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22/05/2010

The Asylum

J'ai hésité à classer ce post dans la rubrique "Le saviez-vous ?" car je ne voulais pas trop qu'elle devienne une rubrique d'anecdotes mais bon... je vais parler de quelque chose d'un peu spécial aujourd'hui et après tout, ça fait aussi partie de la culture "cinéma".

Donc, j'ai décidé de vous parler aujourd'hui de "The Asylum". C'est un studio de production américain, au même titre que Paramount ou Dreamworks, mais qui n'a, bien sûr, pas autant de moyens. Je doute que vous en ayez déjà entendu parler et pourtant, il possède une caractéristique unique qui justifie à elle seule cet article.

logo

Pour faire simple, The Asylum fait dans le plagiat. Enfin, plagiat, le terme est inadéquat car, si c'était vraiment le cas, le studio aurait cessé d'exister depuis longtemps. Et pourtant... c'est quasiment le cas. Je m'explique : The Asylum surfe sur le buzz fait par les grosses productions qui sortent au cinéma pour proposer simulatément des films qui leur ressemblent, directement en vidéo. Exemple :

transformers

Le vrai.

transmorphers_large

La version The Asylum.

kingkong

Le vrai.

kinglost

La version The Asylum.

paranormalactivity

Le vrai.

paranormalentity

La version The Asylum.

Vous voyez, y'a pas besoin d'aller chercher bien loin pour trouver une ressemblance. Et des films comme ça, ils en ont fait plein. Pour en avoir vu deux, je peux vous assurer que ce sont des mauvais films (peut-être que dans le tas, certains sont bien quand même, qui sait ?) mais globalement, on est quand même dans la bonne série Z des familles. Du coup, c'est sûr qu'en profitant du succès des gros films hollywoodiens, ça doit mieux se vendre.  Il est facile d'imaginer que la ménagère de moins de 50 ans pas trop regardante, ou la grand-mère qui veut acheter le dernier film à la mode pour son petit-fils, se laisse facilement tromper. Le studio se défend en prétendant que le but n'est pas de tromper l'acheteur ; c'est vrai que certaines affiches prêtent moins à confusion :

avp

Le vrai.

avh

La version The Asylum.

2012

Le vrai.

2012d

La version The Asylum.

Mouais... Il faut croire que la limite qui permettrait aux autres studios de porter plainte pour plagiat n'est pas franchie, puisque The Asylum existe depuis 1997 et qu'ils continuent toujours à faire des films. Ils font même d'autres navets qui apparemment ne sont reliés à aucun autre film ou encore des suites de films à gros succès, genre ça :

titanic2

Le retour du bateau qui est repêché mais qui recoule, haha !

Là où ça devient vraiment triste c'est que des acteurs connus finissent par tourner dans ce genre de cochonneries. Mark Dacascos ("La pacte des loups", "Crying Freeman"), Lance Henriksen ("Alien 2", "Alien 3") ou encore Famke Janssen (les 3 "X-Men", la série "Nip/Tuck")... bon, d'accord, c'est pas des acteurs SUPER connus. Mais quand même... Bah, c'est la dure loi du cinéma, on peut pas être au top pendant toute sa carrière...

terminators

Sorti en même temps que "Terminator renaissance".

En France, on devrait être relativement protégés. Je ne crois pas avoir déjà vu de films de The Asylum dans les rayons DVD. Au pire ça passe à la télé. En tout cas, moi, ça me fait rire et c'est pour ça que je voulais le partager avec vous. Je crois que ça méritait de se savoir !

22:35 Publié dans Le saviez-vous? | Commentaires (1)

06/04/2010

THX

Quand on va au cinéma, outre le fait de se farcir de plus en plus de pub et de moins en moins de bandes-annonces, vous avez dû également remarquer que juste avant que le film ne commence, on a parfois droit à toute une ribambelle de logos. Le logo THX est celui que l'on remarque le plus puisque c'est maintenant devenu des vrais petits films d'animation (réalisés par Pixar) qui mettent pleinement à contribution tout l'équipement sonore dont la salle de cinéma dispose.

"Amazing life", le plus beau logo THX.

Mais savez-vous ce que c'est, THX ? On pourrait penser que c'est un format d'enregistrement audio comme le Dolby Digital (dont le logo est aussi parfois montré au cinéma), mais ce n'est pas ça. C'est une société d'assurance qualité des systèmes de restitution du son et de l'image. Elle a été créée par Georges Lucas (le papa de Starwars) en 1983 dans le but de s'assurer que le rendu en salle de la bande son du "Retour du Jedi" soit fidèle à ses exigences.

Le procédé de certification THX d'une salle de cinéma est payant et est exécuté par des techniciens agréés THX. En fonction de l'installation, différents labels de qualité peuvent être décernés. Ce n'est donc pas une norme. Le logo signifie "Tomlinson Holman's eXperiment" d'après le nom de l'ingénieur du son de la société Lucasfilm qui est à l'origine de ce système (la société THX n'est devenue indépendante de Lucasfilm qu'en 2002).

thx1138

Le nom THX peut aussi être vu comme un clin d'oeil au tout premier film de Georges Lucas, "THX 1138" (sorti en 1971, 6 ans avant le premier "Starwars"). Bien que M. Lucas ait affirmé qu'il ne s'agisse que d'une coïncidence, quand on sait qu'il aime truffer toutes ses créations de nombreuses références, on a du mal à y croire. "THX 1138" était un film de science-fiction mettant en scène un prisonnier (l'acteur connu Robert Duvall) dont le code est THX 1138. C'était une référence au numéro de téléphone de Georges Lucas à l'époque : 849-1138 (849 = THX sur un clavier téléphonique).

thx-1138

Ils ont un petit air de Z-6PO ces guardiens, non ?

"THX 1138" présentait déjà des éléments qu'on retrouvera plus tard dans la saga Starwars. Et inversement, les six épisodes de Starwars sont truffés de références à "THX 1138". Par exemple, dans l'épisode IV, la princesse Léia est enfermée dans la cellule 1138 de l'Etoile de la Mort. Dans l'épisode V, les vaisseaux Rogue 10 et 11 sont envoyés dans le secteur 38 etc... THX 1138 est même le code secret qui permet d'activer des bonus cachés dans les DVD des épisodes I, II et III. Si vous n'avez jamais essayé, allez dans le menu audio, placez-vous sur le logo THX et faites : 11, valider, 3, valider, 8 et valider. Mais comme l'a dit Georges Lucas, tout ça n'est qu'une coïncidence ! ;-)

glucas

Sacré Georges !

13:54 Publié dans Le saviez-vous? | Commentaires (1)

24/01/2010

Série A, Série B

En parlant cinéma, vous avez certainement déjà entendu ou lu des expressions comme "cet acteur de série A" ou "c'est un film de série B". Mais savez-vous ce que signifie ces termes et surtout, quelle en est leur origine ? Il faut pour cela remonter dans les années 30, en Amérique, en plein "âge d'or d'Hollywood".

HollywoodSign2

A l'époque, une soirée au cinéma se composait de plusieurs parties. Les gens pouvaient ainsi voir des courts métrages, des cartoons, des films d'actualités, des petits films musicaux ou encore des documentaires. A la fin de la soirée, le film principal était projeté. Mais lorsqu'arriva la Grande Dépression en 1929, les propriétaires de salle de cinéma durent lutter pour continuer d'attirer la clientèle. C'est ainsi que fut inventé le "double feature" : deux films étaient projetés pour le prix d'un.

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Le programme d'une soirée cinéma restait donc globalement le même, en commençant toujours par des cartoons, actualités et courts métrages, puis un premier film était projeté (le "B movie", c'est-à-dire Série B), suivi d'un interlude avant la projection du film principal ("A movie", Série A). A l'origine, les séries B ("B movies" donc) étaient des films plus courts que le film principal (70 minutes ou même moins) et bénéficiaient de moins de publicité. Il s'agissait d'un genre de film à part entière et qui était constitué principalement de western. Plus tard, vers les années 50, le genre s'est élargit à la science-fiction et aux films d'horreur. Les séries B étaient plus ou moins ignorées par les critiques en comparaison du "film principal" et bénéficiaient pour la plupart d'un budget inférieur.

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Malgré l'abandon du "double feature" vers la fin des années 50, les termes "Série A" et "Série B" sont restés. Encore aujourd'hui on parle donc de série B pour des films à faible budget comparés à des grosses super productions. Le terme acquiert également avec le temps une connotation un peu péjorative. Il ne faut pas pour autant en déduire que les séries B sont des mauvais films, bien au contraire. Elles ont permis à plusieurs cinéastes et acteurs peu connus de se faire un nom dans le métier, comme par exemple John Wayne.

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"Et les séries Z, alors ?"

Ah, les séries Z ! Si les séries B sont une catégorie de films que l'on finit par considérer comme inférieure aux séries A, alors imaginez ce que sont les séries Z... Ce terme à été inventé pour caractériser les films de piètre qualité et d'intérêt très limité. Le genre avec des effets spéciaux en carton, un budget inexistant et le concierge de l'immeuble engagé comme acteur principal. Certains réalisateurs sont connus pour accumuler ce genre de films, le plus connu étant Ed Wood et son film le plus célèbre est "Plan 9 from outer space", unanimement qualifié de plus mauvais film de tous les temps.

plan_9_from_outer_space

Avec le temps, les vieilles séries Z sont devenues de vrais collectors, faisant le bonheur des passionnés. Il existe de nos jours encore beaucoup de séries Z, la majorité sortant directement en DVD, sans passer par la case cinéma. Les budgets sont plus conséquents qu'à l'époque mais l'intérêt est toujours au raz des pâquerettes. Uwe Boll est un bon exemple de réalisateur de séries Z des temps modernes, mais ça, j'en ai déjà parlé.

16:20 Publié dans Le saviez-vous? | Commentaires (1)