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22/09/2013

Les films en 3D

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais dans les dernières critiques que j'ai postées, j'ai ajouté une information supplémentaire dans l'encadré 'fiche technique' concernant les films qui sont diffusés en 3D. En effet, comme c'est maintenant chose commune de diffuser les blockbusters (et même aussi des films plus modestes, voire aussi des dessins animés) dans une version en 3D en plus de la version normale en 2D, je me suis dit qu'il était pertinent d'indiquer le format original du film.

En effet, il faut savoir que la majorité (pour ne pas dire la quasi totalité) des films proposés en 3D dans les cinémas sont simplement des films en 2D qui ont été convertis. Alors vous me direz peut-être "Qu'est-ce que ça change ?". Hé bien ça change tout ! Les films qui ne sont pas tournés en 3D ne sont tout simplement pas pensés pour. C'est-à-dire qu'au mieux on aura droit à un léger effet de profondeur dans certains plans, avec certains personnages ou objets qui vont un peu se décoller du fond mais ça n'ira rarement plus loin que ça. Pas de quoi fouetter un chat. Payer plus cher pour ça, c'est tout simplement du vol.

C'est d'autant plus navrant que parfois c'est le réalisateur lui-même qui indique que son film n'est absolument pas adapté à la 3D, qu'il n'a pas été conçu dans cette optique et que s'il devait être converti le résultat ne serait pas bon ; ça n'empêche pas le studio de le convertir tout de même. C'est exactement ce qu'il s'est passé pour "Pacific rim" : Guillermo del Toro était opposé à la conversion 3D de son film mais a dû céder face à la pression des producteurs. No comment.

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A contrario, un film qui est tourné nativement en 3D sera (en principe) beaucoup plus saisissant. La raison en est simple : tourner en 3D implique une logistique différente ainsi qu'une production différente qui sera (en principe, encore une fois) orientée 3D. Il en résultera des effets 3D particulièrements marquants qu'on ne retrouvera pas dans un simple film qui n'a pas été conçu pour ça à la base. Il suffit de comparer un film lambda converti et par exemple "Resident evil : retribution" qui est un vrai film 3D avec des effets hallucinants qui sortent sans arrêt de l'écran : c'est tout simplement le jour et la nuit.

Alors bien sûr, quand j'indique qu'un film est tourné en 3D ou simplement converti, cela reste un indicateur... mais je pense que c'est plutôt fiable quant à la qualité visuelle finale. C'est pourquoi maintenant, dès qu'un film est proposé en 3D à la diffusion, je mettrais cette information. Sous réserve que j'arrive à l'obtenir, bien sûr.

20:13 Publié dans Message de Seb | Commentaires (0)

07/09/2013

Pacific rim, de Guillermo del Toro (2013)

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En 2013, un portail s'ouvre au niveau d'une faille dans l'océan pacifique et une créature gigantesque en sort. Elle est finalement abattue, non sans avoir engendré de nombreux dégâts. Peu de temps après, une deuxième apparait mais connait le même sort que la première. Les ravages sont tels que cette fois l'humanité décide de réagir. Dans l'impossibilité de condamner ce portail, il faut donc se doter d'un moyen efficace de lutter contre ces monstres, appelés kaijus. C'est ainsi que nait le projet Jaeger : des robots géants sont construits afin d'être à égalité avec ces créatures. Chaque jaeger est piloté par deux personnes et permettent au monde de remporter victoire sur victoire. Cependant, l'arrivée constante de kaijus se fait par intervalles de plus en plus rapprochés et chaque nouveau est plus terrible que le précédent...

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Oh, le beau film pour cinéphile que voilà. Guillermo del Toro nous offre un très bel hommage au kaiju eiga (littéralement 'Film de monstre' en japonais), un genre extrêmement populaire dans les années 50-60 mais qui se fait plutôt rare aujourd'hui. L'hommage est tellement flagrant que même le terme de kaiju est repris tel quel dans le film. Alors, bien sûr, quand on parle de monstre géant qui ravage des villes entières, on pense tout de suite à "Godzilla" de Ishiro Honda, le film lui est d'ailleurs dédié, ainsi qu'à Ray Harryhausen (un grand monsieur des effets spéciaux de l'époque).

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Avec l'ajout des jaegers pour combattre ces kaijus, moi c'est plutôt la série animée "Evangelion" qui me vient à l'esprit, qui a un thème presque identique sauf que les robots combattent des 'anges' venus sur Terre (ce que l'on retrouve aussi un peu dans le film avec le groupuscule religieux qui considère ces kaijus comme une manifestation divine). Bref, les références sont nombreuses et la plus atypique est sans doute le tableau "Le colosse" qui a inspiré le réalisateur qui a essayé de faire transparaître à travers son film la même notion de grandeur et de puissance que sur cette peinture. J'attends évidemment avec impatience une sortie DVD bourrée de bonus avec, j'espère, une version commentée par Guillermo del Toro pour tout savoir de la production.

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Que l'on aime ou pas ce genre de film, on ne peut toutefois qu'être ébahi devant la splendeur de l'ensemble. Le réalisateur est un expert dans le monde du fantastique et a fini par développer une patte artistique singulière qu'on retrouve dans la plupart de ses films ("Hellboy" ou "Le labyrinthe de Pan" pour ne citer qu'eux). Que ce soit dans le design des jaegers et des kaijus, ou même dans les décors (par exemple Hong Kong de nuit illuminée par des centaines de néons), on est face à du style del Toro pur jus et c'est vraiment superbe.

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Non seulement la photographie est sans défaut mais la mise en scène est également à la hauteur. Même si le scénario est simple, le sentiment de puissance voulu par le réalisateur est bien là. Pendant tout le film, l'impression d'être au bord du gouffre se fait sentir. Chaque nouveau kaiju qui passe la faille est plus terrible que le précédent et si le combat est gagné de justesse, on se dit que lors du prochain c'en sera fini de l'humanité. En effet, le facteur humain joue également un grand rôle : la plupart des personnages possèdent un lourd passé qu'ils vont devoir affronter pour réussir. Le casting est suffisamment bon pour les rendre intéressants et d'ailleurs certains se démarquent vraiment du lot (comme le docteur Newton). Même si quelques pointes d'humour détendent parfois un peu l'atmosphère, globalement elle reste assez tendue et garde l'attention du spectateur éveillée jusqu'à la dernière minute (d'ailleurs restez bien jusqu'à la fin !).

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"Pacific rim" c'est un beau et grand divertissement, d'un genre qu'on aimerait voir plus souvent et que je ne peux que conseiller à tout le monde. Un film de Guillermo del Toro, ça reste une valeur sûre.

Fiche technique :

  • Titre : Pacific rim
  • Film américain
  • Année 2013
  • Genre : kaijuu eiga (film de monstre)
  • Réalisateur : Guillermo del Toro
  • Acteurs principaux : Charlie Hunnam, Idris Elba, Rinko Kikuchi
  • Durée : 2h10
  • Filmé en 2D (convertit en 3D en post-prod)

21:37 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

18/07/2013

Man of steel, de Zack Snyder (2013)

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Alors que la planète Krypton vit ses derniers instants, le scientifique Jor-el envoit son fils, Kal-el, dans un vaisseau spatial en direction d'un planète habitée, la Terre, afin de lui éviter un sort funeste. Le kryptonien grandit ainsi parmi les humains, adopté par une famille du Kansas, les Kent, qui lui apprend à vivre normalement, en dissimulant les extraordinaires poouvoirs que lui confère le Soleil jaune. Mais il n'est pas le dernier kryptonien encore vie. En effet, le Général Zodd et son armée, qui étaient emprisonnés dans la zone fantôme, ont été libérés lorsque Krypton explosa. Zodd se dirige ainsi vers la Terre car il a retrouvé la trace de Kal-el, la clef pour faire revivre la civilisation kryptonienne.

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Le réalisateur de génie Zack Snyder ("Watchmen", "300", "Sucker Punch"...) nous propose sa propre version de l'histoire du Superman. On n'avait plus vu l'homme à la cape rouge sur grand écran depuis 2006 avec "Superman returns" de Brian Singer (réalisateur des premiers "X-Men"). Le film était sympathique mais n'avait pas vraiment eu un grand impact. Avec Z. Snyder aux commandes de celui-ci, on pouvait naturellement s'attendre à quelque chose de grandiose.

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Cela commence en effet très fort par des scènes sur la planète Krypton. Dès les premières secondes, le téléspectateur est transporté sur cette planète fantastique. Ce passage, plus long que ce que l'on aurait pensé, sert d'introduction et donne tout de suite le ton : c'est du grand art, comme le réalisateur nous avait déjà habitué. La suite surprend également en passant complètement l'enfance de Clark Kent pour nous le faire découvrir déjà adulte. Seuls des flashbacks nous montreront des événements qui ont marqués sa jeunesse. Cela permet de centrer le scénario sur ce super-héros qui est en quête de lui-même et qui finira par découvrir son origine kryptonienne ce qui, malheureusement, fera venir Zodd sur Terre.

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Une fois n'est pas coutume, le super-méchant du film n'est pas Lex Luthor, mais le Général Zodd. Choix certainement fait dans le but d'avoir un ennemi puissant pour pouvoir tenir tête à Superman et ainsi montrer des scènes de combat spectaculaires (j'y reviendrai). Zodd est également un personnage bien connu du comic (je rappelle pour ceux qui l'aurait oublié que "Superman" est avant tout un comic publié par DC depuis les années 30) qui était déjà apparu en tant que super-méchant dans "Superman II" de 1980 avec Christopher Reeves. Cette fois, il est incarné par Michael Shannon qui se revèle bien plus crédible que je ne l'aurais d'abord cru. En parlant de prestation suprenante, je me dois de souligner aussi celle de Kevin Costner (qui joue Jonathan Kent) vraiment très réussie pour quelqu'un que je ne voyais pas du tout dans le personnage et qui n'avait pas eu de rôle vraiment important au cinéma depuis... plutôt longtemps. Henry Cavill est parfait en Superman, tout comme Russel Crowe l'est en tant que Jor-el (souvenez-vous c'était Marlon Brando qui l'incarnait dans le film de 1978). Pour les autres personnages par contre, Amy Adams par exemple, même si j'adore l'actrice, j'ai eu du mal à l'intégrer en tant que Loïs Lane. C'est encore pire pour Laurence Fishburne, un choix totalement inexplicable pour le rédacteur du Daily Planet, Perry White. Bref, du bon et du moins bon.

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J'ai particulièrement aimé les passages avec Clark Kent et son père, surtout la dernière, que j'ai trouvé vraiment touchante. Le film a également son lot d'action. Lorsque Zodd débarque sur Terre avec son armée, une lutte avec Kal-el s'engage et une lutte entre kryptoniens, ça fait du dégât. C'est d'ailleurs le plus gros reproche que je ferais au film : avoir des combats spectaculaires c'est bien mais des combats où chaque coup porté résulte par le vol plané de l'adversaire sur un kilomètre en passant à travers trois ou quatre immeubles à chaque fois, ça finit par lasser un peu. On est encore loin de "2012", mais quand même, on est largement au-dessus de la moyenne au niveau destruction. C'est dommage, j'aurais préféré un autre moyen visuel de représenter les immenses pouvoirs que le Soleil jaune donne à ces kryptoniens.

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Le problème avec "Man of steel", c'est que son réalisateur est trop doué. Après avoir sorti film culte après film culte (je ne vais pas ENCORE les citer), on s'attendait, encore une fois, à la perfection. Or, avec ses quelques petits défauts : des choix dans le casting un peu maladroits, des combats peut-être trop bourrins et pas assez épiques... le film est 'juste' bon. Dans la plupart des cas ce serait donc une critique positive, mais dans le cas de Zack Snyder, c'est une très légère baisse de moyenne. Ne vous méprenez cependant pas, il vaut largement le coup d'être vu, un bon film reste un bon film. Aller, je suis sûr que "Man of steel 2" sera, lui, parfait.

Fiche technique :

  • Titre : Man of steel
  • Film américain , canadien , britannique
  • Année 2013
  • Genre : action, fantastique
  • Réalisateur : Zack Snyder
  • Acteurs principaux : Henry Cavill, Amy Adams, Michael Shannon
  • Durée : 2h23
  • Filmé en 2D (convertit en 3D en post-prod)

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04/07/2013

World War Z, de Marc Foster (2013)

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L'apocalypse zombie a lieu. Alors que quelques signes précurseurs auraient pu permettre d'éviter le pire s'ils avaient été pris en compte, la plupart des nations ont choisi de les ignorer. Aujourd'hui, le monde entier est submergé par les morts-vivants. Au milieu de ce chaos, Gerry Lane, ancien enquêteur des Nations Unies, est rappelé à reprendre du service par ses supérieurs. Son objectif, le dernier espoir de l'humanité : découvrir le patient 0, le tout premier infecté, afin de trouver un moyen de combattre cette infection.

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Aucune surprise suite à ce visionnage de "World war Z", le premier avis que je m'étais fait à la vue de la bande-annonce c'est malheureusement confirmé : c'est une adaptation merdique. C'est bien simple, quand on a lu comme moi le roman de Max Brooks qui a 'inspiré' ce film, on se demande forcément comment ils allaient pouvoir en faire une adaptation cinématographique. La réponse est simple : ils n'ont pas pu. En effet, ce film n'a absolument rien à voir avec le roman. C'est extrêmement dommage car c'est un livre qui se démarque de toutes les autres oeuvres sur les zombies et ce, dans la façon dont l"histoire est contée. Il se présente comme un ensemble de témoignages, rapportés par un homme en mission pour l'ONU et cela, plusieurs années après que l'apocalypse zombie soit terminé et que l'humanité ait gagné. C'est donc une succession d'interviews (cela fait quelques années que j'ai lu ce livre, je n'ai plus le nombre en tête mais il doit y en avoir entre 30 et 50, certains étant très courts) de militaires, d'hommes politiques, de scientifiques et même de gens comme vous et moi qui racontent comment ils ont pu survivre au pire. Au final, cela donne un recueil de témoignages classés chronologiquement et qui permettent de (re)vivre les événements à travers de nombreux points de vue, parfois contradictoires, mais toujours de façon très réaliste. Le roman a ainsi eu un énorme succès et je ne peux peux que vous en conseiller la lecture.

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Vous comprenez maintenant la difficulté d'en faire une adaptation (j'aurais d'ailleurs préféré qu'ils n'en fassent pas une). Le seul véritable point commun, c'est qu'ils ont pris le type de l'ONU qui posaient les questions dans les interviews (si je me souviens bien, il est anonyme dans le livre) et en ont fait le personnage principal du film, incarné par Brad Pitt. Notre cher Brad va donc parcourir le monde à la recherche du patient 0 en menant sa petite enquête (histoire de rappeler tout de même le principe des interviews) tout en se retrouvant régulièrement plongé au milieu des zombies (pas de bol) mais en s'en sortant toujours (ah ben en fait si). Mouais...

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Bon, vous l'avez donc compris, niveau adaptation, c'est zéro. Ok. Mais le film en lui-même, que vaut-il ? Là encore, j'ai été plutôt déçu. Comme zombinophile, je suis plutôt de la vieille école, c'est-à-dire que, pour moi, des vrais zombies c'est des zombies à la Romero : lents, bêtes, affamés. C'était justement le cas dans le livre. Par contre ici, le film s'inscrit dans une idéologie zombiesque plus moderne qui prône des morts-vivants surexcités, dopés au Guronsan, qui courent à 40 km/h et font des bonds de plusieurs mètres de haut. C'est malheureusement la tendance actuelle de rendre les zombies plus dangereux, afin d'accentuer la tension perçue par le public et aussi de proposer des scènes toujours plus spectaculaires. Alors c'est vrai que la scène de Jérusalem est assez impressionante, mais cependant pas réaliste (pour du zombie). D'ailleurs en y réfléchissant, c'est une repompe d'une scène de "Starship troopers". Non vraiment, rien ne vaut des zombies à l'ancienne. Je cite le maître reconnu en la matière : "Un zombie c'est un homme mort. Un mort ça ne court pas. S'il court, alors ce n'est pas un zombie". CQFD. Merci monsieur Romero de votre contribution à ma modeste critique.

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Attention au zombie-kangourou !

Et pourtant, je trouve certains films de zombies modernes sympathiques mais pour celui-là, j'ai du mal à lui trouver des qualités. A la rigueur, il y a le moyen révélé pour élaborer un vaccin contre l'infection. Là encore, c'est une pure invention du film. L'idée est originale mais à nouveau contradictoire avec le principe du zombie classique (qui bouffe n'importe qui). Mais comme j'ai démontré juste au dessus que "World war Z" n'était justement pas un film de zombies donc bon... ça passe. Sur le plan technique, mis à part la grosse scène sus-mentionnée, ça ne casse pas des briques non plus (vu le montant du budget : 115 millions de dollars, des films m'en ont mis plein la vue pour beaucoup moins que ça). J'ai beau chercher, je ne vois pas trop quoi mettre en avant. Et dire qu'un WWZ2 et même un 3 sont apparemment prévus, je ne vois pas de quoi se réjouir.

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"World war Z" est une très mauvaise adaptation du roman et un film de 'zombies' tout juste passable. Heureusement que c'était la fête du cinéma car ça ne vaut pas plus de 3,50€. Payez-vous plutôt le bouquin à la place.

Fiche technique :

  • Titre : World war Z
  • Film américain
  • Année 2013
  • Genre : zombies
  • Réalisateur : Marc Foster
  • Acteurs principaux : Brad Pitt, Mireille Enos, Elyes Gabel
  • Durée : 1h56
  • Filmé en 2D (convertit en 3D en post-prod)

01:22 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

16/05/2013

Iron Man 3, de Shane Black (2013)

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Après la bataille de New York (cf. "Avengers"), Tony Stark accuse le coup. Sa relation avec Pepper est un peu tendue et pour couronner le tout, un terroriste international, qui se fait appeler le Mandarin, menace la sécurité du pays. Lorsque son ancien chauffeur et ami, Happy Hogan, est blessé dans un attentat, Tony jure de mettre un terme aux agissements du Mandarin.

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Si l'on excepte le crossover "Avengers", la série Iron Man, qui était jusqu'à présent entre les mains du talentueux Jon Favreau, se retrouve maintenant entre celles de Shane Black, un réalisateur qui n'avait qu'un seul film à son actif, Jon Favreau se contentant cette fois de son rôle de Happy Hogan. Le moins que l'on puisse dire c'est que cela se ressent. Alors que les deux premiers étaient au top, ce troisème épisode est notablement en dessous.

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Le principal reproche est un scénario qui manque d'intérêt. Alors que la maladie de Stark est enfin guérie, il a fallu lui trouver pour la troisième fois un problème à gérer, qui se traduit ici par des crises d'angoisse à répétition. Certes, il faut toujours que le héros ait des problèmes personnels à résoudre mais ce n'est pas très palpitant. En parlant de problème justement, le super méchant du film, le Mandarin, icarné par le très grand Sir Ben Kingsley, est complètement tourné en ridicule (redoutable ennemi d'Iron Man dans le comic, il n'est ici qu'un homme normal utilisé pour faire rire le public). En effet, le vrai super méchant du film ne sera pas tout de suite révélé et n'aura pas la même classe de toutes façons (d'ailleurs ce n'est qu'un personnage secondaire dans le comic, sans aucune capacité spéciale). Il aurait mieux valu garder le Mandarin et l'intégrer dans une vraie intrigue.

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L'autre reproche que je ferais est une mauvaise répartition des scènes de combat d'Iron Man. L'armure de Tony Stark est l'élément emblématique de la série cependant, on ne la voit presque pas pendant tout le film. D'ailleurs, celle que l'on voit est une vieille armure endommagée qui manque là encore de classe. Il faudra attendre la scène finale pour admirer des dizaines d'armures en action. Seulement cette fois c'est limite trop, c'est vraiment du tout ou rien.

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Alors, certes, il y a aussi War machine (rebaptisé Iron patriot et repeint avec mauvais goût) qui fait quelques apparitions mais il sert plus d'élément comique un peu lourd que d'autre chose. C'est un peu le problème principal d'ailleurs : des passages un peu lourds qui plombent le film. Même avec quelques clins d'oeil pour les fans comme Stan Lee qui fait son petit caméo ou une scène finale post-générique avec Bruce Banner, l'ensemble n'est pas aussi convaincant que lorsque Jon Favreau était à la réalisation.

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Même si "Iron Man 3" n'est pas spécialement mauvais et possède tout de même quelques bons moments, on ne peut être que déçu par son scénario qui ne casse pas des briques, son "super méchant" ridiculisé (d'autant  plus qu'il est joué par Sir Ben Kingsley) bref une sensation qu'il manque quelque chose. D'autant plus que c'est maintenant le quatrième film avec ce personnage et qu'il faut frapper fort pour continuer à satisfaire le public. Ce n'est pas forcément à la portée de tout le monde et je pense que ce nouveau réalisateur n'était pas le meilleur choix.

Fiche technique :

  • Titre : Iron Man 3
  • Film américain
  • Année 2013
  • Genre : action
  • Réalisateur : Shane Black
  • Acteurs principaux : Robert Downey Jr., Guy Pearce, Gwyneth Paltrow
  • Durée : 2h11
  • Filmé en 2D (convertit en 3D en post-prod)

23:16 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

30/04/2013

G.I. Joe : conspiration, de Jon M. Chu (2013)

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Le G.I. Joe, une unité d'élite du gouvernement américain, est envoyé, sur l'ordre du Président, récupérer des ogives nucléaires au Pakistan. Cette mission est un guet-apens destiné à détruire l'unité. En effet, le Président n'est autre qu'un usurpateur, Zartan, membre de l'organisation criminelle Cobra. La disparition du G.I. Joe n'était que la première étape pour rétablir la suprématie du Cobra. Cependant, trois survivants du Pakistan, isolés et recherchés pour trahison, vont se mettre en travers de ses plans.

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Après un très long retard de 8 mois, dû notamment à une conversion en 3D dont je suis sûr tout le monde se fout mais également au tournage de scènes additionnelles avec Channing Tatum, héros du 1er épisode, qui n'avait qu'un bref temps d'apparition au début du film, "G.I. Joe : conspiration" a enfin débarqué. Le scénario suit directement "G.I. Joe : le réveil du Cobra" qui se terminait par Zartan prenant la place du Président américain.

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Le cast évolue au passage, exit donc Channing Tatum, comme expliqué plus haut, mais aussi la plupart des Joes que l'on connaissait. Pour les remplacer, on a donc droit à Dwayne "The Rock" Johnson (qui joue Roadblock), Bruce Willis (Général Colton), Elodie Young, une actrice française (qui joue Jinx) ainsi que Ray Park qui reprend son rôle du ninja très acrobatique Snake eyes. Du côté du Cobra, les seuls qui rempilent sont Lee Byung-hun (Storm shadow) et l'excellent Jonathan Pryce qui joue normalement le Président mais qui a le rôle de Zartan dans cette suite. Déception : un seul vraiment nouveau membre du Cobra fait sont apparition, il s'agit  du très réussi Firefly incarné par Ray Stevenson. Quand on sait le nombre de personnages disponibles dans cet univers, c'est un peu dommage qu'il n'y en ait pas plus et que les principaux aient disparus (par exemple la Baronne). Mais d'un autre côté, plus il y a de personnages moins ils ont de temps de présence à l'écran donc ce n'est pas forcément une mauvaise chose.

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Un cast sympathique donc, parfait pour multiplier les scènes d'action. Et de l'action, il y en a. Que ce soit des fusillades explosives avec The Rock et Bruce Willis ou de superbes cascades avec Ray Park et Elodie Young (la scène de combat en rappel sur le flanc des montagnes est non seulement originale mais également magnifiquement tournée). Et forcément, un film avec des ninjas signifie également un minimum d'arts martiaux. Cela permet ainsi de se distinguer des films d'action classiques, d'autant plus que les gadgets futuristes du G.I. Joe / Cobra ajoutent encore une touche d'originalité supplémentaire.

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On n'échappe pas cependant aux traditionnelles blagues que les auteurs aiment distiller dans les dialogues, on appréciera, ou pas. J'avoue cependant que la scène de lancement des missiles nucléaires avec le Président était amusante mais le jeu d'acteur de Jonathan Pryce y était pour beaucoup. Le scénario, quant à lui, sans être extraordinaire, a des bons côtés. C'est vrai que le coup des soldats trahis qui semblent abandonnés et sans espoir mais qui vont quand même retourner la situation grâce à des alliés inattendus, c'est du déjà vu. Mais d'un autre côté, le plan immaginé par le Cobra pour asseoir sa domination mondiale est plutôt bien pensé.

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Malgré un changement de réalisateur, ce nouveau G.I. Joe reste assez plaisant à regarder. On retrouve bien ce qui caractérise la série. Les quelques défauts que l'on pourrait trouver sont facilement pardonnables et on passe au final un bon moment.

Fiche technique :

  • Titre : G.I. Joe : conspiration
  • Titre original : G.I. Joe : retaliation
  • Film américain
  • Ann&e 2013
  • Genre : action
  • Réalisateur : Jon M. Chu
  • Acteurs principaux : Dwayne Jhonson, Ray Park, Jonathan Pryce
  • Durée : 1h50
  • Filmé en 2D (convertit en 3D en post-prod)

23:24 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

30/03/2013

Hara kiri (Seppuku), de Masaki Kobayashi (1962)

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Au début du 17e siècle, le Japon connaît enfin la paix. Les guerres qui déchiraient le pays sont terminées et le Japon est unifié sous le règne du Shogun. Ce dernier mène une politique qui vise la dissolution des clans les plus puissants. Ainsi, des seigneurs sont déstitués et de nombreux samouraïs se retrouvent alors sans maître et deviennent des ronins. Alors que le nombre de ronins augmente de plus en plus, la rumeur dit que l'un d'eux s'est présenté chez un seigneur pour demander l'usage de sa cour afin de faire seppuku, le sacrifice rituel. Le seigneur, impressionné par le courage de cet ancien samouraï qui préfère mourir que de vivre dans la honte l'aurait pris à son service.

Depuis, plusieurs ronins feignent la volonté de faire seppuku dans le but d'obtenir l'aumône. C'est ainsi que Hanshiro Tsugumo, ronin, se présente au clan Li avec une requête similaire. L'intendant du clan Li, Saito Kageyu, lui raconte alors qu'il y a peu, un jeune ronin nommé Motomé Chijiwa est venu pour la même chose mais que le clan a été intraitable et que Motomé dû faire seppuku. Saito fait donc bien comprendre à Tsugumo qu'il n'y aura pas d'aumône et que s'il insiste dans sa requête, il devra aller jusqu'au bout du rituel. Tsugumo répond à Saito qu'il n'a pas à s'inquiéter, car il est bien venu ici dans le but de mettre fin à ses jours.

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Je voulais revoir ce film depuis très très, mais alors très longtemps. Devenu complètement introuvable puisqu'il n'a jamais été édité en DVD, il aura fallu attendre que le réalisateur Takashi Miike en fasse un remake (moins bon) fin 2011 pour que l'original soit enfin édité, en bluray. J'ai du mal à comprendre comment un chef d'oeuvre pareil a pu tomber ainsi dans l'oubli. Certes, le réalisateur n'est peut-être pas axcessivement connu, pourtant ce film est ce que je considère tout simplement comme le meilleur chanbara que j'ai jamais vu ! Explications.

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Ce film est original sur bien des points. Tout d'abord par le sujet abordé qui va à l'encontre de ce que l'on trouve habituellement dans le genre, à savoir une mise en avant du bushido, le code d'honneur du samouraï, au travers d'un ou plusieurs personnages toujours prêts à défendre la veuve et l'orphelin. Ici, l'auteur fait une critique très acerbe de ce code d'honneur, ce qui est plutôt inhabituel dans un pays où la culture repose en grande partie sur les traditions et le respect de valeurs ancestrales. Ce que l'on pressent d'abord comme une simple vengeance (car il est révélé assez tôt que Tsugumo est lié au jeune samouraï Motomé qui dû faire seppuku) va en fait bien plus loin. Tsugumo va utiliser le fameux code de l'honneur dont le clan Li est si fier pour les détruire de l'intérieur. Ils vont se retrouver face à un dilemme impossible à résoudre : soit reconnaître que les valeurs qui font toute la grandeur du clan ne sont qu'une façade, soit accepter purement et simplement la déchéance de tout le clan. Un plan savamment orchestré par Tsugumo mais qui ne sera pas révélé tout de suite.

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La deuxième originalité est la narration qui est découpée en de nombreux flashbacks. Tsugumo parvient à obtenir de l'assemblée de pouvoir raconter son histoire avant de commencer le rituel. C'est ainsi que l'on apprend la relation entre lui et Motomé, de même que la véritable raison de la demande de ce dernier. Ces flashbacks occupent une grande partie du film et permettent de comprendre petit à petit les véritables intentions de Tsugumo. Le fait d'alterner entre présent et passé donne une meilleure fluidité à l'ensemble car le film est long (plus de deux heures) mais du coup il n'y a pas de longueurs, tout est bien rythmé.

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Ce qui rend l'histoire encore plus intéressante à suivre, c'est bien évidemment Tatsuya Nakadai, l'acteur célèbre qui incarne Tsugumo, qui a joué dans plus d'une centaine de films dont de nombreux chanbaras réalisés par le non moins célèbre Akira Kurosawa ("Yojimbo", "Kagemusha", "Sanjuro"...). Acteur parfait pour ce rôle qui en impose réellement à l'écran et qui rend tout à fait crédible ce personnage qui tient en respect toute l'assemblée au seul son de sa voix. C'est ce qui fait tout l'intérêt du film, de voir à quel point Tsugumo domine la situation et que son plan fonctionne à la perfection. C'est vraiment un régal à regarder.

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Le duel au milieu des herbes hautes, un classique du chanbara toujours apprécié !

Ce film est vraiment très bien monté, le scénario est excellent et il sait se démarquer des autres productions tout en conservant certains codes propres au genre. Bien que ce soit une adaptation d'un roman, le message qu'il transmet est clair et peut encore s'adresser à la société d'aujourd'hui. C'est une petite perle du cinéma japonais qui doit être vue absolument.

Fiche technique :

  • Titre : Hara kiri (Seppuku)
  • Titre original : Seppuku
  • Film japonais
  • Année : 1962
  • Genre : chanbara
  • Réalisateur : Masaki Kobayashi
  • Acteurs principaux : Tatsuya Nakadai, Rentaro Mikuni, Akira Ishihama
  • Durée : 2h15

19:54 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)