'île où ils rencontrent les autochtones qui se révèlent peu accueillants. Après une escarmouche, ils retournent sur Le Venture. Mais un groupe d'indigènes s'infiltre sur le navire et capture Ann Darrow pour l'offrir en sacrifice à King Kong. L'équipage se mobilise pour la secourir mais arrivés sur place, ils ne peuvent que contempler impuissants un singe gigantesque qui arrache Ann Darrow de ses liens et l'emporte vers la jungle.

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Cette adaptation de Peter Jackson rend hommage au tout premier film de 1933. Alors que les autres remakes se démarquaient assez librement du scénario original, Peter Jackson a décidé de reprendre très exactement le scénario et les personnages originaux... avec les moyens de maintenant. Le résultat est vraiment superbe. Que ce soit King Kong lui-même ou les autres dinosaures, tous sont très réalistes. Les décors ne sont pas en reste et la jungle est également magnifique.

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Peter Jackson étoffe même le film en rajoutant de nombreuses scènes supplémentaires. Dans le "King Kong" de 1933, une scène avec une araignée géante avait été supprimée après la première projection du film car elle avait trop effrayé les spectateurs. Cette scène a donc été rajoutée, comme beaucoup d'autres (le film est deux fois plus long que l'original). Cela permet de mieux présenter les personnages au début du film (Ann Darrow qui perd son emploi, Carl Denham qui a des problèmes avec ses producteurs...) et également d'approfondir leur relation. Une fois sur l'île, ce sont des rencontres entre l'équipage du Venture et différentes nouvelles créatures de l'île qui sont ajoutées.

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La version longue du film rajoute 13 minutes par rapport à la version cinéma qui durait déjà plus de trois heures. La première est une scène avec un tricératops enragé qui charge le groupe d'aventurier. Scène explosive mais qui fait perdre un peu de son charme à celle où le groupe découvre normalement les dinosaures en voyant un troupeau de brontosaures. Plus tard, lorsqu'ils sont sur un radeau, ils se font attaquer par des créatures aquatiques. Une autre scène mineure présente une créature qui ressemble à une autruche. Enfin, plusieurs autres scènes ont été rallongées. Ces ajouts sont donc assez sympathiques.

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Le travail du réalisateur a été très respectueux. Beaucoup de scènes offrent le même cadrage que le premier film, les ajouts ont été fait sans dénaturer l'atmosphère de l'oeuvre et les moyens technique d'aujourd'hui permettent un résultat vraiment spectaculaire. Un certain nombre d'accessoires d'époque ont même été réutilisés. Du très beau travail, sans conteste la meilleure version de toutes. Peter Jackson nous offre un grand moment de cinéma.

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Fiche technique :

  • Titre : King Kong
  • Film américain, néo-zélandais
  • Année 2005
  • Genre : aventure, film de monstre
  • Réalisateur : Peter Jackson
  • Acteurs principaux : Naomi Watts, Jack Black, Adrien Brody
  • Durée : 3h21

13:56 Publié dans Cinéma | Commentaires (2)

15/03/2010

Un singe en hiver, de Henri Verneuil (1962)

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Juin 1944. Albert Quentin (Jean Gabin) est un ancien fusilier marin qui tient, avec sa femme Suzanne, l’hôtel Stella dans le village de Tigreville, sur la côte normande. Il cultive un penchant pour l'alcool dont l'ivresse le fait voyager dans son passé, à l'époque où il se trouvait en Chine avec ses compagnons d'arme. Mais la détresse de sa femme qui, en plus d'affronter les horreurs de la guerre, doit supporter ses divagations, le fait revenir à la réalité. Il lui promet alors que s'ils s'en sortent, il ne boira plus une goutte d'alcool. La guerre se termine et Albert tient sa promesse.

Quinze ans plus tard, un homme débarque dans leur hotel. Cet homme, Gabriel Fouquet (Jean-Paul Belmondo), est venu à Tigreville pour retrouver sa fille qui est dans un pensionnat mais n'ose pas la rencontrer. Sa femme l'a quitté lui et sa fille et est repartie en Espagne. Gabriel a du mal à gérer cette situation et se plonge dans l'alcool. Albert se prend d'affection pour le jeune homme. Ils vont finir par partager, un soir, une gigantesque cuite.

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Film vu par hasard mais assez sympathique. Ce film n'est évidemment pas à prendre pour exemple à une époque où on nous rabat les oreilles avec "L'abus d'alcool est dangereux pour la santé" (ce qui est vrai, remarquez). Cependant dans ce film, Albert et Gabriel n'ont pas l'alcool mauvais. Albert explique à Gabriel que si l'ivresse le fait voyager jusqu'en Espagne, pour lui, cela l'emmène jusqu'au Yang-Tsé-Kiang.

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Si je n'ai rien trouvé de transcendant dans le jeu de Belmondo, Jean Gabin lui est exceptionnel (tant quand il joue un personnage ivre que sobre). Touchant même, dans certains dialogues avec sa femme ou quand il évoque son passé. Pas mal d'humour, quelques répliques cinglantes (les dialogues sont de Michel Audiard) et un final explosif et spectaculaire. Un film drôle et émouvant.

Fiche technique :

  • Titre : Un singe en hiver
  • Film français
  • Année 1962
  • Genre : comédie
  • Réalisateur : Henri Verneuil
  • Acteurs principaux : Jean-Paul Belmondo, Jean Gabin, Noël Roquevert
  • Durée : 1h45

13:12 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

13/03/2010

Harcelés, de Neil LaBute (2008)

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Chris et Lisa emménagent dans une superbe propriété de Lakeview Terrace. Cela n'est pas vraiment du goût de leur voisin Abel Turner, qui désapprouve leur relation "interraciale". Abel est un père célibataire sévère et un policier qui prend très à coeur la sécurité du quartier en effectuant notamment des rondes tous les soirs, ce que semble apprécier les habitants de Lakeview Terrace qui le connaissent bien. Mais l'accueil qu'il va réserver au nouveau couple va être particulièrement froid, allant jusqu'à les faire comprendre qu'ils ne sont pas les bienvenus ici et les harceler au quotidien. Lorsque Chris décide de ne pas se laisser impressionner et de faire face, le conflit dégénère.

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"Harcelés" joue la carte du racisme primaire pour justifier un conflit de voisinage qui tourne vite à l'horreur. Cependant, Chris a beau ne pas être le voisin parfait, difficile d'en vouloir à ce brave type qui essaye à plusieurs reprises de calmer le jeu. Pourtant Abel récidive dans les coups tordus qu'il leur joue. Scénario pas toujours très crédible donc, mais c'est un thriller, il faut donc impérativement créer une atmosphère de tension quitte à s'éloigner du réalisme.

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J'en veux pour exemple la scène où Abel organise chez lui, en semaine, l'enterrement de vie de garçon d'un de ses collègues policier et met la musique à fond jusque 3h du matin pour empêcher Chris et Lisa de dormir. Bizarrement, à part eux, aucun autre voisin du quartier n'est gêné. Lorsque Chris se déplace pour faire cesser le vacarme, il est réexpédié dans la rue manu militari ; le film montre ainsi que tous les policiers sont des sales cons égoïstes, comme Abel. Scène un peu bizarre.

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Bizarre, comme l'acharnement d'Abel sur le couple alors qu'il possède de nombreuses relations et amis "blancs". On a alors un peu de mal à comprendre ce comportement violent, même si vers la fin du film une explication partielle (liée à sa femme) est donnée. Mais peut-être que j'ai trop tendance à analyser les films et à critiquer les détails. Samuel L. Jackson joue très bien son personnage détestable à souhait et qui fait froid dans le dos. Comme je l'ai déjà dit, c'est un thriller, la tension est là et c'est probablement le principal. Pour peu que l'on ne soit pas trop regardant, c'est un film qui remplit son rôle.

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Fiche technique :

  • Titre : Harcelés
  • Titre original : Lakeview Terrace
  • Film américain
  • Année 2008
  • Genre : thriller
  • Rélisateur : Neil LaBute
  • Acteurs principaux : Samuel L. Jackson, Kerry Washington, Patrick Wilson
  • Durée : 1h51

15:10 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)