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10/04/2011

Sucker Punch, de Zack Snyder (2011)

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Babydoll et sa jeune soeur viennent de perdre leur mère et vivent avec leur beau-père qui les brutalise. Un jour, c'est le drame, ce dernier agresse la plus jeune des deux filles et fini par la tuer. Babydoll essaye de l'en empêcher en lui tirant dessus avec une arme à feu mais rate son coup. Il rend Babydoll responsable de la mort de sa soeur et la fait enfermer dans un asile. Elle se réfugie alors dans son imaginaire pour continuer à vivre et tenter de s'échapper.

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J'attendais vraiment ce film. J'adore Zack Snyder qui est, je trouve, un des meilleurs réalisateurs actuels et qui possède (malgré le peu de films réalisés) déjà deux chefs d'oeuvre à son actif : "300" et "Watchmen". Comme je l'avais indiqué pour la bande-annonce, celui-ci à la particularité de ne pas être une adaptation, le scénario ayant été écrit par le réalisateur lui-même.

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Dès le début, on remarque la patte de Snyder. Une introduction en musique pose les bases de l'histoire et explique les raisons pour lesquelles Babydoll se retrouve à l'asile. C'est à la fois bien tourné, osé, et permet de ne pas perdre de temps en scènes inutiles pour plonger directement dans le vif du sujet. On s'aperçoit ensuite rapidement de la place importante de l'imaginaire dans l'histoire.

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Le scénario se révèle bien plus complexe qu'à première vue et la narration se passe simultanément sur plusieurs niveaux (réalité, inconscient et imaginaire). C'est bien pensé, bien construit et cela amènera le spectateur, à la sortie du film, à se poser quelques questions sur la façon dont certains événements se sont passés ou même s'ils se sont réellement passés. Une histoire bien écrite donc, suffisamment dense pour désorienter le spectateur mais aussi pour le faire voyager à travers les différents mondes créés par la psyché du personnage principal.

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Là encore, le talent du réalisateur s'exprime à chaque seconde. Que ce soit le monde heroic-fantasy où les héroïnes partent chasser le dragon, ou encore celui de la première guerre mondiale où elles affrontent des soldats mécaniques, tout est vraiment sublime. C'est non seulement beau, mais aussi extrêmement bien filmé. Là où 95% des réalisateurs se contentent de secouer la caméra pour montrer qu'il y a de l'action dans les scènes de combat, Zack Snyder brise ces vieilles habitudes ridicules et applique son propre style, une technique de plus en plus affutée au fil de ses films : des cadrages soigneusement étudiés, ralentis, accélérations, le tout via des angles de vues et des mouvements de caméra choisis à la perfection. Un régal.

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Zack Snyder, c'est vraiment le réalisateur qui fait les choses avec passion et cela se ressent à chaque instant. Le résultat est un film tout aussi incroyable, tant sur le fond que sur la forme. On sent également une influence vidéo-ludique certaine (d'ailleurs avouée dans une interview). La scène du train dans le monde futuriste venant de la scène d'introduction du jeu "Final Fantasy XIII", les soldats mécaniques qui fonctionnent à la vapeur ont un air de Helghasts ("Killzone") et la façon dont Babydoll perçoit son monde une fois à l'asile est similaire aux petites soeurs de "Bioshock". Néanmoins, malgré ces références, le réalisateur prouve qu'il est également capable de créer une histoire vraiment intéressante.

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"Sucker Punch", c'est beau, intelligent et (très) original. Je le qualifie sans hésitation de référence, tant il possède de qualités que j'aimerais voir plus souvent dans d'autres films. Mais n'est pas Zack Snyder qui veut...

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Fiche technique :

  • Titre : Sucker Punch
  • Film américain
  • Année 2011
  • Genre : fantastique, drame
  • Réalisateur : Zack Snyder
  • Acteurs principaux : Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone
  • Durée : 1h50

23:14 Publié dans Cinéma | Commentaires (7)

30/03/2011

Nosferatu le vampire, de Friedrich W. Murnau (1922)

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Difficile de trouver une affiche.

Le comte Orlok, vivant reclus sur son domaine en Transylvanie, souhaiterait s'installer dans la ville de Wisborg. Le jeune Hutter, clerc de notaire, a pour tâche d'aller rencontrer le comte pour lui faire des propositions. Arrivé sur place, Hutter est non seulement surpris par l'apparence du comte, mais également par l'aura maléfique qui hante les lieux.

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"Nosferatu", c'est l'adaptation non officielle du roman "Dracula" de Bram Stoker. C'est probablement aussi le tout premier film de vampire réalisé. L'adaptation est non officielle puisque les droits n'ont jamais été obtenus par le réalisateur. C'est pourquoi la plupart des noms ont été changés. Mina et Jonathan Harker deviennent Ellen et Thomas Hutter, le comte Dracula devient le comte orlok et Renfield devient Knock. Malgré cela, l'histoire ne change quasiment pas et la veuve madame Stocker intente un procès qu'elle remportera. Toutes les copies et négatifs sont alors détruits. Si ce n'est grâce à quelques copies pirates effectuées à l'époque et destinées à des projections privées, le film aurait aujourd'hui disparu. "Nosferatu le vampire", c'est un héritage culturel qui a été sauvé par le piratage (hé oui !).

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L'adaptation est assez bonne, malgré quelques changements. Si le début est très fidèle, disons jusqu'à ce que le comte embarque pour Wisborg, la fin est différente. La partie de l'histoire se passant à Wisborg (Londres dans le roman) est extrêment raccourcie. Le personnage de Van Helsing (rôle très important dans le roman) n'intervient d'ailleurs pas. La fin est cependant crédible. Une des choses marquante du film, c'est bien sûr aussi l'acteur Maximilian Schreck qui incarne le comte Orlok. Le personnage est très réussi.

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"Nosferatu" est un film collector qu'apprécieront surtout ceux qui s'intéressent à l'histoire du cinéma. Ce qui est dommage car il est plutôt agréable à regarder et d'autant plus si l'on connait le livre de Bram Stoker.

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Fiche technique :

  • Titre : Nosferatu le vampire
  • Titre original : Nosferatu, eine Symphonie des Grauens
  • Film allemand
  • Année 1922
  • Genre : vampire
  • Réalisateur : Friedrich Wilhelm Murnau
  • Acteurs principaux : Max Schreck, Gustav von Wangenheim, Greta Schröder
  • Durée : 1h34

19:17 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

12/03/2011

Outrage, de Takeshi Kitano (2010)

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La région du Kanto, au Japon, est contrôlée par différents clans de yakuzas, tous sous la tutelle du grand patron. Ce dernier est mécontent. Le dirigeant du clan Ikemoto traite avec le clan Murase, non affilié à la famille. Ikemoto et Murase ont, en effet, fraternisé en prison. Ikemoto est mis en garde par Kato, le bras droit du grand patron. Il charge alors son lieutenant, Otomo, ainsi que ses hommes, de régler le problème du clan Murase. Otomo va donc tendre un piège au clan afin de pouvoir casser légitimement le pacte qu'il a passé avec Ikemoto.

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Ce film de yakuzas adopte un point de vue différent de celui de ma dernière critique qui montrait le fonctionnement d'un clan qui repartait de zéro. Ici, il s'agit de luttes intestines au sein d'une organisation dont les ramifications s'étendent à travers toute la région du Kanto. Entre le bras droit du grand patron, Kato, qui cherche à obtenir toutes ses faveurs pour être son successeur, Ikemoto qui cherche à profiter de la situation pour empiéter sur le territoire de Murase, et Otomo qui, en obéïssant à Ikemoto, voit sa place au sein de son clan compromise, tous ces acteurs feignent leur allégeance dans le seul but d'obtenir plus de pouvoir.

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C'est une optique légèrement différente des histoires de yakuzas que j'ai connues jusqu'à présent, où la hiérarchie et l'honneur au sein même d'un clan étaient des valeurs primordiales et respectées. Le titre du film est bien choisi, Otomo (joué par Takeshi Kitano) organise un coup monté pour piéger Murase : un faux "outrage" afin d'engendrer une dette qu'ils vont pouvoir exploiter. Dans un milieu où tout est permis, les retournements de situations seront nombreux au cours de l'histoire.

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Le scénario, écrit également par Takeshi Kitano (qui réalise aussi le film), est donc relativement bien développé. Pourtant, je l'ai trouvé un peu moins intéressant à suivre que "Guerre des gangs à Okinawa", que j'ai cité un peu plus haut. Certains personnages sont très réussis, mais j'ai été déçu par la prestation de Kitano. Certes, on a l'habitude de le voir incarner des personnages plutôt taciturnes, voire froids et implacables mais ici c'est un peu déplacé. Dans un monde où la manipulation est de mise, son personnage est trop en retrait, on ne le sent pas assez impliqué. Dommage.

Autre chose pas forcément plaisante, c'est la violence de certains passages. Le monde des yakuzas l'est par définition mais, était-il nécessaire de montrer certaines scènes ? Ce sont plusieurs petites choses comme ça qui font que "Outrage" est un peu décevant. Je l'ai déjà cité mais, quitte à voir un film de Yakuzas avec Kitano (et de Kitano), je conseillerais plutôt "Sonatine".

Fiche technique :

  • Titre : Outrage
  • Film japonais
  • Année 2010
  • Genre : yakuza
  • Réalisateur : Takeshi Kitano
  • Acteurs principaux : Takeshi Kitano, Jun Kunimura, Ryo Kase
  • Durée : 1h49

16:50 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

06/03/2011

Guerre des gangs à Okinawa, de Kinji Fukasaku (1971)

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Lorsque Gunji Sadao sort de prison, deux hommes sont là pour l'accueillir : Ozaki, son bras droit, et Samejima, dit le Requin. Après dix ans derrière les barreaux, il constate que c'est tout ce qu'il reste du clan Hamamura. La ville de Yokohama a bien changée et est maintenant sous le contrôle unique du clan Daito, responsable de son emprisonnement. Gunji rassemble les quelques hommes de son ancien clan qu'il peut trouver et décide de repartir de zéro. Il choisit pour cela l'île d'Okinawa mais, pour imposer sa suprématie, il va devoir affronter les clans locaux.

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Si Kinji Fukasaku est surtout connu au Japon pour ses films de yakuzas, en Occident on le connait surtout comme le réalisateur de l'excellentissime "Battle royale" (et de sa nullissime suite, pourtant de lui aussi, "Battle Royale II"). Parmi ses films de yakuzas notables, il y a bien sûr la série de films "Combat sans code d'honneur" (yakuza papers). "Guerre des gangs à Okinawa" possède également une certaine notoriété puisqu'il a fortement inspiré Takeshi Kitano pour la réalisation de "Sonatine" en 1993.

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L'histoire raconte celle d'un ex-chef de clan qui a tout perdu a cause d'un clan adverse et qui, à sa sortie de prison, décide de reprendre son destin en main et de tout recommencer. Il recherche alors un terrain sur lequel il est encore possible de s'implanter. A l'aide de quelques-uns de ses anciens hommes, il va mettre un plan au point mais cela ne se fera pas sans heurts. Les personnages sont plutôt charismatiques et c'est intéressant de voir comment ils procèdent pour conquérir du territoire. Leurs méthodes sont très stratégiques, comme à la guerre, avec un plan de bataille bien défini.

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"Guerre des gangs à Okinawa" est un peu tourné façon film de gangsters à l'américaine. Les lieux, les personnages, la musique, il y a de nombreuses similitudes avec ce genre. C'est un film que j'ai vraiment bien aimé car il nous plonge à l'intérieur d'un clan de yakuzas et nous en dévoile les rouages.

Fiche technique :

  • Titre : Guerre des gangs à Okinawa
  • Titre original : Bakuto gaijin butai
  • Film japonais
  • Année 1971
  • Genre : yakuza
  • Réalisateur : Kinji Fukasaku
  • Acteurs principaux : Koji Tsuruta, Noboru Ando, Akiko Kudo
  • Durée : 1h33

13:49 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

28/02/2011

L'heure zéro, de Pascal Thomas (2007)

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Camilla Tressilian est la riche propriétaire du manoir situé à la Pointe aux Mouettes. Cette dame âgée se prépare à la visite de son neveu Guillaume de Neuville, accompagné de son épouse Caroline. Cette dernière, très jalouse, supporte mal le fait que la première femme de son mari, Aude, soit également présente au manoir, c'est pourquoi elle a insisté pour qu'un bon ami à elle, Fred Latimer, l'accompagne. Thomas Rondeau, un cousin qui revient du Vietnam et qui a toujours été secrètement amoureux d'Aude fait aussi partie du séjour. Marie-Adeline, qui s'occupe de Camilla en plus des domestiques, semble, elle, sous le charme de Thomas. Les relations amoureuses, l'argent ainsi qu'un héritage probable crée des tensions entre ces personnages mais aucun ne se doute qu'ils se rapprochent tous de "l'heure zéro", le moment où le crime sera commis.

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Cette oeuvre est une adaptation d'un roman d'Agatha Christie. Il possède une particularité que souligne un des personnages du film. Dans la plupart des histoires de meurtre, le crime est commis au tout début et est suivi de l'enquête alors que ce devrait être l'inverse. Le meurtre est un aboutissement, une conclusion d'une affaire qui peut très bien avoir commencé il y a des années. C'est ce principe qui est appliqué dans ce film.

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On nous présente de nombreux personnages qui se retrouvent en un même lieu et les sources d'altercations et de tensions sont nombreuses. Là où traditionellement le suspense repose sur le coupable, ici, il concerne également la victime. Car, on sait que meurtre il va y avoir mais, plusieurs candidats potentiels sont présentés. L'acte sera finalement commis passée la moitié du film, puisqu'il faut bien sûr que l'enquête ait également lieue.

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La construction du film est intéressante, tout comme l'intrigue. Cela est dû aux personnages à la personnalité assez travaillée. Le suspense est donc bien entretenu et "L'heure zéro" possède tout ce qu'on est en droit d'attendre du genre. Ce film français est au moins aussi intéressant que "Le mystère de la chambre jaune" et écrase complètement le nullissime "Parfum de la dame en noir". Vraiment plaisant.

Fiche technique :

  • Titre : L'heure zéro
  • Film français
  • Année 2007
  • Genre : policier
  • Réalisateur : Pascal Thomas
  • Acteurs principaux : François Morel, Danielle Darrieux, Melvil Poupaud
  • Durée : 1h47

16:54 Publié dans Cinéma | Commentaires (1)

24/02/2011

Tron l'héritage, de Joseph Kosinski (2011)

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Suite à l'éviction de Dillinger, Kevin Flynn a pris la présidence de la société ENCOM. Il s'emploie alors à utiliser son expérience pour créer un monde virtuel le plus proche possible de la perfection. La tâche est ardue et il passe le peu de temps libre qui lui reste avec son fils Sam. Mais un jour, Kevin disparaît sans laisser de traces. Vingt ans plus tard, Sam devenu adulte, reçoit la visite d'un vieil ami, Alan Bradley, un des collaborateurs de son père. Ce dernier lui indique qu'il vient de recevoir un message de Kevin et conseille à Sam de visiter la vieille salle de jeux que son père possédait. Dans cet endroit à l'abandon, il va découvrir quelque chose d'incroyable.

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Autant parler tout de suite de ce qui fâche. Avant même le générique de début, on vous annonce que ce film qu'on vous vantait en 3D dans les bandes-annonces contient en fait des scènes en 2D et qu'elles ont volontairement été laissées comme ça. Dans les faits, la moitié du film seulement doit être en 3D, le reste du temps vous pouvez enlever les lunettes, elles ne servent à rien. Ca n'empêche pas les salles de cinéma de vous faire payer le surcoût de la 3D. Alors déjà que ça me gonfle les films dans lesquels la 3D n'apporte rien, ici, c'est limite l'arnaque quand même. J'ai noté trois effets 3D sympas dans le film, à part ça, ça ne valait pas vraiment le coup. Voilà, ça c'est dit.

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"Tron l'héritage" est donc la suite de "Tron" sorti en 1982. Film visionnaire qui a marqué le monde du cinéma, sa suite essaye donc de faire aussi bien. Les méthodes modernes de tournage et d'effets spéciaux aidant, le film possède une esthétique très travaillée et fidèle à l'esprit de l'original. C'est beau, futuriste, le monde virtuel est une vraie réussite. Au niveau de la musique, made in Daft Punk, rien à redire, c'est superbe et cela colle parfaitement à l'ambiance. Les deux musiciens du groupe font même une apparition dans le film, c'est un beau clin d'oeil. Ce nouvel opus est d'ailleurs riche en références à son aîné (en même temps c'est plutôt normal, c'est la suite).

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Pourtant, malgré toutes ces qualités, il y a quand même un gros défaut. Je ne peux pas m'empêcher de penser que le scénario est un peu mal fichu. Déjà, il n'est pas original du tout (Clu qui monte une armée pour envahir le monde réel, Sam qui vient sauver son père mais qui se retrouve enfermé dans un monde qu'il doit sauver etc...) et contient des éléments (comme les formes de vie bio-numériques isomorphes) qui, au final, laissent un peu perplexe et ne servent pas à grand chose. Plutôt décevant donc quand on sait à quel point le scénario du premier film était intelligent et novateur.

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On pourra également reprocher que les scènes que l'on attendait tous (les combats de disques, les courses de moto) sont assez courtes et pas assez épiques. Le premier trailer était génial mais on s'aperçoit à la fin que ces scènes n'étaient qu'une démo et n'ont pas été intégrées au film. Les autres scènes d'action n'ont rien d'extraordinaire et la poursuite à bord du vaisseau volant aurait pu être géniale mais est finalement trop bourrin. Là encore c'est un petit peu décevant.

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J'attendait personnellement beaucoup de "Tron l'héritage", peut-être trop, ce qui doit expliquer en partie ma déception. Le film n'est pas mauvais, c'est du grand spectacle très agréable à regarder et visuellement très soigné (en passant, chapeau pour avoir réussi à rajeunir Jeff Bridges de 20 ans, c'est assez bluffant). La forme (hormis la 3D) réussi donc à compenser le fond. Cependant, ces lacunes font que le film n'arrivera pas à se hisser à la hauteur de l'original, qui restera culte.

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Fiche technique :

  • Titre : Tron l'héritage
  • Titre original : Tron legacy
  • Film américain
  • Année 2011
  • Genre : science-fiction
  • Réalisateur : Joseph Kosinski
  • Acteurs principaux : Garrett Hedlund, Olivia Wilde, Jeff Bridges
  • Durée : 2h07

Je rappelle que le film de démonstration ainsi que les bandes-annonces de "Tron legacy" se trouvent ici.

11:28 Publié dans Cinéma | Commentaires (3)

14/02/2011

Black Swan, de Darren Aronofsky (2011)

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Nina (Natalie Portman) est une danseuse dans la troupe du New York City Ballet. Lorsque le metteur en scène, Thomas Leroy (Vincent Cassel), annonce la création d'un nouveau spectacle basé sur le Lac des cygnes, toutes les danseuses redoublent d'efforts pour avoir le premier rôle. A la grande surprise de Nina, alors que Thomas lui avait fait sous-entendre le contraire, elle est choisie comme vedette du nouveau spectacle. Elle va alors se consacrer corps et âme à ce rôle.

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Le sujet est assez original pour un thriller mais, entre les mains de Darren Aronofsky, même le monde de la danse classique peut devenir inquiétant. C'est l'histoire de Nina, une fille de 28 ans qui ne vit que pour la danse. Pure, innocente, naïve même, elle incarne à la perfection le "cygne blanc" du nouveau spectacle de la troupe. Mais lorsque Thomas indique qu'il veut une danseuse pour le premier rôle qui sache également incarner son alter ego, le "cygne noir", Nina n'y arrive pas. Elle décroche cependant le rôle et va travailler dur pour pouvoir également danser ce double négatif.

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"Black Swan" est un film empreint de dualité. Le blanc et le noir, l'innocence et la perversion, la sagesse et la folie... Le film est parsemé d'allégories. Nina vit avec sa mère, une ancienne danseuse qui a arrêté sa carrière quand elle est tombée enceinte et qui vit sa passion à travers sa fille, jusqu'au point de l'étouffer. En plus de sa mère qui la considère toujours comme une adolescente de 12 ans, elle doit gérer Thomas, le metteur en scène au comportement ambigu, Beth, l'ancienne vedette de la troupe que l'on pousse vers la sortie et qui l'accuse d'avoir volé sa place et Lily, une nouvelle danseuse qui ferait, elle aussi, tout pour prendre sa place.

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La performance de Natalie Portman est époustouflante. Non seulement elle se révèle être une superbe danseuse mais son jeu d'actrice est incroyable. C'est sans conteste son meilleur rôle. Elle arrive à jouer la métamorphose de son personnage en cygne noir, tout en conservant son côté ingénue. En cherchant à atteindre la perfection, le personnage de Nina voit son rôle déteindre sur sa vie. Elle accepte de perdre le contrôle pour atteindre son but. Un rôle qui est ambivalent, à l'image du film qui déborderait presque dans le fantastique à certains moments.

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Il y a des points communs avec le précédent film de Darren Aronofsky, "The wrestler". On y voit un artiste, dévoué à sa passion et qui a du mal trouver sa place. Mais celui-ci est beaucoup plus intéressant puisqu'il nous plonge dans la psyché du personnage principal. Encore une fois, il y a de nombreuses allégories. Nina va devoir traverser plusieurs épreuves, à l'image des personnages qu'elle incarne dans le Lac des cygnes, étapes nécessaires à sa métamorphose et à son épanouissement. La musique (de Tchaïkovsky, forcément) contribue encore plus à émouvoir le spectateur mais, aussi étrange que cela puisse paraître, va également parfaitement bien avec les passages les plus sombres. Si le final de "The wrestler" était réussi, très symbolique, celui de "Black Swan" est tout simplement fabuleux. Tout aussi lourd en significations et porté par une musique magistrale, cette apothéose est riche en émotions.

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"Black Swan" est un film bouleversant. Le réalisateur arrive à la fois à toucher et à tromper le spectateur avec une histoire magnifique mais aussi inquiétante. Natalie Portman est sublime. Le film est à voir absolument.

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Fiche technique :

  • Titre : Black swan
  • Film américain
  • Année 2011
  • Genre : thriller
  • Réalisateur : Darren Aronofsky
  • Acteurs principaux : Natalie Portman, Mila Kunis, Vincent Cassel
  • Durée : 1h48

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14:51 Publié dans Cinéma | Commentaires (1)