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09/01/2016

Starwars, Le réveil de la Force, de JJ Abrams (2015)

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Critique sans aucune révélation sur le scénario, vous pouvez lire tranquille.

Trente années se sont écoulées depuis la défaite de l'Empereur. Une nouvelle république a été instaurée et doit faire face aujourd'hui à une nouvelle menace : le Premier Ordre, dont les troupes menées par le terrifiant Kylo Ren, ne cessent de prendre de l'ampleur. Une nouvelle rébellion s'organise alors.

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On l'aura attendu ce nouveau Starwars. Enfin, surtout moi. Cela fait près de 20 ans que j'attendais l'épisode VII au cinéma. Un peu moins cependant depuis qu'il a commencé à faire parler de lui. En effet, le film partait avec de très lourds handicaps, qui laissaient présager un échec regrettable. La première faute de goût c'est ne pas avoir adapté l'histoire (anciennement) officielle qui existait dans les romans de l'univers étendu. S'il n'y avait eu que ça, cela n'aurait pas encore été très grave. Mais la deuxième faute c'est d'avoir confié la réalisation à JJ Abrams, un gars qui s'est déjà permis des fantaisies d'assez mauvais goût avec une autre saga culte de la science-fiction, Star Trek. Ca, c'était particulièrement inquiétant, et la suite l'a confirmé quand Georges Lucas a déclaré lors de la production du film qu'il était triste que la base du scénario qu'il avait écrit a été mise à la poubelle par le réalisateur (troisième faute de goût). Pour résumer, pas l'adaptation de l'(ancienne) histoire officielle, un réalisateur importun et le premier Starwars 0% Georges Lucas. Avoir attendu 20 ans pour ça, il y a de quoi déprimer pour le reste de sa vie.

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Mais tâchons de mettre ces défauts intrinsèques de côté, pour essayer d'avoir une vision objective de l'ensemble. Après tout, ça reste du Starwars, il y a des stormtroopers, des TIE fighters, un nouveau "sith", des droïdes... on est plus ou moins en terrain connu et cela devrait séduire la plupart des gens sensibles à cet univers. Mais si l'on réfléchit un instant, ce que l'on prend pour des qualités sont en fait parmi les plus gros défauts. On passera vite fait sur les faiblesses scénaristiques évidentes, comme la présence d'une rébellion. Du temps où le pouvoir en place était un Empire galactique, la présence d'une rébellion coulait de source. Mais alors qu'une nouvelle république a été instaurée, la nécessité d'une rébellion pour lutter contre un mouvement politique dissident, le fameux Premier Ordre, n'a aucun sens. Du coup, le fondement même du scénario ne tient pas la route. Bon mais passons.

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Non, les principaux défauts dont je parlais plus haut, c'est justement de retrouver tout ce qu'on avait déjà vu dans les précédents films de Starwars. Le plus gros problème ressenti en fin de séance, c'est un énorme sentiment de déjà vu. On a la planète désertique Jakku qui remplace Tatooine, on remplace les stormtroopers impériaux par les stormroopers du Premier Ordre, on remplace l'Empereur par le leader Snoke, on remplace le sith Dark Vador par Kylo Ren, bref... je ne peux continuer l'énumération sans faire de révélations mais quasiment tout le film est comme ça. C'est triste. Et cela a également marqué Georges Lucas, qui a déclaré qu'il n'avait pas aimé le film, et indiquait également qu'il avait travaillé dur pour que chacun de ses films soient différents et proposent toujours quelque chose de nouveau. On regrettera donc d'autant plus que son scénario ait été mis à la poubelle par JJ Abrams.

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Intéressons-nous maintenant au côté artistique, l'univers Starwars étant bien évidemment apprécié pour ses mondes et ses créatures aussi divers que variés. Là où Georges Lucas avait été très critiqué pour son recours excessif au fond vert et aux images de synthèse pour les épisodes I à III, JJ Abrams tente une approche plus dans le ton des épisodes IV à VI. C'est plutôt réussi et donne ce petit côté science-fiction vintage, mais en fait parfois un peu trop au point que dans certains plans on a l'impression que le cast s'est perdu dans les décors du Hobbit. Cela reste tout de même agréable. Le lot de nouvelles créatures et de nouveaux droïdes continue d'enrichir l'univers de la saga tout es restant assez bien dans le ton de ce qui existait déjà. Visuellement, c'est donc probablement l'aspect du film qui est le plus réussi.

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Malheureusement, une belle esthétique ne suffit pas à faire un bon film, surtout quand on parle d'un mastodonte comme Starwars. En nous réalisant un copier-coller sans ambition des anciens films, reposant sur un scénario abracadabrant, JJ Abrams ne fait que mettre en exergue son incapacité à gérer ce genre de grosse production. C'est un peu comme un enfant de dix ans qui tenterait de reproduire la Joconde avec sa boîte de crayons de couleur. On a de la sympathie pour le résultat, tout en sachant pertinemment que c'était foutu d'avance. On peut au moins lui reconnaître sa franchise, puisqu'il a déclaré après avoir lu le script de l'épisode VIII (dont il ne sera heureusement pas le réalisateur) qu'il aurait aimé écrire un scénario aussi bon (ce qu'il n'a pas été capable de faire avec le VII, bien qu'il ait été aidé par Kasdan, un ancien auteur de la première trilogie). Flagrant délit d'aveu d'impuissance.

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"Starwars, le réveil de la Force", premier film produit par l'écurie Disney et sans aucune implication de Georges Lucas, pose donc un constat mitigé. C'est un film charnière qui va servir de base pour ce que deviendra la saga dans le futur. Une base malheureusement plombée par des choix calamiteux faits par un réalisateur qui n'était pas à la hauteur mais qui présente tout de même des nouveaux personnages diablement intéressants, laissant augurer une suite avec nettement plus de potentiel. A condition que le prochain réalisateur, Rian Johnson, ne réitère pas les erreurs d'Abrams et corrige les failles du scénario.

Fiche technique :

  • Titre : Starwars, le réveil de la Force
  • Titre original : Starwars, the Force awakens
  • Film américain
  • Année 2015
  • Genre : science-fiction
  • Réalisateur : JJ Abrams
  • Acteurs principaux : Daisy Ridley, John Boyega, Harrison Ford
  • Durée : 2h15
  • Filmé en 2D (convertit en 3D en post-prod)

18:58 Publié dans Cinéma | Commentaires (1)

22/04/2015

Interstellar, de Christopher Nolan (2014)

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Dans un futur proche, la survie de l'espèce humaine est menacée. La planète Terre n'a plus suffisamment de ressources pour subvenir aux besoins de l'humanité, la nourriture manque. L'unique solution se situe dans l'espace : trouver une nouvelle planète à coloniser en passant par un trou de ver récemment formé dans notre galaxie.

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On ne compte plus aujourd'hui les films où l'humanité est en danger et où sa survie dépend uniquement de la réussite de la mission confiée à une poignée de braves volontaires. On a déjà vu ça plein de fois et on serait même tenté de dire qu'il s'agit du type de scénario de film américain le plus bateau qu'on puisse avoir au cinéma aujourd'hui. La différence ici, c'est que la réalisateur est Christopher Nolan, un homme qui est capable du meilleur ("Inception") comme du pire ("The dark knight rises"). Cependant, la perspective de vivre une aventure spatiale, à la recherche d'un nouveau monde, est plutôt alléchante. On a donc envie de faire confiance au réalisateur, en se disant que s'il a réussi à créer un univers incroyable dans "Inception", il est bien capable de réitérer avec "Interstellar", malgré une histoire simplette.

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Cependant, on se rend vite compte que le film souffre d'un certain nombre de contradictions. Le rythme, par exemple, est plutôt lent, alors que les événements principaux s'enchaînent trop vite. Le coup du fermier, certes ex-pilote, qui tombe par hasard sur une base secrète de la NASA et hop, devient d'un coup l'homme qui va sauver la planète a de quoi faire rire. Le film s'éternise ainsi sur des passages qui n'ont aucun intérêt pour expédier vite fait les scènes clefs qui font avancer l'histoire.

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Autre exemple de contradiction : on insiste lourdement sur le côté extrême de la mission que vont vivre les protagonistes, notamment à cause du danger et de l'isolement, mais cette sensation qu'est censée ressentir le spectateur est annihilée par l'intrusion de scènes se déroulant sur Terre. C'est d'autant plus dommage qu'on sent bien que le film essaye de véhiculer certaines émotions mais il fait tout pour empêcher le spectateur de se mettre à la place de ces astronautes esseulés dans un univers inconnu.

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Enfin, et c'est le plus gros reproche que l'on peut faire au film, c'est qu'il est long, plutôt bavard mais que si l'on prend le temps de l'analyser, il n'a en fait pas grand chose à dire. Sans revenir encore sur les nombreuses scènes inutiles qui auraient gagnées à être coupées au montage pour fluidifier l'ensemble, les dialogues en général sont assez plats. Cela alterne entre de la vulgarisation scientifique (comme quand le héros se fait expliquer le principe du trou de ver avec une feuille de papier pliée en deux transpercée par un crayon, ce qui est assez navrant) et des discussions plus terre-à-terre qui non seulement ne permettent pas de se lier aux personnages mais en plus ne soulèvent aucun point de réflexion.

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Pourtant, on a envie d'aimer cet "Interstellar". On essaye alors de se consoler avec la mise en scène de Nolan. Alors, oui, il y a certains plans qui sont mis en avant visuellement pour impressionner le spectateur, mais pas toujours avec succès. C'est le cas notamment du passage du trou ver, presque ridicule avec ses bruitages de montagnes russes et sa caméra qui tremble. D'autres sont toutefois plus réussis, comme la scène sur la planète aquatique ou dans une moindre mesure celles sur la planète froide. La direction artistique est inégale, elle n'est pas mauvaise mais on a déjà vu largement mieux. Certains moment sont, eux, complètement ratés. Sans trop spolier, la mort de certains personnages se fait dans l'indifférence la plus totale. La faute, encore une fois, au manque d'implication du spectateur pour les raisons évoquées plus haut.

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On ne peut donc pas s'empêcher de se sentir un peu trahi lorsque l'on ressort de "Interstellar", la promesse d'une grande aventure humaine aux confins de l'univers n'est que partiellement remplie. Donner un peu plus dans l'originalité ainsi que de la profondeur à l'ensemble, ne pas se contenter de caser des références à "2001, l'odyssée de l'espace" pour faire bien, faire un meilleur montage et impliquer plus le spectateur tant sur le plan émotionnel que sur celui de la réflexion, et cela aurait pu donner un très très grand film. Malheureusement, il est un peu trop simple pour contenter l'amateur du genre, on sent clairement que c'est un film taillé pour les masses, qui l'ont d'ailleurs apprécié, mais, honnêtement, les autres resteront sur leur faim.

Fiche technique :

  • Titre : Interstellar
  • Film américain
  • Année 2014
  • Genre : science-fiction
  • Réalisateur : Christopher Nolan
  • Acteurs principaux : Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Michael Caine
  • Durée : 2h49

18:12 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

13/12/2014

Le labyrinthe, de Wes Ball (2014)

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Un jeune garçon se réveille dans une boîte en métal, sans aucun souvenir. Quand elle s'ouvre, il est accueilli par d'autres garçons qui lui souhaitent la bienvenue au "bloc". Tous amnésiques, ils se sont organisés pour survivre dans cet endroit entourés de quatre murs gigantesques et infranchissables. La journée, les murs s'ouvrent pour donner accès à un labyrinthe, seul espoir de sortie pour ces jeunes garçons. Malheureusement, la nuit, la configuration du labyrinthe change et il est envahit de créatures mortelles. Bien que le dernier arrivé ait perdu la mémoire, il sait qu'il est là pour une bonne raison : pour mettre fin à ce cauchemar.

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Ce film est l'adaptation du premier tome de la trilogie de l'Epreuve ("Le labyrinthe", "La Terre brulée" et "Le remède mortel"), de James Dashner. Le scénario est un peu semblable au film "Cube", où des personnes se réveillent sans aucun souvenir dans un endroit inconnu, avec d'autres personnes et vont devoir traverser un ensemble de pièges mortels pour s'en sortir. De fait, cela pose une intrigue intéressante : qui a envoyé ces garçons ici ? Pourquoi ? Ont-ils réellement une chance de s'en sortir ? Comment ? Les questions que le spectateur se pose ne manquent pas et, heureusement (et contrairement à "Cube") la plupart trouveront une réponse lors du dénouement. Cependant, un certain nombre d'incohérences subsisteront tout de même.

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Le livre de Dashner tient bien la route et se présente comme un univers cohérent, mais ce n'est pas toujours le cas du film. Bien qu'il dure tout de même deux heures, l'intrigue a été quelque peu simplifiée et du coup certains détails ne collent plus, voire même n'ont aucun sens (comme par exemple quand l'un des garçons montre qu'il a dressé un plan du labyrinthe alors que celui-ci change tous les jours). C'est dommage car l'univers qu'à créé l'auteur est très mystérieux et ce sont souvent des détails qui donnent des indices débouchant sur des explications. Le film est donc parfois un peu confus.

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Cependant, visuellement, c'est très réussi. Que ce soit les murs gigantesques du labyrinthe, qui donnent un sentiment d'oppression et d'impuissance, ou bien les créatures qui y apparaissent la nuit, tout est fait pour donner une impression de malaise. Ca marche, on assiste au destin tragique de ces jeunes garçons qui n'ont d'autre choix que d'explorer ce labyrinthe mortel, dans l'espoir d'y trouver enfin une sortie. C'est stressant mais on est captivé, on attend avec impatience la moindre révélation, la moindre explication qui pourrait donner un sens à cette situation dramatique.

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Pas aussi bien huilé que le roman dont il est tiré, "Le labyrinthe" possède toutefois suffisamment d'attraits pour séduire les amateurs de mondes fantastiques et d'univers un peu dérangeants. Personnellement j'adore ça et j'ai passé un bon moment. La suite, qui n'a pas encore de titre officiel en français, est déjà prévue pour septembre 2015.

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En guise de bonus, voici la première image de production du deuxième épisode de la trilogie, "La Terre brûlée".

Fiche technique :

  • Titre : Le labyrinthe
  • Titre original : The maze runner
  • Film américain
  • Année 2014
  • Genre : science-fiction, fantastique
  • Réalisateur : Wes Ball
  • Acteurs principaux : Dylan O'Brien, Kaya Scodelario, Thomas Brodie-Sangster
  • Durée : 1h53

 

14:42 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

13/08/2014

Le dernier rempart, de Kim Jee-woon (2013)

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Au cours d'un transfert organisé par le FBI, le très dangereux baron de la drogue Gabriel Cortez réussi à s'évader à l'aide de complices. Il parvient à s'enfuir à bord d'une Corvette ZR1 avec l'un des agents en otage. Il fonce alors vers la frontière méxicaine pour gagner sa liberté tandis que le FBI peine à freiner sa progression. Dans la ville de Sommerton, les hommes du Shérif Ray Owens remarquent une activité suspecte près du canyon marquant la frontière en le Mexique et les Etats-Unis. Le Shérif comprend qu'il s'agit des hommes de Gabriel Cortez qui lui préparent un moyen de passer la frontière. Il va alors, à l'aide de son équipe restreinte, tout faire pour l'empêcher de passer.

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"Le dernier rempart" est un film intéressant à plus d'un titre. D'abord, il s'agit du premier film américain de l'excellent réalisateur sud-coréen Kim Jee-woon. Si vous ne le connaissez pas, je vous recommande chaudement de vous plonger dans sa filmographie pour découvrir des petites perles comme "A bittersweet life", "J'ai rencontré le diable" ou encore "Deux soeurs". L'autre particularité de ce film est qu'il marque le retour au cinéma d'Arnold Scharzenegger dans un premier rôle, ce qui n'était pas arrivé depuis 2003 (dans "Terminator 3"). Et le moins que je puisse dire, c'est que cela me fait très très plaisir de le revoir.

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Kim Jee-woon, dont ce n'est pas le premier film d'action, qui possède enfin un budget conséquent et un acteur dont la réputation dans le genre n'est vraiment plus à faire, la réunion des deux promet d'être plutôt explosive. Le réalisateur a choisi de placer l'action dans un cadre très typé western, avec évidemment la dose de gunfights qui va avec. Il a déjà prouvé avec "A bittersweet life" qu'il maîtrise parfaitement celles-ci et cela colle très bien avec Arnold qu'on a l'habitude de voir manier les armes à feu. Encore une fois, le retrouver dans un rôle qui lui va parfaitement bien, un vieux Shérif tout autant expérimenté que déterminé c'est vraiment plaisant.

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A noter également une autre grosse pointure au casting, Forest Whitaker, incarnant l'agent du FBI chef de l'équipe qui court après Cortez. Ce dernier sous-estime complètement le Shérif Ray Owens, le prenant pour un petit shérif de campagne. Quelques doses d'humour sont ainsi diffusées dans le film, sans que cela ne devienne trop lourd ou trop présent (un film avec Schwarzy n'a jamais été 100% sérieux de toutes façons). L'action reste le maître mot et le contrat est parfaitement rempli de ce côté-là. On voulait du bon Scharzenegger comme dans le temps et on est servi.

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Très très loin d'être une parodie de série B comme j'ai pu le lire dans certaines critiques foireuses, "Le dernier rempart" est un pur hommage aux films d'action des années 80-90, la marche qu'il fallait à Arnold Scharzenegger pour remonter sur le devant de la scène. Tout ça soutenu par le talent d'un réalisateur brillant qui a su parfaitement s'approprier les codes du genre, c'est presque le duo parfait. Un bon film d'action, très typé old school, qui fait plaisir à voir. On se réjouit à l'idée de retrouver Arnold dans les prochains Expendables. Si.

Fiche technique :

  • Titre : Le dernier rempart
  • Titre original : The last stand
  • Film américain
  • Année 2013
  • Genre : action
  • Réalisateur : Kim Jee-woon
  • Acteurs principaux : Arnold Scharzenegger, Forest Whitaker, Eduardo Noriega
  • Durée : 1h47

17:20 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

05/07/2014

RoboCop, de José Padilha (2014)

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Le conglomérat OmniCorp est le leader dans le domaine des robots militaires. 100% mécaniques, ces machines opèrent à travers le monde. Alors que les Etats-Unis sont confrontés à une violence urbaine en perpétuelle augmentation, Raymond Sellars, le dirigeant d'OmniCorp, souhaiterait vendre ses machines sur le marché local, pour garantir la sécurité publique et ainsi s'accaparer un marché juteux. Cependant, la loi mise en place par le Sénateur Dreyfus, interdit l'introduction de machines dépourvues d'humanité pour la gestion de l'ordre publique. L'OmniCorp réfléchit alors au moyen d'humaniser ses machines. Lorsque l'agent de police Alex Murphy est victime d'un attentat à la bombe, l'OmniCorp voit en lui le cobaye parfait pour fabriquer son nouveau produit.

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Deuxième film de la filmographie de Paul Verhoeven à faire l'objet d'un remake, après "Total recall : mémoires programmées" en 2012, c'est au tour de "Robocop" de faire l'objet d'une nouvelle adaptation. Toujours difficile de s'attaquer à une icône du cinéma des années 80, "Total recall" en avait fait les frais en ne se montrant ni à la hauteur de l'original, ni plus fidèle à la nouvelle de Philip K. Dick qui a servi de base à l'histoire. La bande-annonce de ce nouveau Robocop n'avait pas réussi à me convaincre de voir ce film en salle, mais avec sa sortie récente en vidéo, c'est l'occasion de se pencher dessus et de se faire un avis.

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La thématique principale est toujours la même : l'homme devenu machine cherchant à regagner son humanité. C'est la façon dont cette thématique est traitée qui est différente. Le film original se voulait plus intimiste, centré sur Alex Murphy et le spectateur suivait son évolution au fur et à mesure que l'homme reprenait le pas sur la machine, aidé par de nombreux plans qui le faisait voir à travers les yeux du personnage principal. Ici ces plans sont limités, on a un point du vue plus externe de la situation, d'ailleurs les lignes de dialogues de Robocop sont plus rares, ce sont les autres protagonistes comme le Dr Norton, superbement incarné par Gary Oldman, qui font mention au spectateur de ses états d'âme. Cela fonctionne aussi mais l'impact n'est pas le même.

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Ceci est la résultante d'une mise en scène globale qui est un peu trop épurée. Robocop se passe dans un univers dystopique où règne la violence et la corruption, on nous le dit dans le film mais on ne le montre pas assez alors que dans l'original on sentait bien que la police était dépassée par des criminels faisant la course à l'armement, cela créait un climat tendu d'insécurité qu'on ne ressent pas ici. Scénaristiquement, la présence de Robocop est donc plus difficile à justifier, si ce n'est pour remplir les caisses d'OmniCorp. D'ailleurs, là encore, il manque un élément clef dans le scénario.

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Si le dirigeant d'OmniCorp, Raymond Sellars (joué par Michael Keaton), n'est pas un enfant de coeur, il n'en reste pas moins qu'un homme d'affaire sans scrupules. La vengeance de Robocop envers lui semble un peu démesurée (je connais des hommes d'affaires réels beaucoup plus malhonnêtes qui sont toujours en vie). Au moins, dans le film de 1987, le directeur de l'OCP était un vrai salopard qui trafiquait avec le criminel Clarence Bodddicker qui était responsable de la mort d'Alex Murphy, ce qui donnait une vraie raison à la vendetta de Robocop. Dans ce remake, cet aspect n'est pas présent, ça fait plusieurs détails qui font qu'on a réellement une sensation de manque de profondeur.

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Tout n'est cependant pas négatif. On aura droit à quelques scènes un peu dérangeantes lors de la conception de Robocop, le duel avec son ennemi l'ED-209 est bien là (le contraire aurait été un comble), les effets spéciaux sont convaincants (avec un écart technologique de presque 30 ans là aussi cela aurait été un comble) et les machines sont bien conçues. L'armure repeinte en noir de Robocop est un choix, personnellement je préfère les anciennes couleurs, que l'ont voit d'ailleurs au début du film. C'est un détail mais quand on est sur du film culte, tout compte. Les scènes d'action sont là, le scénario reste cohérent malgré quelques absences, globalement le film se tient.

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Ce cru 2014 de "Robocop" n'évite pas quelques écueils mais fait toutefois honneur à son ancêtre. La réalisation est acceptable, quoique moins engagée, l'atmosphère est moins sombre mais l'ensemble est homogène et parvient à garder l'attention jusqu'au bout.

Fiche technique :

  • Titre : RoboCop
  • Film américain
  • Année 2014
  • Genre : science-fiction
  • Réalisateur : José Padilha
  • Acteurs principaux : Joel Kinnaman, Gary Oldman, Michael Keaton
  • Durée : 1h58

00:56 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

13/04/2014

47 ronin, de Carl Rinsch (2013)

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Je vous mets l'affiche japonaise, je la trouve plus dans le ton que l'affiche occidentale.

Dans le Japon féodal, le Seigneur Asano règne sur la province d'Ako. Le maître de cérémonies du Shogun, le Seigneur Kira, convoite ces terres, ainsi que la fille du Seigneur Asano, Mika. Il profite de la venue du Shogun à Ako pour mettre un plan au point. Avec l'aide de la sorcière Mizuki, il envoute Asano et ce dernier, contre sa volonté, attaque et blesse Kira. Le Shogun étant témoin de la scène, il ordonne alors au Seigneur Asano de faire seppuku, le sacrifice rituel, afin de conserver l'honneur de son clan. Asano n'a d'autre choix que de s'exécuter. Kira obtient alors de la part du Shogun la main de Mika, ainsi que la gestion du domaine de son père. Les samouraïs qui servaient le Seigneur Asano se retrouvant désormais sans maître, ils sont bannis de la province d'Ako. Ces 47 samouraïs, devenus ronin, jurent de se venger du Seigneur Kira.

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"47 ronin", sorti en décembre dernier au Japon et aux Etats-Unis, arrive enfin chez nous après quelques mois de retard. Adapté d'une histoire vraie (les 47 ronin qui ont accompli leur vengeance ont réellement existé et leur tombe se trouve toujours à côté de celle de leur Seigneur au cimetière Sengakuji au Japon), le film prend tout de même certaines libertés en se placant dans un contexte fantastique légèrement basé sur le folklore japonais. C'est le cas de la sorcière Mizuki, jouée par la belle Rinko Kikuchi, une actrice japonaise vue récemment dans "Pacific Rim", qui est une changeuse de forme prenant l'apparence de plusieurs animaux dont celle d'un dragon japonais (les connaisseurs savent qu'un dragon japonais est différent d'un dragon occidental). Il y a aussi Kai, un sang-mêlé joué par Keanu Reeves, qui a été pris sous l'égide du Seigneur Asano après avoir été élevé par des Tengus, des créatures mythiques qui, hélas dans le film, ressemblent plus à des créatures de Roswell avec des yeux de serpent qu'à de véritables Tengus. C'est un peu dommage. Le plus impressionnant reste le passage de la chasse au Kirin, autre créature issue de la mythologie asiatique, et extrêmement bien réussie. L'histoire vraie est donc enrichie par de nombreux éléments de fiction afin de rendre le film plus spectaculaire.

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L'histoire de ces 47 ronin est devenue une légende au Japon et ce n'est pas le premier film qui leur rend hommage, cependant, c'est le premier de nationalité américaine à le faire. C'est probablement ce qui explique la présence de Keanu Reeves dans ce casting presque exclusivement japonais, la difficulté devait être de pouvoir séduire à la fois un public japonais et occidental. A sa sortie en décembre dernier, le film a été mal reçu. Au Japon probablement car il s'éloigne de la légende et de la culture du pays (les Tengus serpentiformes, même moi j'ai du mal) et aux Etats-Unis car le casting est encore trop japonais et le fait que c'est peut-être aussi un pays encore trop imperméable aux valeurs défendues par le film, typiquement japonaises. La différence de culture est telle, qu'il faut bien avouer que la tâche n'était pas simple.

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Personnellement, ayant vu "47 ronin" avec mes yeux d'européen japanophile, j'ai trouvé l'expérience plutôt plaisante. Si l'oeuvre n'est certes pas exempte de défauts, elle conserve suffisamment de qualités pour valoir le coup d'oeil, ne serait-ce que pour découvrir la légende de ces samouraïs devenus ronin qui ont vengé leur Seigneur en sacrifiant leur vie. Finalement, le film aurait gagné à être encore plus orienté Japon et s'il avait assumé pleinement son côté fantastique en puisant un peu plus dans le folklore nippon. Mais c'était peut-être trop demander à un film américain. C'est un constat que j'ai déjà fait auparavant. Seuls les américains peuvent débloquer 200 millions pour faire un film de ce genre malheureusement, ils s'en trouvent presque toujours (trop) occidentalisés au passage.

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Que cela ne vous empêche pas d'aller voir ce film. L'image est superbe, c'est une belle histoire bref, si ce n'est pas parfait, on en ressort tout de même satisfait.

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Fiche technique :

  • Titre : 47 ronin
  • Film américain
  • Année 2013
  • Genre : fantastique
  • Réalisateur : Carl Rinsch
  • Acteurs principaux : Keanu Reeves, Rinko Kikuchi, Hiroyuki Sanada
  • Durée : 1h58
  • Tourné en 3D

18:12 Publié dans Cinéma | Commentaires (1)

11/02/2014

Cloud Atlas, de Tom Tykwer, Lana et Andy Wachowski (2013)

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Différentes histoires se succèdent à travers le temps. En 1849, Adam Ewing, jeune avocat originaire de San Francisco, se rend dans des îles du Pacifique pour traiter des affaires pour le compte de son beau-père qui est esclavagiste. En 1936, Robert Frobischer est un jeune musicien anglais très doué qui se met au service du célèbre compositeur Vyvyan Ayrs et rêve de créer sa propre composition. En 1973, Luisa Rey, journaliste, mène l'enquête sur le meurtre d'un scientifique. En 2012, Timothy Cavendish, éditeur de 62 ans, se retrouve dans le pétrin à la suite de problèmes financiers. En 2144 à Neo-Seoul, Somni-451, une serveuse dans un restaurant est interrogée avant son exécution. 106 ans après la Chute, Zachry, membre d'une tribu primitive reçoit la visite de Meronym, une "Presciente" qui fait partie d'une civilisation technologiquement très avancée. Toutes ces histoires se passent à des époques et dans des lieux différents et pourtant, toutes sont liées entre elles.

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Tâche plutôt difficile que de parler de "Cloud Atlas". Il s'agit de l'adaptation du roman du même nom de David Mitchell, porté sur grand écran par ceux que l'on ne peut plus désigner comme auparavant par Les frères Wachowski (l'un des frère étant devenu depuis une soeur), on dira donc désormais simplement Les Wachowski (connus pour la trilogie "Matrix") associés au réalisateur Tom Tykwer. Difficile, donc, de parler de cette oeuvre étant donné sa complexité. Elle consiste, en effet, en plusieurs récits complètement indépendants les uns des autres, mais dont la narration est imbriquée.

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A chaque nouvelle scène, on change d'époque, et souvent de lieu, pour suivre l'histoire d'un autre personnage. Chaque histoire est d'un genre qui lui est propre. Par exemple, policier avec Luisa Rey, comédie avec Timothy Cavendish, science-fiction avec Somni ou encore fantastique avec Zachry. On alterne ainsi les genres sans arrêt, lorsque l'on change de personnage. Cela pourrait sembler gênant, voire maladroit, alors qu'en fait, c'est le point fort du film. Car les histoires, bien qu'indépendantes les unes des autres, ont en fait beaucoup de points communs.

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Tout d'abord, les thématiques abordées. A travers chaque récit, on remarque qu'il est question de privation de libertés, de lutte contre l'oppression, qu'elle soit physique ou psychologique, avec toujours le besoin de changer les choses, de faire ce qui est juste, même si c'est clairement la voie la plus difficile. On pense bien évidemment aux esclaves que rencontre Adam Ewing, à Timothy Cavendish qui se fait enfermer, à Somni, prisonnière de sa condition ou encore Robert Frobischer, dont le talent est réprimé. Chacun va vivre cela à sa manière et c'est là que la narration bien particulière de ce film dévoile toute sa magie. Lorsque des personnages si différents, situés dans des espaces-temps qui le sont tout autant, se mettent à vivre des situations identiques, la quasi-simultanéité de ces scènes à l'écran fait que l'on saisit alors le film dans toute sa plénitude.

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Ce sentiment est bien évidemment renforcé par le fait que les acteurs jouent plusieurs personnages, chacun à une époque différente. Et le casting de ce film est d'un luxe rare. Chaque acteur incarne donc une série de personnages souvent dans le même registre. Hugo Weaving, par exemple, a toujours le rôle de l'oppresseur, que ce soit le beau-père esclavagiste (1849), le tueur à gage (1973) ou encore l'infirmière tyrannique (2012). Halle Berry, à l'opposé, est plutot le personnage salvateur, comme Luisa Rey (1973) ou Meronym (2321). Tous les acteurs principaux sont ainsi présents dans presque toutes les époques : Tom Hanks, Hugh Grant, Jim Broadbent, Jim Sturgess... Certains sont même parfois méconnaissables d'un rôle à l'autre. C'est très réussi.

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Non seulement les acteurs sont présents dans plusieurs époques, mais certains personnages également. Comme par exemple l'amant de Robert Frobisher (1936) qui sera celui qui amorcera l'enquête de Luisa Rey (1973). Les liens sont parfois plus subtils, comme la scène où l'on voit Timothy Cavendish (2012) lire le manuscrit de l'histoire de Luisa Rey (1973) écrit par l'un de ses amis. Un détail parmi de nombreux qu'on ne peut remarquer qu'après plusieurs visionnages, tellement le film en regorge. D'autres liens sont, eux, plus évidents, comme l'histoire de Cavendish que ce dernier a transformée en film, qui sera visionné par Somni dans le futur.

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Si toutes les histoires sont ainsi liées entre elles, on remarque par contre qu'elles ne s'influencent absolument pas. Il n'y a donc pas de relation cause-conséquence entre les époques. Bien au contraire, on remarque que les erreurs du passé sont commises à nouveau, l'histoire se répète comme si tout faisait parti d'un grand schéma dans lequel chacun à sa place, son rôle à jouer. Encore une fois, les personnages choisissent souvent la voie la plus difficile, mais c'est parce qu'ils doivent le faire. Un passage du film résume d'ailleurs parfaitement ceci, à la fin de l'histoire d'Adam Ewing, quand il s'oppose à son beau-père esclavagiste et que ce dernier lui répond que le mouvement qu'il amorce est voué à l'échec, que cela n'aura pas plus d'effet qu'une goutte de pluie au milieu de l'océan, et Adam Ewing de rétorquer : "Qu'est-ce qu'un océan, si ce n'est une multitude de gouttes de pluies ?". Magnifique.

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Vous l'aurez compris, "Cloud Atlas" est un très grand film. C'est non seulement très beau, mais aussi construit avec beaucoup d'intelligence. Sa richesse est telle que chaque nouveau visionnage est bonifié. Un film aux qualités rares. Si ce n'est pas un chef d'oeuvre, on en n'est vraiment pas loin !

Fiche technique :

  • Titre : Cloud Atlas
  • Film allemand , américain , hong-kongais , singapourien
  • Année 2013
  • Genre : comédie, policier, science-fiction, fantastique, thriller, drame
  • Réalisateurs : Tom Tykwer, Lana et Andy Wachowski
  • Acteurs principaux : Tom Hanks, Halle Berry, Hugo Weaving
  • Durée : 2h52

02:27 Publié dans Cinéma | Commentaires (2)