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15/02/2010

Le testament du Dr Mabuse, de Fritz Lang (1933)

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Le génie du mal, le Dr Mabuse, est interné dans un établissement psychiatrique. Replié sur lui-même, à cause des fantômes de son passé qui le hantent, il passe ses journées à couvrir des feuilles de papier d'inscriptions qui n'ont aucun sens. Hofmeister, un ancien policier, a découvert en enquêtant dans une imprimerie, une organisation criminelle. Alors qu'il essaye d'en informer le commissaire Lohmann, il est attaqué. On le retrouvera plusieurs jours plus tard ayant perdu la raison. Le docteur Kramm, un des collègues du Dr Baum qui soigne Mabuse, découvre par hasard dans les inscriptions de ce patient des liens avec des affaires criminelles relatées dans le journal. Kramm sera retrouvé mort deux heures plus tard. Le commissaire Lohmann, qui s'occupe des deux enquêtes Hofmeister et Kramm, va découvrir un nom qui apparait dans les deux affaires : le Dr Mabuse.

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"Le testament du Dr Mabuse" est le deuxième film sur le personnage du docteur Mabuse. Le premier s'appelle "Docteur Mabuse, le joueur". C'est un film muet de 1922 qui est composé de deux parties, pour un total de 4h30. Il raconte l'histoire de M. Mabuse, docteur en psychologie et maître du déguisement. Il abuse des gens en les arnaquant et en utilisant l'hypnotisme. Il commet de nombreux meurtres et fini par voir les fantômes de ses victimes et perd la raison. C'est ainsi que commence ce film, le Dr Mabuse est interné et suivi par le Dr Baum.

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Contrairement au précédent, ce film n'est pas muet. L'enquête du commissaire Lohmann est au centre de l'histoire et les dialogues sont donc les bienvenus. Le spectateur est face à un mystère : qui est la fameuse personne qui donne des ordres aux différentes sections criminelles qui agissent en ville et que l'on ne voit jamais ? Est-ce le Dr Mabuse ? Un intermédiaire ou un imitateur ? Le mystère sera levé au milieu du film au court d'une scène sans parole et superbement tournée. Le commissaire Lohmann se révèlera efficace et son enquête le mènera dans la bonne direction.

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"Le testament du Dr Mabuse" est un bon film policier teinté de ce qu'il faut de mystère et qui s'apparenterait presque à un thriller. Le Dr Mabuse est un personnage inquiétant qui fait planner sur le film une atmosphère pesante. On ne voit pas les deux heures passer tellement on est pris dans l'histoire. Un très bon film.

Fiche technique :

  • Titre : Le testament du Dr Mabuse
  • Titre original : Das Testament des Dr Mabuse
  • Film allemand
  • Année 1933
  • Genre : policier
  • Réalisateur : Fritz Lang
  • Acteurs principaux : Rudolf Klein-Rogge, Otto Wernicke, Gustav Diessl
  • Durée : 1h56

16:47 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

13/02/2010

Les Indians, de David Stephen Ward (1989)

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Les Indians de Cleveland est une équipe de baseball sur le déclin. Après avoir gagné pour la deuxième fois les Séries mondiales en 1948, les défaites ne cessent de s'enchaîner par la suite et les Indians acquièrent une réputation de perdants. Lorsque le proprétaire de l'équipe décède, c'est son épouse, Rachel Phelbs, qui en hérite. Elle souhaite alors déménager l'équipe à Miami, une ville ensoleillée où l'attend un stade flambant neuf. Mais pour pouvoir rompre le bail avec la ville de Cleveland, il faut que la fréquentation du stade tombe en dessous de 80000 spectateurs. Elle engage donc les pires joueurs qu'elle puisse trouver afin d'être sûre que l'équipe restera bonne dernière du championnat. Mais au sein de cette nouvelle équipe, une cohésion va s'installer, des talents vont se découvrir et les Indians vont insolemment commencer à gagner des matches, ce qui va contrarier Rachel Phelbs au plus haut point.

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Ce film se base sur un contexte historique réel. Lorsque les Indians gagnent les Séries mondiales en 1948, ce sera leurs derniers instants de gloire, l'équipe n'ayant plus rien remporté dans les décennies qui suivirent, jusqu'à aujourd'hui, où ils restent sur une saison 2009 décevante. Quant au film, il utilise une recette qui marche toujours au cinéma, celle de conter l'histoire d'une équipe de bras cassés qui en mettant tout son coeur et en faisant le maximum pour se dépasser, arrive à tenir tête aux plus grands et à arriver jusqu'en finale. Et moi, ça, j'aime bien.

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On aime aussi les personnages de l'histoire. Rick Vaughn, dit "Wild thing" (Charlie Sheen), ex-taulard qui se révèlera un super lanceur. Willie Hays (Wesley snipes), qui n'a jamais joué au baseball mais qui bat tous ses coéquipiers à la course. Jack Taylor (Tom Berenger), ancien champion des Red Sox mis en pré-retraite à cause de ses genoux en miettes. Ou encore Pedro Cerrano (Dennis Haysbert), un réfugié religieux cubain qui pratique le vaudou et fait des offrandes à "Joboo" avant chaque match. Bref, toute une bande très sympathique qu'on ne peut que soutenir moralement en espérant qu'ils fassent la nique à l'exaspérante Rachel Phelbs, en gagnant des matches.

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Qu'on aime ou pas le baseball, on ne peut qu'apprécier "Les Indians" et suivre cette équipe qui part du bas de l'échelle pour arriver au sommet est très distrayant. Une bonne comédie.

Fiche technique :

  • Titre : Les Indians
  • Titre original : Major league
  • Film américain
  • Année 1989
  • Genre : comédie
  • Réalisateur : David Stephen Ward
  • Acteurs principaux : Tom Berenger, Charlie Sheen, Corbin Bernsen
  • Durée : 1h47

13:00 Publié dans Cinéma | Commentaires (1)

10/02/2010

Playtime, de Jacques Tati (1967)

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A Paris, Orly, un groupe de touristes américaines débarque pour visiter la capitale. Parmi elles, la jeune Barbara qui s'émerveille devant cette ville futuriste, faite d'immeubles de verre et d'acier, et de sa population. Monsieur Hulot, quant à lui, a un rendez-vous très important mais il se perd dans un labyrinthe de bureaux et atterrit dans une exposition où les touristes américaines sont aussi en visite. Barbara et Monsieur Hulot vont ainsi se croiser à plusieurs reprises.

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Lorsque j'ai regardé "The party" il n'y a pas très longtemps (vous pouvez trouver ma critique dans la rubrique cinéma), j'ai immédiatement eu l'envie de me replonger dans la filmographie de Jacques Tati. J'ai la chance de pouvoir piocher dans la DVDthèque de mon père qui contient plusieurs de ses films. Après visionnage, j'ai décidé de n'en choisir qu'un pour en publier une critique sur mon site (je ne voulais pas faire une semaine de critiques de Jacques Tati). Du coup, "Playtime" c'est tout de suite imposé.

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Ce n'est pas six personnes qui discutent dans la même pièce mais deux appartements différents où chacun regarde la télé incrustée dans le mur (qu'on ne voit pas). Tati adore ce genre d'image.

Ce film est mon préféré et bien qu'il soit reconnu aujourd'hui comme un succès, ça n'a pas été le cas à l'époque. Tati a investi des moyens colossaux pour produire ce film. Cette reproduction de Paris, Tativille, a été entièrement construite (le coût est estimé à plusieurs millions d'euro actuels, le film est sorti en 1967, faites le calcul) pour répondre aux besoins du réalisateur. Le résultat est splendide. Une ville moderne, futuriste pour l'époque, avec des bureaux aux murs en verre, une exposition des inventions hi-tech, des appartements-vitrines et sans oublier le luxueux restaurant Royal Garden. Comme toujours chez Tati un grand soin est apporté à l'image : on joue énormément sur les angles de vue, sur les reflets, sur la lumière, plus encore que dans ses autres films. Un film de Tati, ça se regarde et ça s'écoute.

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Barbara s'aperçoit que quand on ouvre la porte en verre, la Tour Eiffel se reflète par hasard sur la vitre.

"Playtime" est un régal et on ne se lasse pas d'observer cette ville pleine de vie avec ses habitants qui vaquent à leurs occupations. Le film dénonçait déjà en son temps le rythme de vie du citadin moyen toujours pressé, occupé, déjà dépendant des nouvelles technologies qui font parties de son quotidien et qui, une fois rentré chez lui, ne pense qu'à se poser devant son poste de télévision. Tati avait un regard très critique sur la société et ce film a beau avoir plus de 40 ans, il est encore d'actualité.

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Un gag sonore génial. Impossible à décrire sans voir la scène.

Malheureusement à sa sortie en 1967, ce fut un échec commercial. Tati n'est pas rentré dans ses frais et sa société de production fait faillite. Il perd ses droits pendant un temps et mettra près de dix ans à essayer de recouvrer son indépendance financière, mais la maladie l'emportera. Aujourd'hui, "Playtime" est considéré comme un chef d'oeuvre, c'est un film à voir absolument que je recommande chaudement à tous ceux qui ne connaissent pas.

Fiche technique :

  • Titre : Play time
  • Film français
  • Année 1967
  • Genre : comédie
  • Réalisateur : Jacques Tati
  • Acteurs principaux : Jacques Tati, Barbara Dennek, Billy Kearns
  • Durée : 1h59

15:14 Publié dans Cinéma | Commentaires (1)

08/02/2010

Family Business, de Sydney Lumet (1989)

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Jessie Mc Mullen (Sean Connery)  a passé sa vie à monter des coups et à côtoyer le milieu carcéral. Son fils Vito (Dustin Hoffman) ne lui a jamais pardonné la jeunesse tumultueuse qu'il lui a fait passer en l'associant à ses combines. C'est pourquoi Vito a tout fait pour donner une éducation correcte à son propre fils, Adam (Matthew Broderick). Malheureusement Adam se sent plus proche de son grand-père et lui propose un jour le coup du siècle : une promenade de santé qui rapportera un million de dollars. Jessie est enthousiaste et ils décident d'inclure Vito dans le coup. Celui-ci accepte à regret mais uniquement dans le but de protéger son fils.

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Je ne vous présente pas le réalisateur Sydney Lumet, je l'ai déjà fait dans la critique d'un de ses films cultes "Douze hommes en colère" (que je conseille à tous, voir la critique dans la rubrique cinéma). On a ici un autre de ses grands films qui a pour sujet les relations père-fils. Elles sont traitées avec humour et émotion en utilisant le thème du banditisme.

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Vito a tout fait pour que son fils Adam ne suive pas la même voie que lui. Il a fait de la prison et a fini par se ranger contrairement à son père Jessie qui continue les coups fumants passé la soixantaine. Adam, lui, reproche justement à son père son protectionnisme et c'est pourquoi il se rapproche naturellement de son grand-père. C'est le schéma classique : on essaye de ne pas reproduire avec ses enfants les erreurs qu'ont commis nos parents, mais c'est seulement pour en commettre d'autres. On se forge une idée de ce que devrait être nos enfants mais çe ne se passe jamais de cette façon. A la fin du film chacun essaye de rattraper ses erreurs et l'histoire ne se finit pas trop mal.

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Une sympathique histoire de famille avec de brillants acteurs, "Family Business" est à conseiller.

Fiche technique :

  • Titre : Family business
  • Film américain
  • Année 1989
  • Genre : comédie dramatique
  • Réalisateur : Sydney Lumet
  • Acteurs principaux : Sean Connery, Dustin Hoffman, Matthew Broderick
  • Durée : 1h49

 

20:25 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

07/02/2010

L'oeil du mal, de Dick Johnson Caruso (2008)

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En rentrant chez lui, Jerry Shaw (Shia LaBeouf) découvre dans son appartement du matériel terroriste. Il reçoit alors un appel sur son portable le prévenant qu'il a 30 secondes pour s'enfuir avant que le FBI ne l'interpelle à son domicile. Dépassé par les événements, il panique et se laisse appréhender.

Rachel Holloman passe une soirée entre amies lorsqu'elle reçoit un appel téléphonique lui disant que le train dans lequel se trouve son fils aura un accident si elle ne suit pas à la lettre les ordres qu'on va lui donner. Pour la convaincre, une image de son fils apparait brièvement sur un écran de télévision de l'autre côté de la rue.

Dans les quartiers du FBI, Jerry passe le coup de téléphone auquel il a droit. Mais au lieu d'avoir son correspondant, il entend alors la même voix qu'auparavant qui lui indique que son évasion a été arrangée et qu'il doit suivre les instructions. Un incident se produit et Jerry se retrouve libre. Alors que le FBI est sur le point de le rattraper, une voiture s'arrête devant lui et la conductrice lui ordonne de monter. Au volant se trouve Rachel, paniquée, toujours sous les ordres de la voix mystérieuse. Tout en continuant à suivre les indications qu'on leur donne, ils vont essayer de comprendre ce qui leur arrive et de découvrir qui est derrière tout ça.

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Le film commence de façon assez sympathique, à partir du moment où Jerry reçoit le premier appel sur son téléphone, le rythme s'accèlère et le mystère s'installe. Qui est donc cette voix mystérieuse ? Quel est le but de l'opération ? D'où tiennent-ils les moyens colossaux qu'ils utilisent pour diriger Jerry et Rachel ? Le début est assez intéressant et on assiste à des scènes spectaculaires et très réussies. Mais la suite du film n'est malheureusement pas du même niveau.

Attention, je vais être obligé de dévoiler une partie de l'intrigue car le défaut principal du film est lié à l'histoire et au thème abordé. Si vous voulez conserver le suspense intact, sautez la lecture du prochain paragraphe pour aller directement à la conclusion.

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/! Début de WARNING /!

Donc, le film commence de façon sympathique jusqu'au moment où l'on se rend compte que la voix qui guide Jerry et Rachel n'est qu'une IA, un système de surveillance à la Big Brother, qui a les pleins pouvoirs sur tout ce qui est électronique. Alors, non seulement ce thème a déjà été abordé plein de fois, mais en plus ici on tombe dans le ridicule. Une super IA d'accord, mais faut qu'on m'explique comment elle peut changer le message d'un panneau publicitaire, retranscrire un message audio issu d'un haut parleur de téléphone posé à côté d'une tasse de café rien qu'avec une caméra qui observe les ondulations à la surface du liquide (si, si, relisez si vous avez pas compris du 1er coup), ou encore déclencher l'airbag d'une camionnette à distance... D'accord, c'est un film de science-fiction, mais c'est censé se passer à notre époque. Bref, on assiste à des scènes ridicules où on mélange technologie et magie (c'est encore pire que dans la série "24"). C'est dommage, car le film essaye de faire passer un message (je cite) "Les mesures drastiques que nous mettons en place pour sauvegarder notre liberté, deviennent parfois des menaces pour cette même liberté.". C'est vrai, ça peut s'appliquer à beaucoup de choses de nos jours.

/! Fin de WARNING /!

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"L'oeil du mal" aurait pu être un bon film rien que pour le message qu'il essaye de faire passer, mais déçoit par son scénario où certaines scènes sont tirées par les cheveux. Un petit mot aussi sur le jeu d'acteur de Shia LaBeouf qui ne m'a pas paru au top de son niveau. On sait qu'il est bon mais là il ne devait pas être très inspiré. Pas terrible terrible...

Fiche technique :

  • Titre : L'oeil du mal
  • Titre original : Eagle eye
  • Film américain
  • Année 2008
  • Genre : action, science-fiction
  • Réalisateur : D.J. Caruso
  • Acteurs principaux : Shia LaBeouf, Michelle Monaghan, Rosario Dawson
  • Durée : 1h54

 

13:03 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

06/02/2010

Godzilla, de Ishirô Honda (1954)

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Je sais, les affiches japonaises de film sont très chargées en texte. On distingue quand même en gros en rouge le titre : "Gojira".

Au large des côtes japonaises, le navire de pêche Eikomaru est attaqué par un grand flash lumineux puis coule après avoir eu le temps d'envoyer un SOS. Deux bateaux de sauvetage sont envoyés sur place mais disparaissent également. Sur la côte, dans un village de pêcheurs, on se plaint que le poisson se fait rare. Un vieillard évoque le mythe de Godzilla, une créature légendaire, et explique que dans les temps anciens quand cela se produisait, des sacrifices étaient faits en son nom pour le rassasier. La nuit même, le village est ravagé. Le professeur Kyohei Yamane, paléontologiste, décide de se rendre sur les lieux avec une équipe afin d'enquêter. Il va se retrouver face à un monstre gigantesque.

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En 1933, "King Kong" pose les bases de ce qui est devenu un genre : le film de monstre. 20 ans plus tard, "Godzilla" donne au genre ses lettres de noblesse. On réinvente le genre. Tout d'abord au niveau des effets spéciaux. Fini le "stop motion", cette fois un acteur incarne la créature dans un costume à sa taille et on joue sur les échelles de grandeur pour simuler un kaijû gigantesque (voir ma critique de "King Kong" d'hier). Le résultat est sans appel, l'effet saccadé du stop motion disparaît et on obtient des mouvements beaucoup plus fluides. Cependant, Godzilla, dans ce premier film, ne sera pas beaucoup vu en entier, et on accorde également de l'importance aux personnages.

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Pour incarner le professeur Kyohei, c'est Takashi Shimura qui a été choisi. Un très très grand acteur de l'époque qui a joué dans beaucoup de films de la Tôhô (et par conséquent aussi dans ceux du réalisateur Kurosawa). Le professeur trouve l'origine de Godzilla : hybride entre reptile marin et créature terrestre issu de la préhistoire et vivant dans une grotte sous-marine; les récents essais nucléaires pratiqués auraient ouvert une brèche dans cette grotte permettant à Godzilla de sortir. Kyohei Yamane fait partie du groupe traquant le monstre mais y voit un intérêt scientifique. Godzilla est unique et il préfèrerait l'étudier plutôt que de l'éradiquer. En rendant les essais nucléaires responsables de l'apparition de Godzilla, le film fait également passer un message humaniste (cela ne fait même pas 10 ans que le pays a été meurtri par la bombe atomique) contre les armes de destruction massive.

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Mais "Godzilla" ouvrira également une nouvelle ère dans le cinéma japonais, c'est la naissance des kaijû. Le kaijû symbolise plus une force de la nature contre laquelle l'homme est impuissant plutôt qu'une force du mal. Les films de genre vont alors s'enchaîner suite au succès de "Godzilla" et les kaijû vont se multiplier : Mothra, Rodan, Megalon, King Ghidorah etc... Chaque kaijû aura sa propre série de films (Godzilla en compte une trentaine) dont une bonne partie sera réalisée toujours par Ishirô Honda. L'affrontement entre tous ces kaijû étant inévitable, de nombreux "crossover" du style "King Kong contre Godzilla" sont réalisés, comme "Godzilla contre Hedorah", "Godzilla contre MechaGodzilla" ou encore "Godzilla, Ebirah et Mothra : Duel dans les mers du sud". Godzilla apparaît parfois comme un ennemi, parfois comme un allié des humains pour les protéger des autres kaijû.

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L'impact de "Godzilla" est énorme sur la culture japonaise. On trouve alors des kaijû partout (les "Golgoths", ces machines géantes de forme humano-insectoïde, ça vous dit quelque chose ?), les sentai s'en inspireront également. Le succès est si énorme que la plupart des gens en dehors de l'archipel nippon connaissent aujourd'hui Godzilla. Dès 1955 les américains s'y intéressent aussi et Ishirô Honda sort un montage spécial de son film avec des scènes jouées par des acteurs américains qu'il insère dans le film original pour montrer l'implication du gourvenement. Le film sort ainsi aux Etats-Unis avec ces scènes de "remplissage" (le reste du film est identique). Un vrai remake américain sera réalisé en 1999 par Roland Emmerich mais on perdra tout le charme des films d'origine pour contempler un genre de "Jurassic Park".

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"Godzilla" est un film tout aussi culte que "King Kong" et a donné naissance à une très riche série de films. Malheureusement la plupart étant introuvables en France ou alors hors de prix (comment ne pas être scandalisé par un DVD d'un film des années 60 vendu 30 euros ?) les fans du genre devront rester sur leur faim. C'est malheureusement le cas pour beaucoup de vieux films japonais/asiatiques (j'attends toujours une sortie en intégrale des films de "Zatoichi" de 1960 avec Shintaro Katsu...). C'est dur d'être cinéphile passionné !

Fiche technique :

  • Titre : Godzilla
  • Titre original : Gojira
  • Film japonais
  • Année 1954
  • Genre : film de monstre (kaiju eiga)
  • Réalisateur : Ishirô Honda
  • Acteurs principaux : Takashi Shimura, Akira Takarada, Momoko Kôchi
  • Durée : 1h38

 

15:29 Publié dans Cinéma | Commentaires (2)

04/02/2010

King Kong, de Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper (1933)

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Le réalisateur Carl Denham engage pour son prochain film d'aventure une nouvelle actrice, Ann Darrow. Pour le tournage, Carl souhaite se rendre sur l'île du Crâne où la population indigène locale vénère une créature légendaire appelée King Kong. Ils montent à bord du navire "Le Venture" et voguent vers leur destination. Arrivé sur place, l'équipage se rend sur l'île où ils rencontrent les autochtones qui se livrent à un étrange rituel. Voulant éviter le conflit, ils retournent sur Le Venture. Mais un groupe d'indigènes s'infiltre sur le navire et capture Ann Darrow, la "femme blanche aux cheveux d'or" pour l'offrir en sacrifice à King Kong. L'équipage se mobilise pour la secourir mais arrivés sur place, ils ne peuvent que contempler impuissants un singe gigantesque qui arrache Ann Darrow de ses liens et l'emporte vers la jungle.

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Adaptation fantastique et non dissimulée de "La Belle et la Bête", "King Kong" est un film mondialement connu. S'il n'est pas le premier film du genre, c'est celui dont on se souvient le plus. Tout le monde a encore en tête la scène finale où, perché en haut de l'Empire State Building et tenant Ann Darrow dans la main, King Kong meurt sous les tirs des avions venus pour l'abattre. Action, aventure, romance impossible, tous les ingrédients étaient présents pour en faire un grand film.

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C'est également les effets spéciaux qui ont contribués à faire de ce film un succès. "King Kong" utilise les mêmes méthodes que "Le monde perdu" sorti 8 ans auparavant (en 1925) et qui présentait déjà des dinosaures animés en "stop motion". C'est d'ailleurs la même personne, Willis O'Brien, qui a réalisé les effets spéciaux de ces deux films. La technique est très simple, on utilise des maquettes qui sont animées image par image. Pour les gros plan, c'est l'animatronique qui prend le relais. Le résultat est très convaincant, que ce soit pour Kong ou pour les autres dinosaures présents sur l'île du Crâne. A une époque où le spectateur n'est pas habitué à voir ces effets au cinéma, le film fait sensation.

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Mais "King Kong" a été également la naissance d'un mythe. Une suite est sortie la même année, "Le fils de King Kong" mais qui n'avait pas la même ambition visuelle et qui privilégiait les relations entre les personnages. Il y a eu aussi plusieurs remake : "King Kong" de John Guillermin en 1976 avec comme acteurs principaux Jeff Bridges (décidemment je le cite souvent sur mon blog en ce moment celui-là) et Jessica Lange, qui donna naissance à une autre suite "King Kong 2" sorti en 1986, puis enfin le remake de Peter Jackson en 2005 nommé... "King Kong" (ça alors).

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En plus de toutes les autres apparitions sur les écrans américains que je n'ai pas la place de nommer, il faut aussi savoir que King Kong s'est baladé du côté de nos amis japonais dans les années 60. C'était la grande époque au Japon à ce moment là des films de monstres, que l'on nomme "kaijû" en japonais (littéralement "bête mystérieuse"). Ainsi, la Toho (une des plus grosses maisons de production nippone), sort plusieurs films sur le grand singe comme "King Kong escapes" ou encore "King Kong contre Godzilla" (c'était fréquent à l'époque de se faire rencontrer plusieurs kaijû dans le même film).

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"King Kong" est un grand classique qui a apporté sa brique à la construction d'un genre de films devenu par la suite très populaire.

fiche technique :

  • Titre : King Kong
  • Film américain
  • Année 1933
  • Genre : film de monstre
  • Réalisateurs : Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper
  • Acteurs principaux : Fay Wray, Robert Armstrong, Bruce Cabot
  • Durée : 1h40

 

18:27 Publié dans Cinéma | Commentaires (1)