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18/12/2011

Discworld, de Jean Vadim (2008)

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Rincevent est un mage malchanceux. En 40 ans passés à l'université de magie d'Ankh Morpok, il n'a pas réussi à apprendre le moindre sortilège. Aucun, à part l'un des huit sortilèges majeurs de l'In-Octavo, le grimoire du Créateur du Disque-Monde, qui s'est réfugié dans sa tête lorsque Rincevent à ouvert le livre interdit, à la suite d'un pari lorsqu'il était jeune. Après une maladresse de trop, Rincevent fini par se faire exclure de l'université. Sa malchance ne le quittant pas, il ne tarde pas à collectionner d'autres ennuis et se retrouve devant le gouverneur d'Ankh Morpok, le Patricien. Celui-ci offre à Rincevent de passer l'éponge à condition qu'il s'occupe d'une personnalité qui vient d'arriver dans la cité, un "touriste". Bien que personne ne connaisse ce mot, il semblerait que cet homme curieusement vêtu, appelé Deuxfleur, vienne du lointain Empire Agatéen et désire visiter la région. Rincevent se retrouve malgré lui guide et va devoir accompagner Deuxfleur dans son périple.

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Le Patricien explique à Rincevent sa mission.

Après avoir adapté le roman de Terry Pratchet "Hogfather" sous la forme d'un (excellent) téléfilm en quatre partie en 2006 (sous le nom "Les contes du Disque-Monde" en français), Jean Vadim réitère en adaptant cette fois les deux tout premiers romans de la (grande) saga du Disque-Monde, à savoir "La huitième couleur" et "Le huitière sortilège". Pour ceux qui ne connaissent pas cet univers délirant créé par Terry Pratchet, ce téléfilm, sobrement appelé "Discworld" est une bonne occasion de s'y mettre. Bien qu'il date de 2008, il débarque chez nous en DVD seulement maintenant. Mieux vaut tard que jamais.

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La ville d'Ankh Morpok, ou ce qu'il en reste, après un incendie... euh... accidentel.

Le Disque-Monde est un univers étrange où la magie et les créatures fantastiques font partie du quotidien. Au fil des romans, on trouve de nombreux personnages principaux et celui qui est la vedette de cette histoire-ci est Rincevent, un mage devenu malgré lui le réceptacle d'un des sortilèges de l'In-Octavo. Peu doué en magie, il possède cependant un don exceptionnel pour se retrouver dans des situations dangereuses, voire mortelles, ce qui est l'occasion de croiser à intervalles réguliers La Mort, autre personnage récurrent du Disque-Monde. Les situations cocasses ne manquent pas et l'acteur jouant Rincevent (David Jason) est plutôt bien choisi et correspond bien au personnage. Le fait que cet acteur a toujours voulu incarner Rincevent et connaissait déjà le personnage auparavant à certainement dû aider. A noter aussi que Deuxfleur est joué par Sean Astin (le hobbit Sam dans "Le seigneur des anneaux").

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Le royaume de Krull, situé au bord du Disque-Monde. Notez la présence de la corde pour éviter qu'on tombe du monde par accident !

"Discworld" c'est drôle donc, mais c'est aussi pas mal fait. A part quelques effets spéciaux en synthèse qui tâchent un peu, globalement, le film s'en tire bien. On ne peut pas avoir le même budget pour un téléfilm que pour une grosse production cinématographique ("Harry Potter" ou "Le seigneur des anneaux" par exemple) et malgré cela, certains passages sont assez impressionnants. Le film ne trahit pas l'oeuvre originale et sait retranscrire l'ambiance particulière et le ton décalé des écrits de Pratchet. On retrouvera la plupart des personnages en plus de ceux déjà cités : Trymon, Cohen le barbare ou encore évidemment Le Bagage, le coffre à pattes de Deuxfleur, qui passe son temps à chercher son propriétaire (c'est bien connu, en voyage, on perd tout le temps ses bagages et celui-ci ne fait pas exception).

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"Discworld" est une adaptation respectueuse et réussie. Un film délirant du début à la fin, un régal pour les fans de Pratchet et un excellent moyen de découvrir le Disque-Monde pour ceux qui ne le connaissent pas.

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Les espérances de vie de Rincevent et Deuxfleur ont tendance à diminuer dangereusement.

Fiche technique :

  • Titre : Discworld
  • Titre original : The colour of magic
  • Film britannique
  • Année 2008
  • Genre : fantastique
  • Réalisateur : Jean Vadim
  • Acteurs principaux : David Jason, Sean Astin, Tim Curry
  • Durée : 3h09

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Le Bagage, à la recherche de son maître perdu.

19:40 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

25/11/2011

Real steel, de Shawn Levy (2011)

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Dans un futur proche, la boxe n'est plus un sport où s'affrontent deux hommes avec des gants aux poings. C'est maintenant un spectacle où des robots se livrent à des duels de plus en plus violents. Charlie Kenton est un ancien boxeur professionnel qui a du mal à gérer cette évolution. Il s'est reconverti à la boxe de robot mais n'arrive pas à retrouver sa gloire passée, ses machines se font à chaque fois détruire par ses adversaires. Un jour, à la mort de son ex-femme, il hérite de la garde de son fils de onze ans, Max, qu'il avait abandonné.

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Max est un passionné de combats de robots. Lorsqu'il trouve un vieux robot d'entraînement en accompagnant son père à la casse, il va tout faire pour le faire combattre sur un ring. Devant l'incroyable détermination de son fils, Charlie, qui touchait le fond, va réapprendre à se battre pour ce qui est important et une vraie complicité va naître entre eux deux.

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Des combats futuristes de robots géants, voilà qui a tout pour me plaire (j'adore la robotique). En plus, il s'agit ici d'un concept original (j'entend par là que ça fait plaisir un film de robots où ils ne cherchent pas à dominer le monde). Des robots qui combattent dans une arène pour le sport, c'est intéressant (et c'est tiré d'une nouvelle). Ca me rappelle "One must fall 2097" tiens (ceux qui connaissent comprendront). Alors oui, ce n'est pas une histoire 100% originale, je sais, il y a eu des précédents. Par exemple, (je ne sais pas si je vais oser... allez si, j'ose) "Robot Jox" en 1990, un pur navet, à regarder entre amis pour rire un bon coup. Non, là il s'agit d'un vrai film, avec un vrai budget (110 millions quand même).

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Du coup, le résultat n'est pas le même (qui en aurait douté ?). Mélange d'images de synthèse et d'animatronique, les robots sont vraiment superbes. Du vieux robot cabossé du zoo au rutilant champion du monde, Zeus, ils ont tous un style particulier et sont très réussis. La capture de mouvement a été utilisée pour les combats et, même si c'est un peu déroutant de voir des robots boxer, au final cela devient saisissant. De ce côté là, rien à redire, j'ai personnellement été comblé.

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Là où "Real steel" devient d'autant plus intéressant, c'est qu'il ne se contente pas de mettre en scène du métal cabossé. C'est aussi l'histoire d'une relation père-fils difficile. Charlie est un ancien boxeur complètement dépassé par ce qu'est devenu ce sport où ses compétences ne servent plus à rien. C'est encore pire dans son rôle de père qu'il n'a jamais exercé jusqu'à présent. Deux générations différentes qui se rencontrent, deux passions pour un même sport mais qui sont pourtant si différentes l'une de l'autre. C'est cependant ce qui va les rapprocher et leur donner envie d'aller jusqu'au bout. Le duo Hugh Jackman (Charlie) et Dakota Goyo (Max) est superbe, notamment le garçon dont la performance est à souligner. Notons également la présence d'Evangeline Lilly et Kevin Durand. Un bon casting où les robots ne sont pas les seules vedettes.

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"Real steel" est vraiment un beau film qui sait émouvoir en plus de divertir. Le "Rocky" du 21e siècle, en version cybernétique. A voir, vraiment.

Fiche technique :

  • Titre : Real steel
  • Film américain
  • Année 2011
  • Genre : science-fiction
  • Réalisateur : Shawn Levy
  • Acteurs principaux : Hugh Jackman, Dakota Goyo, Evangeline Lilly
  • Durée : 2h07

17:13 Publié dans Cinéma | Commentaires (3)

20/11/2011

Eyeborgs, de Richard Clabaugh (2010)

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Dans un futur proche, afin de lutter contre des attaques terroristes, un vaste parc de caméras de surveillance publique a été installé dans le monde entier. Ces caméras, d'abord indépendantes, ont été raccordées à un unique système appelé ODIN. Afin d'améliorer encore ce système qui a permis de stopper de nombreuses activités criminelles, des caméras mobiles autonomes, directement reliées à ODIN, sont crées : les Eyeborgs.

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"We are the Borg. You will be assimilated. Resistance is futile.". C'est sur cette vanne nulle, que probablement seuls les fans de Star Trek comprendront, que je vais commencer ma critique de "Eyeborgs". Je trouve le sujet intéressant, particulièrement à notre époque où nos libertés individuelles sont de plus en plus mises à mal. Avec les nouvelles technologies informatiques qui gèrent nos informations personnelles en réseau (merci google, mais ce n'est qu'un exemple), l'explosion des réseaux sociaux (genre face de bouc) ou encore la mise en place du deep packet inspection, la plupart des gens ne se rendent pas compte que le concept de vie privée est de plus en plus illusoire, et même pire, certains s'en fichent complètement. Tout ça pour dire que si "Eyeborgs" est purement de la science-fiction, la direction que nous prenons actuellement nous emmène droit vers une situation similaire.

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Sujet intéressant donc, mais pas forcément original. Je me souviens de "L'oeil du mal" qui abordait un concept similaire mais qui l'avait malheureusement traité n'importe comment. Ici je dois reconnaître que c'est plus réaliste. Enfin, si on admet que des petits robots-caméra (pas que petits d'ailleurs, il y a des grands, même très grands modèles) peuvent-être considérés comme réalistes. Ce que je veux dire c'est qu'il s'agit de science-fiction plausible, qui pourrait très bien arriver.

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Parlons-en, d'ailleurs, de ces Eyeborgs. C'est sans doute ce qu'il y a de plus surprenant dans ce film. On s'attend à un nanar avec des effets spéciaux style The Asylum mais en fait, ils sont plutôt bien réussis. Pourtant le budget n'est pas excessivement élevé, en plus ils apparaissent souvent à l'écran, c'est donc assez impressionnant (bon, c'est pas au même niveau technique que "Transformers" non plus hein). Cependant, si on a une bonne surprise de ce côté là, au niveau des acteurs il n'y a rien d'exceptionnel. Allez, je cite Danny Trejo parce qu'il est là, mais vu le nombre de bouses dans lesquelles il a joué, ce n'est pas lui qui remontera le niveau.

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Finalement, "Eyeborgs" se laisse regarder. Même si le scénario évolue vers quelque chose de plus classique dans la seconde moitié du film, ça reste suffisamment captivant pour ne pas ennuyer. En plus, il est honnête techniquement et même si certains acteurs viennent un peu ternir le tableau, le constat global est plutôt positif.

Fiche technique :

  • Titre : Eyeborgs
  • Film américain
  • Année 2010
  • Genre : science-fiction
  • Réalisateur : Richard Clabaugh
  • Acteurs principaux : Adrian Paul, Megan Blake, Luke Eberl
  • Durée : 1h38

15:39 Publié dans Cinéma | Commentaires (3)

10/11/2011

A vif, de Neil Jordan (2007)

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Erica Bain vit à New York, une ville qu'elle connaît bien et qui est le sujet de l'émission de radio qu'elle anime. Un soir, alors qu'elle se promène près de Central Park avec son fiancé David, le couple est violemment agressé par un groupe de jeunes. Erica survit après un coma de trois semaines, mais son fiancé trouve la mort. Perdue, seule et effrayée dans une ville qu'elle pensait connaître, elle n'arrive pas à reprendre pied. Décidée à combattre cette angoisse omniprésente, elle se procure une arme à feu pour se défendre. Quelques jours plus tard, alors qu'elle se trouve dans une épicerie, elle voit la gérante se faire tuer par homme qui entre soudainement. L'homme ayant vu que Erica a été témoin, il cherche à la tuer également mais c'est finalement elle qui tire la première. Le tueur s'écroule, mort. Erica constate que l'angoisse qui l'opprimait depuis son agression a disparu.

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Jodie Foster s'empare du rôle de justicier urbain, rôle qui jusque là était plutôt l'apanage de Charles Bronson. Le traumatisme qu'elle a vécu l'a effectivement transformée, comme son personnage le dit dans le film, on ne peut pas recoller les morceaux, on devient simplement quelqu'un d'autre. C'est comme si chaque sale type qui se fait flinguer lui permettait petit à petit de corriger ce qui s'était passé, une sorte de besoin compulsif, mais qui, au final, ne fait que remplacer une douleur par une autre.

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Le film insiste sur la psychologie du personnage, n'en faisant pas simplement un tueur assoiffé de vengeance. On ressent bien sa détresse, elle est comme une étrangère dans un lieu qui lui était familier. A chaque instant, chaque couloir, chaque coin de rue, tout lui paraît une menace potentielle. Cette ville où elle se sentait en sécurité n'est plus qu'un gigantesque piège dont elle ne peut s'échapper. Le réalisateur arrive très bien à montrer cela, avec des prises de vues judicieuses, renforcées par le jeu d'acteur de Jodie Foster.

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Quoique "A vif" puisse sembler un peu convenu, il n'en reste pas moins un film travaillé qui sollicite bien l'empathie du spectateur. Pas seulement un film de justicier donc, mais aussi un drame urbain, interprêté par une Jodie Foster plutôt convaincante.

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Fiche technique :

  • Titre : A vif
  • Titre original : The brave one
  • Film américain, australien
  • Année 2007
  • Genre : thriller, drame
  • Réalisateur : Neil Jordan
  • Acteurs principaux : Jodie Foster, Terrence Howard, Naveen Andrews
  • Durée : 2h02

19:42 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

07/11/2011

Black Christmas, de Bob Clark (1974)

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Les membres d'une sororité américaine décident de passer les fêtes de Noël ensemble. Les festivités sont cependant perturbées par un maniaque donnant des coups de téléphone pervers aux jeunes filles. Ce qu'elles ignorent c'est que les appels sont passés de l'intérieur de la maison où elles se trouvent et que le maniaque va essayer de les assassiner une par une.

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Je continue cette petite rétrospective du slasher en remontant encore un peu plus dans le temps, en 1974, pour ce qui est probablement le premier slasher de l'histoire du cinéma. "Black Christmas" ne fait pas partie d'une série (contrairement aux films présentés dernièrement) mais a cependant eu droit à un remake en 2006. Plus dans les standards de l'horreur d'aujourd'hui, cette nouvelle version est donc plus gore et tente d'expliquer les motivations du tueur en dévoilant son passé.

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Dans cette version originale, il n'est pas question de cela, peu importe les raisons du tueur, ce qui compte c'est d'insinuer la peur chez le téléspectateur. Les méthodes pour y arriver, sont à peu près les mêmes que pour "Halloween" sorti quatre ans après. De nombreux éléments qui deviendront par la suite des codes du genre (encore utilisés aujourd'hui) sont déjà présents : les futures victimes étant un groupe de jeunes filles seules et impuissantes, on montre le point de vue du tueur lorsqu'il se déplace dans la maison, lorsqu'une victime potentielle est à l'écran on laisse croire que le tueur est caché tout près, sur le point de surgir... Bref, on cherche plus à stresser le spectateur qu'à l'horrifier avec du sang et des tripes à l'air. A l'époque, c'était comme ça.

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Même s'il y a tout de même un peu de sang et quelques morts violentes, ça reste très léger, une des victimes ne sera même pas montrée à l'écran, on se contentera de voir l'expression de ceux qui découvriront son cadavre (et donc on ne saura même pas comment elle est morte). On trouve également quelques scènes qui sont totalement cliché aujourd'hui et que l'on voit dans quasiment tous les slashers (et même d'autres films qui n'en sont pas) : comme par exemple le bon flic dans sa voiture chargé de garder la maison d'étudiantes, lorsqu'une des filles saura que le tueur est dans la maison et qu'elle sortira pour appeler le policier, elle découvrira celui-ci égorgé dans sa voiture.

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On notera dans le casting la présence de l'actrice Margot Kidder. Si ça ne vous dit rien, c'est normal, je ne connaissais pas non plus son nom avant, c'est elle qui incarnera le personnage de Lois Lane dans "Superman", quatre ans après. Elle joue ici une jeune étudiante bien portée sur l'alcool et qui n'hésite pas à se moquer du tueur au téléphone (je ne veux pas spolier l'histoire mais en général ce genre de personnage ne fait jamais long feu dans un slasher...).

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Bref, "Black Christmas" est à connaître car c'est un film pionnier. Il ne manque pas de qualités et est encore assez plaisant à voir.

Fiche technique :

  • Titre : Black Christmas
  • Film canadien
  • Année 1974
  • Genre : horreur, slasher
  • Réalisateur : Bob Clark
  • Acteur principaux : Olivia Hussey, Keir Dullea, Margot Kidder
  • Durée : 1h38

16:43 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

30/10/2011

Halloween - La nuit des masques, de John Carpenter (1978)

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Osez me dire que l'affiche de "Scream 4" n'est pas inspirée de celle-ci.

Le jour d'Halloween, le jeune Michael Myers, âgé de six ans, assassine sa soeur aînée à l'aide d'un couteau de cuisine. La raison de ce geste restera inexpliquée, Michael sombrant dans le mutisme le plus total. Il se retrouve placé dans un hôpital psychiatrique sous la responsabilité du docteur Loomis en attendant sa majorité pour être jugé. Quinze ans plus tard, lors de son transfert en vue de son procès, il parvient à s'évader et retourne sur le lieu du crime. Le docteur Loomis se fait un devoir de retrouver ce psychopathe avant qu'il ne tue à nouveau.

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"Halloween", voilà une autre série de films d'horreur culte ! Née d'un réalisateur tout aussi célèbre dans le genre, à savoir John Carpenter ("The thing", "Christine", plusieurs épisodes de "Masters of horror" mais également de la science-fiction avec "Invasion : Los Angeles", "New York 1997" ou encore "Ghost of Mars") cette série est à l'origine d'un autre personnage emblématique : Michael Myers.

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Personnellement, je préfère la série des "Vendredi 13". Il faut dire que Michael Myers, avec son bleu de travail et son masque que je trouve moins effrayant que le masque de hockey de Jason Vorhees, est quand même moins stylé. La série des "Halloween" est également plus chaotique : seul le premier épisode est réalisé par Carpenter, le troisième n'a rien à voir avec Michael Myers et l'épisode sept fait suite au deuxième en reniant tous les événements qui se sont déroulés dans les épisodes quatre, cinq et six. Vient ensuite un huitième et dernier épisode (avant les deux remakes de Rob Zombie) basé sur une explication abracadabrante pour justifier un ultime retour de Michael.

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Cela n'enlève rien à son succès, cette série étant devenue avec le temps une référence en matière de slasher. C'est d'ailleurs un des premiers film du genre (à quelques exceptions près). Comparativement aux autres épisodes, c'est également le moins violent, Carpenter ayant privilégié la terreur à l'horreur. On nous montre le point de vue du tueur, qui épie sa victime, en attendant le moment opportun pour frapper, le tout, en placant la caméra derrière son épaule et en laissant seulement entendre sa respiration à travers son masque. On le voit également brièvement en arrière plan, toujours près de ses futures victimes, une façon de montrer l'inéluctabilité de leur sort funeste. Cela peut paraître léger par rapport au gore des films d'aujourd'hui mais c'est pourtant les bases du genre.

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Ce film est également connu pour avoir révélé l'actrice Jamie Lee Curtis au grand écran. Elle tournera par la suite dans d'autres films d'horreur et retrouvera d'ailleurs Carpenter dans "The fog" en 1980 avant de diversifier sa filmographie. Elle incarne dans le film la demie-soeur de Michael, Laurie, et sera son adversaire principal à travers la série. Cette opposition a une dimension symbolique. Comme l'indique le docteur Loomis, Michael n'a plus rien d'humain, il s'agit du mal incarné, ce qui explique qu'il ne peut mourir alors que Laurie, jeune et pure, serait l'icône du bien qui arrive toujours à triompher du mal, sans jamais pouvoir le faire disparaître définitivement.

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"Halloween - La nuit des masques" est probablement l'épisode le plus intéressant à regarder. Définissant ce qui deviendra plus tard comme des standards du genre slasher, et réalisé par un grand monsieur, ce film culte mérite sa réputation.

Fiche technique :

  • Titre : Halloween - La nuit des masques
  • Titre original : Halloween
  • Film américain
  • Année 1978
  • Genre : horreur, slasher
  • Réalisateur : John Carpenter
  • Acteurs principaux : Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence, Brian Andrews
  • Durée : 1h31

00:14 Publié dans Cinéma | Commentaires (0)

22/10/2011

Scream 4, de Wes Craven (2011)

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Dix ans après, les événements sanglants qui eurent lieu à Woodsboro semblaient enfin oubliés. Sidney Prescott a tourné la page et mène une vie tranquille bien méritée. Mais lorsqu'elle retourne à Woodsboro pour y présenter son premier roman, un nouveau tueur fait son apparition.

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Un slasher sans victime blonde, ce n'est pas un slasher...

Aaah "Scream"... j'ai l'impression que c'était hier et pourtant ça fait déjà 15 ans. C'est d'ailleurs à peu près l'âge que je devais avoir quand j'ai été le voir au cinéma. Un film bien flippant, un tueur avec une tête de fantôme et aussi Neve Campbell, aaah Neve Campbell... *souvenirs*... oui, hum, bon mais "Scream" c'était aussi la renaissance d'un genre qui tombait un peu en désuétude et qui avait du mal à se renouveler : le slasher movie. Et c'est à Wes Craven qu'on le doit.

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Considéré comme un maître de l'horreur (mais qui, ironiquement, n'a jamais réalisé aucun film pour la série "Masters of horror"), Wes Craven était déjà à l'origine de "La colline à des yeux" en 1977 et de "Les griffes de la nuit" en 1986, deux références horrifiques qui ont connu moultes suites et remakes. La saga Scream a, depuis, suivi le même chemin et son tueur emblématique, Ghostface, est aujourd'hui culte. Mais le contexte actuel est différent, que peut donc bien valoir un "Scream 4", quinze ans après, alors qu'aucune des suites n'a été à la hauteur de l'original ?

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La saga est aussi connue pour son auto-analyse du genre, les personnages n'hésitant pas à comparer les événements qu'ils vivent à d'autres films d'horreur et en en analysant les clichés pour tenter de démasquer le tueur, une façon avouée d'en reconnaître les limites. Et une faute avouée est à moitié pardonnée, enfin c'est ce que l'on dit. Ce quatrième épisode est dans la même lignée : un épisode ultime, faisant suite à une trilogie et qui ne suit plus aucune règle.

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Le mot d'ordre est donc : déstabilisation. Cela commence dès les premières secondes en se servant de "Stab" (la série de films créée par les personnages de "Scream" et qui s'inspire des événements qui s'y déroulent) afin de trancher (haha, j'ai même pas fait exprès) avec les introductions habituelles de la saga. C'est amusant et c'est vrai que ça change. Bon d'accord, ils usent et abusent toujours des mêmes méthodes, comme les brusques hausses de volume pour surprendre le spectateur mais certaines choses inattendues (que je ne peux dévoiler ici sans raconter de faits importants) suffisent pour rendre le film intéressant.

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Tout en étant classique pour un slasher, et en respectant les codes de la saga, "Scream 4" sait aussi innover et s'affranchir de certains clichés (mais pas tous, forcément) pour proposer un épisode largement à la hauteur de l'original.

Fiche technique :

  • Titre : Scream 4
  • Film américain
  • Année 2011
  • Genre : horreur, slasher
  • Réalisateur : Wes Craven
  • Acteurs principaux : Neve Campbell, David Arquette, Courteney Cox
  • Durée : 1h50

23:38 Publié dans Cinéma | Commentaires (2)